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Une atmosphère plus chaude est une atmosphère contenant plus de vapeur d'eau.
Après les inondations de Mai et Juin 2016, quels liens avec le changement climatique ?

Fin mai 2016 : Le seuil des 400ppm est franchi d'une manière généralisée sur la planète.
La concentration en CO2 continue d'augmenter sur la planète, avec un franchissement généralisée du seuil symbolique des 400ppm. L'augmentation annuelle semble même s'accélérer.

Début mai 2016 : Des incendies ravagent la ville de Fort McMurray, dans l'Alberta canadien.
De très fortes chaleurs ont déclenché d'une manière explosive des incendies dans l'Ouest du Canada. Là encore, l'ombre de El Nino et du réchauffement climatique plane sur ce drame.

Avril 2016 : El Nino en déclin, La Nina pointe à l'horizon.
Depuis le début de l'année, les eaux du Pacifique Central et Oriental deviennent de moins en moins chaudes, remplacées par des masses plus froides. Le retour à des conditions neutres, voire l'arrivée d'une phase La Nina est de plus en plus probable.

Février et mars 2016 : Le Pérou affronte son enfant Jésus.
Au Pérou, les mois de février et mars sont les plus humides, particulièrement lorsque le phénomène El Nino, qui a été baptisé ainsi par les pêcheurs péruviens, est bien développé dans le Pacifique Equatorial. Retour sur plusieurs semaines de fortes pluies dans le pays andin.

10 mars 2016 : Quand une tempête de neige mexicaine provoque une vague de douceur états-unienne ...
Aux alentours du 10 mars, une plongée d'air polaire a atteint le Mexique jusqu'à des latitudes particulièrement méridionales, provoquant des chutes de neige dans les montagnes mexicaines, un déluge sur le Sud des Etats-Unis, et une grande douceur sur la côte Est.

lundi 7 mars 2016

Chutes de neige du 7 mars 2016

Revenons sur ces chutes de neige qui ont concerné une bonne partie de la Wallonie. Si elles n'ont rien d'exceptionnel, il s'agit néanmoins d'un épisode quelque peu remarquable, lié entre autres au comportement des zones de précipitations. En effet, certaines régions ont presque connu un remake de l'épisode du 15 janvier, de moindre importance toutefois. De ce fait, cet épisode du 7 mars peut être considéré comme la deuxième offensive sérieuse de cet hiver.

Situation atmosphérique

Depuis le 2 mars, de l'air polaire maritime concernait notre pays. Celui-ci avait d'ailleurs permis à la neige de réapparaître sporadiquement au sud du sillon Sambre-et-Meuse, mais surtout sur le massif ardennais où l'accumulation portée à 20 cm dans les Hautes-Fagnes et à la Baraque de Fraiture avait permis de rouvrir les pistes de ski. A noter que depuis la dernière décade de février, l'or blanc n'avait pas vraiment quitté ces points les plus élevés du pays...

La carte ci-dessous montre l'analyse de surface à 6h00 TU (7h00 heure belge) ce 7 mars. Une dépression se trouve sur la Scandinavie et les hautes pressions sont rejetées sur l'océan. Entre les deux, le flux est au nord, amenant de l'air froid. Un petit noyau dépressionnaire s'est formé sur la Belgique, accompagnant un petit creux d'altitude (ligne grasse en bleu). C'est ce creux qui va véhiculer la zone neigeuse la plus active concernant le centre puis le sud de la Wallonie et le département des Ardennes ce jour.

Analyse à 7h00. Source: KNMI.

Déroulement de l'épisode

En cours de nuit, les averses qui éclataient sur l'ouest de la Belgique et le Nord-Pas-de-Calais se sont progressivement assemblées autour du creux. Vers 6h15, c'est donc une zone neigeuse bien formée qui concernait un axe Wavre - Chimay, après avoir blanchi les hauteurs du Hainaut et de l'ouest du Brabant wallon.


En progressant vers l'est, la perturbation a ralenti pour pratiquement s'arrêter sur un axe Waremme - Virton. Si la partie nord s'est rapidement désagrégée, la partie sud a subsisté pendant plusieurs heures, donnant de fortes chutes de neige sur le sud de la province de Namur, une bonne moitié ouest de la province de Luxembourg et l'extrême nord du département des Ardennes. Cette zone s'est ensuite désagrégée sur place en début d'après-midi. Sur son passage, la perturbation a entraîné pas mal d'embarras de circulation, de l'ouest de Namur à Libramont. La E411 a été par ailleurs fortement ralentie entre Ciney et Libramont. Il en était de même pour le réseau secondaire.


Pendant ce temps, comme le montrent les deux images radar, d'autres averses hivernales ont concerné l'extrême ouest de la Belgique, puis le Nord-Pas-de-Calais.

Cumuls

Sur l'est du Hainaut et le Brabant wallon, la couche de neige, parfois absente, n'a pas excédé les quelques centimètres.

De l'ouest de la province de Namur au centre de la province de Luxembourg, on note de 5 à 10 cm de neige, avec une zone d'accumulation maximale allant grossièrement de Marche-en-Famenne à Neufchâteau et où on a relevé 10 à 15 cm de neige fraîche, localement plus, celle-ci se superposant à une couche parfois préexistante. Ces cumuls importants sont liés au comportement de la perturbation qui s'est arrêtée et s'est vidée sur ces régions.

L'est de la province de Namur et l'ouest de la province de Liège n'ont été que peu touché, avec 1 à 2 cm là où la neige tombant faiblement et localement a pu accrocher.

Sur le Nord-Pas-de-Calais, on a noté quelques centimètres maximum à la faveur d'averses.

Sur le réseau officiel, on a relevé les cumuls suivants:

Gosselies: 0-1 cm
Beauvechain: 1 cm
Florennes: 4 cm

Ces stations sont toutes situées à l'écart de la zone la plus concernée, sauf Humain, mais dont les données étaient indisponibles ce jour.

Prévisions

Elles furent rendues très compliquées par les incertitudes des modèles. Un premier avis fut lancé par prudence le dimanche 6 au soir:


Avec l'évolution de la situation, qui se marquait par la structuration de la zone neigeuse sur le Hainaut et le Brabant wallon, le niveau C fut étendu bien plus à l'est. Ces régions, à quelques exceptions près, furent concernées par la phase la plus intense de l'offensive. Par contre, l'enneigement sur le centre de l'Ardenne et la Famenne fut clairement sous-estimé.



Fin février et début mars plus hivernaux, pourquoi?

Cette question mérite quelques réflexions. En effet, après un hiver majoritairement doux (à quelques exceptions près, le 15 janvier en est une remarquable), le temps semble être plus hivernal depuis quelques semaines.

La cause est peut-être à aller chercher dans la stratosphère où le vortex polaire, franchement malmené depuis début février, a fini par éclater à la fin du mois. Or, un éclatement du vortex polaire peut perturber la circulation troposphérique, ralentissant voir annihilant l'habituel flux d'ouest. A la place, des flux de nord ou d'est peuvent survenir, amenant davantage de froid et de neige. Ce phénomène avait déjà été responsable du long hiver 2012-2013. Dans le cas présent, cela mériterait vérification, mais l'hypothèse peut néanmoins être posée.

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