mercredi 15 août 2018

Vers une faible saison des cyclones atlantiques

Il y a un an, à la mi-août 2017, l'ouragan Harvey venait de naître dans l'Atlantique, inaugurant une série destructrice de cyclones qui allaient faire parler d'eux en masse dans les médias, et pour cause: Harvey lui-même s'en allait noyer le Texas et la Louisiane sous des précipitations historiques, à sa suite, Irma dévastait les Antilles avant de s'écraser sur la Floride, Jose manquait de peu de prendre le même chemin quelques jours après, ce que faisait finalement Maria durant la dernière quinzaine de septembre, Nate causait un désastre sans précédent au Costa Rica et enfin à la mi-octobre, l'ouragan Ophelia terminait sa vie de cyclone tropical à quelques centaines de kilomètres de la Bretagne à peine. Une saison des cyclones hyperactive, coûteuse et remarquable, dont la somme des énergies mises en jeu était la plus forte depuis 2005, l'année de Katrina.

dimanche 12 août 2018

L'Europe à portée de tir des cyclones tropicaux?

La saison des cyclones, bien qu'assez faible cette année, bat actuellement son plein dans l'Atlantique, de manière assez classique en cette période qui va de août à octobre, et comme chez Info Meteo, on trouve le sujet passionnant, on aime bien écrire (et réécrire) dessus, surtout quand la chose tente une approche de notre continent. Il n'est en effet pas rare que nous récupérions les restes de ces systèmes tropicaux, qui peuvent alors nous donner des coups de vent, des orages, des pluies diluviennes... voire du beau temps quand ils passent à l'ouest de l'Europe. L'année passée, nous vous avions proposé un article sur l'influence des cyclones tropicaux sur notre météo européenne. Nous avions présenté plusieurs exemples de ces systèmes dégénérés mais qui ont encore assez de force pour provoquer du grabuge dans nos parages.

lundi 16 juillet 2018

Qu'il pleuve! Le point sur la sécheresse au 16 juillet

46. C'est le nombre de millimètres de pluie tombés à Uccle depuis le 1er mai, alors qu'en temps normal, nous devrions être à 170-180. Autrement dit, rien. A un mai exceptionnellement sec a succédé un juin également exceptionnel, et juillet en prend aussi la direction. Avec comme conséquence une sécheresse qui s'amplifie, notamment sur l'ouest et le centre du pays.


Et pas forcément besoin des cartes de l'IRM pour comprendre qu'il fait sec. Quand, comme cela est arrivé à votre serviteur, vous trouvez que les champs roussis du Condroz namurois commencent à vous rappeler le Tarn, c'est qu'il y a un problème.

Le parc météorologique de Dourbes (Viroinval) dont l'herbe séchée attend désespérément une bonne rincée. Ce ne sont pas les cirrus, nombreux en ce jour, qui vont la lui apporter... (source: IRM).

Même chez vous, quand vous avez beau vider chaque soir cinq ou six arrosoirs dans votre potager et qu'il vous fait cette tête, c'est qu'il commence à faire franchement sec. Vous ajoutez 30°C comme aujourd'hui et un vent modéré, ça n'arrange en rien les choses.

(auteur: Le Chroniqueur météo).

Et ces arroseurs automatiques qui se déployent dans les champs de Hesbaye? Ils ne sont pas là pour faire joli. En bon indicateur de l'état des sols, les cultures trinquent... Quand elles ne partent tout simplement pas en fumée comme ce fut encore le cas cet après-midi au nord-ouest de Namur.

 Colonne de fumée provenant d'un champ en feu au nord-ouest de Namur, vue depuis Belgrade (auteur: M. Baillie).

Bien sûr, il y a eu pire. Le légendaire été 1976 semble encore assez loin, mais à force de jouer les Midis de la France, on s'en approche doucement...


Pourquoi donc ces semaines sans pluie, aux rares orages près? La carte ci-dessous apporte un élément de réponse. Retenons que les couleurs orange-rouge marquent des anticyclones d'altitude, bloqueurs de perturbations par excellence. On en repère un sur la Scandinavie qui s'en va, et notre bien-aimé anticyclone des Açores... aux Açores. De celui-ci - ou des masses anticycloniques sur le Magreb - émergera une nouvelle bulle de hautes pressions qui prendra la route de nos régions. Entre les deux, à peine une baisse de pression qui n'a même pas le temps d'apporter un peu de pluie digne de ce nom, à peine quelques ondées orageuses locales. 

 
Le schéma dure depuis un moment, et tout porte à croire qu'il va encore le faire pendant quelques temps. Le déficit pluviométrique se creuse, et les gros problèmes pointent à l'horizon. Si le beau temps est très agréable en été, comme partout, l'excès nuit en tout. Alors, au diable le soleil pour quelques jours, s'il pouvait laisser venir quelques grosses dépressions, histoire d'interrompre cette tendance au sec de chez sec. Par la grâce du ciel, qu'il pleuve.
 

vendredi 22 juin 2018

L'apothéose du grand artiste céleste

Il y a deux ans, de violents orages éclataient sur le centre et l'est du pays, provoquant notamment de gros dégâts dans le nord-est du Hainaut et le Brabant wallon. Outre la furie engendrée, ces orages ont également été spectaculaires par les jeux de lumière qu'ils ont donné ce soir-là en associant les ténèbres nébuleuses et le soleil couchant.

En ayant été témoin privilégié, je me rends compte deux ans plus tard que je n'ai jamais rien écrit à propos de la grande mise en scène du ciel de ce soir de juin 2016. Le spectacle était pourtant sensationnel, fait d'une conjugaison de phénomènes et de scènes auxquelles même un amateur d'orages n'a droit qu'à de rares occasions, tout du moins chez nous...

vendredi 25 mai 2018

La chaleur sans orage : les dégradations "silencieuses"

Rappelez-vous, l'an passé, nous avions évoqué le cas de la survenue d'orages parfois intenses alors que les jours (voire les heures précédentes) n'avaient pas été chauds et lourds comme on s'y attend habituellement. Nous avions alors expliqué comment la chaleur nous était dissimulée (mais bien présente pour alimenter les orages) par le jeu savant de la mécanique atmosphérique. Pour ceux qui souhaitent (re)lire cet article, le voici: Des orages sans chaleur, même en été

Ici, nous allons envisager la situation inverse: celle de périodes de chaleur, voire de véritables canicules, qui se terminent calmement sans gros orages. Dans l'imaginaire des gens, un temps chaud, surtout s'il est lourd, se finit par des orages plus ou moins violents. Pourtant, il arrive très régulièrement que de telles journées insoutenables soient suivies le lendemain par un temps bien plus agréable, voire mauvais, le tout sans grabuge. Au mieux l'observateur attentif aura vu l'un ou l'autre éclair dans le lointain, accompagné de quelques gouttes, au pire le temps sera resté absolument sec et seuls quelques nuages décoratifs et quelques rafales auront signalé le passage du front froid, accompagné irrémédiablement d'une chute des températures.

dimanche 6 mai 2018

Evénements 2018 - Mai à août

Les nuits sont parfois fraîches début mai, approchant les seuils de gelées. Quelques jours plus tard, le beau temps revient en force avec des maximales au-dessus de 25°C en bon nombre de régions du 6 au 9. On atteint localement 28°C le 8.

Namur sous un soleil franc et des températures estivales le 6 mai (auteur: Info Meteo).

16 mai - orages localement forts

Comme les jours précédents, la situation est particulière avec un flux de nord-est particulièrement doux et humide. A l'avant d'un front froid descendant de mer du Nord, une zone de convergence se met en place à travers la Wallonie, créant un axe orageux. Trois zones orageuses concernent ainsi nos régions:
  • Une première apparue sur Andenne et Huy en fin d'après-midi et qui se déplace jusque dans le département des Ardennes via Couvin. Elle donne de fortes précipitations sur la région d'Yvoir, responsables de quelques inondations locales.
  • Une seconde, beaucoup plus active et composée de plusieurs cellules orageuses, qui se renforce brutalement sur la région liégeoise en y perpétrant des débordements. Elle poursuit sa route à travers le Condroz jusqu'aux environs de Houyet où elle y disparait en début de soirée. Sur son trajet, on note de chutes de grêle significatives, notamment du côté de Seraing, Flémalle et Amay, mais aussi dans le Condroz namurois. L'activité électrique est par moments notoire, avec un éclair toutes les quelques secondes. A noter que cette zone a été précédée d'une averse orageuse qui a déjà bien arrosé les sols.
  • Une troisième, également bien active d'un point de vue électrique, arrivant d'Allemagne en début de soirée et glissant jusqu'aux environs de Libramont en évoluant progressivement vers un écho en arc (ligne d'orages courbée).
Les relevés ne font pas mention de valeurs remarquables, sauf une cote de 48 mm au Sart-Tilman (Liège). On mesure ailleurs 34 mm de précipitations à Dourbes, 24 mm à Oupeye et 21 mm à Havelange et Anthisnes. Localement, on peut estimer que les accumulations ont pu dépasser 50 mm.

Activité électrique observée le 16 mai, avec les trois zones orageuses s'individualisant nettement (source: Lightningmaps).

Arrivée de l'orage "liégeois" sur la région de Gesves, en province de Namur (auteur: Info Meteo).
 
Lien vers l'article de Belgorage à propos de cette offensive: ICI

La carte ci-dessous montre les orages qui ont éclaté ce dimanche 20 mai. Ceux-ci sont restés généralement faibles à modérés, et ont été accompagnés par endroits de quelques chutes de grêle. Les provinces les plus touchées sont celles de Namur, du Brabant wallon et du Limbourg. La nuit suivante, d'autres orages ont éclaté en Lorraine belge. Tous ces foyers se sont produits dans un flux d'est assez chaud et humide, comme il y a quatre jours.

Activité électrique entre le 20 mai matin et le 21 mai matin (source: Lightningmaps).

A nouveau, des orages sont survenus un peu partout dans l'après-midi et la soirée du 21 mai, avec des intensités généralement faibles à modérées. Toutefois, un orage a présenté temporairement un caractère fort dans la région de Ath peu après 18h00. Le faible flux en altitude explique la lente progression des cellules orageuses dont les précipitations ont donné quelques inondations très locales. Quelques chutes de grêle ont également été observées.

Cumulonimbus sur les provinces de Liège et de Limbourg, vus depuis Wartet dans le Namurois (auteur: Info Meteo).

Troisième jour consécutif d'orages ce 22 mai. A nouveau des foyers se sont développés en province de Liège en début d'après-midi, puis par après sur les autres régions. Leur intensité a généralement été modérée, mais le caractère peu mobile de ces orages a mené à des inondations locales, notamment dans le sud de la région liégeoise ainsi que dans le Borinage et le Haut Pays. Parmi les relevés de précipitations les plus importants (22 mai 8h00 - 23 mai 8h00), on note 37 mm à Vaux-sous-Chèvremont en province de Liège.

Activité électrique détectée le 22 mai avec les impacts les plus récents en jaune (source: Lightningmaps).

Sur le plan de la situation atmosphérique, rien ne bouge depuis quelques jours: un anticyclone scandinave bloque un marais barométrique sur nos régions, maintenant une masse d'air assez chaude et humide. A nouveau ce 23 mai, cette situation aboutit au développement d'orages peu mobiles, les provinces de Liège et de Limbourg étant épargnées. En début de soirée, un fort orage frappe la région bruxelloise, puis un amas orageux modéré se déplace depuis le nord du Luxembourg jusqu'au Brabant wallon.

Coup de foudre sous l'amas orageux du soir, au sud-ouest de Namur (auteur: Info Meteo).

Le 24 mai, encore une fois des orages éclatent un peu partout. L'un d'entre eux, fort, provoque des inondations entre le nord de Charleroi et l'ouest du Brabant wallon. Le lendemain, par assèchement de l'air et disparition de la dynamique, ces orages sont pratiquement absents.

Après deux jours de "pause", les orages ont repris ce dimanche 27 mai, entre le début de l'après-midi et le milieu de la soirée. D'intensité généralement modérée à forte, ils se sont surtout faits remarquer sur la Hesbaye liégeoise, le Pays de Herve, le nord-est de l'Ardenne, le centre du Hainaut et à la côte. Des chutes de grêle ont été fréquemment signalées, ainsi que quelques inondations locales, notamment dans la région de Andenne.

Activité électrique observée le 27 mai (source: Lightningmaps).

La situation atmosphérique reste complètement bloquée, avec ce 28 mai toujours un marais barométrique sur nos régions, maintenant chaleur et humidité dans les basses couches. En altitude, on note la présence d'une petite branche de Jet provoquant un appel d'air, tandis qu'au sol une ligne de convergence des vents remonte de France. Plusieurs ensembles orageux ont été observés entre la fin de l'après-midi et la seconde partie de nuit suivante:
  • Un premier fort orage se déplace en fin d'après-midi depuis les environs de Bastogne jusqu'à Chimay. Sur l'est de l'Ardenne, il donne des grêlons de plusieurs centimètres de diamètre.
  • Une deuxième série d'orages s'est déplacée en soirée depuis la Lorraine jusqu'aux Hauts-de-France, en débordant quelque peu sur nos frontières. Ces orages se sont progressivement regroupés en un MCS (système orageux étendu) de forte intensité, principalement sur la France.
  • Enfin, un rail d'orages, caractérisé par un défilement de cellules, s'est mis en place sur la frontière belgo-française dans la nuit, et a donné des intempéries pendant plusieurs heures, jusqu'en fin de nuit. L'intensité était modérée à forte.
La répétition de ces orages a donné quelques belles accumulations de précipitations. On a ainsi relevé 36 mm de pluie à Rumillies, dans l'ouest du Hainaut.

Activité électrique observée entre le 28 mai 6h00 et le 29 mai 6h00 (source: Lightningmaps).

Grêlons récoltés à Bastogne (auteur: S. Picard).

Le 29 mai dans l'après-midi, un fort orage éclate sur l'est de la province de Liège, donnant 30 mm de pluie à Elsenborn et 40 mm à Botrange. Le 31 mai en soirée, un orage provoque quelques débordements à Liège et Herstal, tandis qu'un autre fait de même à Gosselies et Thiméon.

Le mois de mai qui s'achève a été très anormalement chaud. Sur le centre du pays, il a également été exceptionnellement sec.

Orages diluviens et inondations du 1er juin

Ce premier jour de l'été météorologique, une grande partie de l'est de la Belgique a été concerné par un système pluvio-orageux étendu (MCS en anglais) arrivé d'Allemagne en fin de nuit. Il s'est caractérisé par une masse de pluies durables (dites stratiformes) au sein de laquelle se sont individualisés quelques noyaux orageux très actifs. Ce système s'est décomposé sur la Belgique dans l'après-midi.

 Activité électrique relevée entre minuit et midi le 1er juin (source: Lightningmaps).

L'étendue et le très lent déplacement de ce système ont mené à des relevés pluviométriques impressionnants, voire exceptionnels pour certains d'entre eux:

Saint-Vith: 95 mm (dont 64 en une heure)
Butgenbach: 93 mm
Battice: 89 mm
Chaineux: 88 mm
Vielsalm: 71 mm
Robertville: 64 mm
Herve: 62 mm
Jalhay: 61 mm
Waremme: 59 mm
Vaux-sous-Chèvremont: 59 mm
Elsenborn: 58 mm
Slins: 55 mm
Ternell: 54 mm
Lanaye: 46 mm
Ouffet: 44 mm
Mont-Rigi: 44 mm
Louveigné: 43 mm
Oupeye: 42 mm

Le MCS sur l'Allemagne en fin de nuit (source: Kachelmann).

 Le MCS en décomposition vers un amas pluvio-orageux, avec quelques noyaux très actifs, notamment sur Liège (source: Belgocontrol).

Stagnation sur la Belgique de l'amas pluvio-orageux en milieu de matinée (source: IRM).

L'importance et la durée de ces pluies ont mené à de nombreux débordements et inondations rapides dans les régions de Liège, Verviers, Spa, Vielsalm et du Pays de Herve, où les pompiers ont du intervenir de nombreuses fois. Par endroits, le niveau de l'eau a dépassé 1,5 mètre dans les rues. Par la suite, les bassins hydrographiques de l'Our et de la Vesdre sont entrés en alerte crue, tandis que ceux de l'Amblève et de la Basse Meuse étaient placé en préalerte suite à la montée des eaux.

La région de Vielsalm a été fortement touchée par les inondations (auteur: R. Bodeux via 7fm).

La situation atmosphérique était propice à la formation d'orages pluvieux. Une petite dépression sur l'Allemagne entretenait sur l'ouest de ce pays et la Belgique un flux d'ouest moite* dans les basses couches, tandis qu'en altitude on notait un flux rapide de sud-est, avec une divergence génératrice d'une ascension de l'air humide plus bas. Les orages se sont formés dans l'instabilité et les convergences initiées par la dépression sur l'Allemagne, et ont ensuite lentement voyagé vers la Belgique avec le flux d'altitude. Même à l'écart des convergences de basse couche et de l'instabilité, le système pluvio-orageux a sans doute pu s'entretenir grâce à la divergence en altitude et le flux d'ouest bien humide à basse altitude.

*Il est utile de préciser ici ce qu'on entend par moite. De manière un peu simplifiée, il faut savoir qu'un air à 17°C et 90 % d'humidité, donc très humide comme ce 1er juin est potentiellement plus "énergétique" qu'un air à 30°C et 30 % d'humidité par exemple. En effet, la chaleur d'une masse d'air ne dépend pas seulement de la température, elle dépend aussi de sa charge en vapeur d'eau. Ce "chaud dissimulé", qui se révèle lorsque la vapeur se condense en nuages, est appelée chaleur latente, et son potentiel énergétique est converti en orages dès que l'air s'élève un peu, même si l'instabilité n'est pas très élevée.

Dans la nuit du 6 au 7 juin, des orages modérés, voire localement forts, sont observés dans les provinces de Namur et de Hainaut. Ils s'accompagnent de fortes précipitations et localement de grêle. L'activité électrique est par moments bien présente avec un éclair toutes les quelques secondes. L'après-midi du 7, des orages éclatent à nouveau le long de la frontière belgo-française, des inondations sont observées à Couvin.

En soirée du 9 juin, un orage provoque quelques inondations locales du côté de Arlon et Habay. 

Une grande partie du mois est calme: les journées grises alternent avec les plus lumineuses, le tout sans pluie ou presque, accentuant le déficit pluviométrique sur le centre du pays. La fin du mois est très ensoleillée et chaude.

Au 30 juin, l'absence de précipitations pose question, notamment sur le centre du pays où les deux derniers mois ont été très pauvres en pluie. Le mois de juin présente à Uccle, et comme en mai, un déficit pluviométrique exceptionnel. Globalement, la situation est moins remarquable sur une bonne partie est du pays en raison des orages de mai et de tout début juin. L'absence de pluie devrait se poursuivre encore un moment étant donné les prévisions anticycloniques pour début juillet, à l'un ou l'autre orage près.

Bilan du mois de juin (source: RTBF sur base des données de l'IRM pour Uccle).

Juillet commence sous le même schéma: (très) chaud, sec et ensoleillé. Les seuls nuages admis ne font que décorer ou flamboyer les crépuscules.

Superbe crépuscule sur le Namurois le 3 juillet, après une nième journée estivale (auteur: Le Chroniqueur météo).

4 juillet - orages intenses

Ce jour est marqué par des orages parfois très actifs. Quelques foyers locaux éclatent entre le début de la matinée et la fin de l'après-midi, avec une intensité généralement faible à modérée (Ardenne, Famenne, Namurois...). En toute fin d'après-midi, des orages intenses frappent la Lorraine belge, et notamment Arlon, avant de remonter vers la région de Bastogne. Par la suite, c'est un fort orage multicellulaire qui se développe sur le Condroz namurois, avec de fortes précipitations génératrices de quelques débordements, localement de la grêle, des rafales soutenues et une puissante activité électrique (un éclair toutes les quelques secondes).

L'orage multicellulaire du début de soirée sur l'est de la province de Namur (source: Kachelmann).

En milieu de soirée, un nouvel orage multicellulaire se développe sur l'est du Hainaut et gagne le nord-ouest de la province de Namur et le Brabant wallon, avec une activité similaire. Des inondations sont observées localement dans la moitié ouest du Brabant wallon. Quelques derniers orages, généralement faibles, sont observés dans le nord de la province de Liège en début de nuit.

 Avancée de l'orage multicellulaire du début de soirée sur la région de Gesves (auteur: Le Chroniqueur météo).

Eclair internuageux sous le second orage multicellulaire en soirée sur la région de La Bruyère (auteur: Le Chroniqueur météo).

Ces orages se sont développés dans un air moite (maximales supérieures à 25°C) et à la faveur d'une zone de convergence en travers de la Wallonie. Au final, les foyers ont concerné pas mal de régions, apportant une pluie bénéfique pour les sols après des semaines de sécheresse. Par endroits, ces précipitations ont été assez abondantes, avec par exemple 38 mm de pluie à Lasne (Meteo Belgique), 32 mm à Rochefort (SPW) et 42 mm à Ciney (SPW).

Activité électrique observée le 4 juillet, avec les impacts les plus récents en jaune (source: Lightningmaps).
 
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Les deux semaines qui suivent sont chaudes et ensoleillées. L'après-midi du 15 juillet, des orages locaux mais parfois soutenus éclatent en Ardenne et en Lorraine belge. De la grêle est signalée par endroits. Pendant ce temps ailleurs, la sécheresse s'accentue, et notamment dans le Hainaut.

24 - 27 juillet: canicule et orages épars

La dernière décade de juillet, en plus de la sécheresse, est marquée par une canicule remarquable mais non exceptionnelle (sauf exceptions locales). Elle rentre dans les critères de vague de chaleur telle que définie par l'IRM (cinq jours à plus de 25°C dont trois à plus de 30°C). Ce coup de chaud est lié à la persistance d'un puissant anticyclone d'altitude sur la Scandinavie (il s'y trouve depuis un moment) et à la plongée d'une dépression sur l'Atlantique, orientant un flux d'air très chaud d'origine tropicale sur nos régions (20°C à 850 hPa - 1550 mètres d'altitude).

Géopotentiel à 500 hPa et pression au niveau de la mer le 27 juillet à 2h00 (source: Meteociel).

Le 24 juillet est la première journée réellement chaude, et aussi la première de l'année au cours de laquelle Uccle atteint les 30°C, preuve s'il en est que le temps chaud que nous connaissons depuis deux mois est plus interminable qu'intense. On note 33,1°C à Kleine-Brogel, 33,0°C à Angleur, 32,2°C à Hastière, 31,4°C à Gosselies, 31,3°C à Ernage et 30,9°C à Uccle. La nuit suivante est chaude, en plusieurs stations le mercure ne descend pas en-dessous de 20°C.

Le 25 juillet, les températures sont plus élevées: 35,0°C à Angleur, 34,8°C à Kleine-Brogel, 32,8°C à Uccle, 32,6°C à Gosselies, 32,3°C à Ernage, 32,2°C à Dourbes. Malgré l'air sec des basses couches, quelques orages éclosent ça et là dans l'après-midi, avec des bases nuageuses très élevées (Hesbaye, Entre-Sambre-et-Meuse, Condroz et Ardenne dans une moindre mesure). Une petite zone de convergence assez mal définie semble en être à l'origine.

Le 26 juillet est encore plus chaud et voit quelques stations égaler ou établir un nouveau record absolu de température (c'est le cas notamment de Zaventem et de Beauvechain). On relève 36,2°C à Angleur, 34,3°C à Bierset, 31,7°C à Saint-Hubert, 35,4°C à Uccle, 35,7°C à Beauvechain, 35,9°C à Gosselies, 36,4°C à Hastière, 35,1°C à Florennes, 35,9°C à Dourbes, 35,4°C à Ernage et 33,9°C à Buzenol. Une nouvelle fois, malgré de l'air sec, des orages faibles à modérés éclatent ça et là, notamment du côté de Liège où de la grêle est signalée. En fin d'après-midi, Bruxelles et Charleroi connaissent chacune un orage assez fort, avec de la grêle. La foudre frappe deux maisons dans le nord de Charleroi, et une rafale de 91 km/h est relevée à l'aéroport de Zaventem. A nouveau, une convergence assez mal définie pourrait avoir contribué à l'organisation de ces orages. Il tombe 30 mm de pluie à Uccle, menant ça et là à quelques débordements.

L'orage de Charleroi, vu depuis le nord-est de Namur. L'air sec en basse couche permet à la base du cumulonimbus d'être très élevée et d'être ainsi visible de très loin (auteur: Le Chroniqueur météo).

Le 27 juillet est thermiquement similaire à la veille, mais aussi la dernière journée de la canicule. Un front froid approche par l'ouest, précédant des courants maritimes moins chauds. La nuit du 26 au 27 est remarquable; à Bierset la température ne descend pas en-dessous de 24,0°C. L'après-midi, on relève 35,4°C à Uccle, 35,9°C à Gosselies, 35,1°C à Dourbes et à Ernage, 35,8°C à Bierset, 33,5°C à Buzenol, 31,7°C à Saint-Hubert, 37,0°C à Kleine-Brogel et 38,2°C à Gand.

Dans l'après-midi, à l'instar des jours précédents, l'instabilité est suffisante pour générer des orages épars sur le sud et l'ouest du pays. Un orage assez fort se produit entre Charleroi et Waterloo, avec localement de la grêle. En soirée, l'approche du front froid précédé de lignes de convergence génère une série d'orages localement forts qui remontent du nord de la France sur l'extrême ouest du pays. Un autre orage local éclate sur la Hesbaye.

La nuit suivante et tôt le lendemain matin, le front avance sur le pays, donnant encore l'un ou l'autre faible orage ça et là.

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Sans surprise, le mois de juillet qui se termine a été très anormalement chaud et ensoleillé. Si côté précipitations, l'anomalie à Uccle n'est pas exceptionnelle grâce aux quelques orages, elle est spectaculaire dans certains coins du pays où pratiquement aucune précipitation n'aura été observée pendant le mois! 

2 - 7 août: seconde canicule

La première décade d'août est à nouveau marquée par une période de très fortes chaleurs. Un puissant anticyclone se constitue sur nos régions et rejette les dépressions et le flux maritime plus au nord. Une seule faiblesse de celui-ci permet à un petit front froid de basse couche de s'infiltrer en soirée du 4, apportant de l'air maritime un peu moins chaud qui maintient les températures sous 30°C le 5 (sauf en Lorraine). Ce petit front n'apporte que quelques nuages, pas mal de vent mais aucune précipitation. 


Le 6 août, les températures repartent à la hausse et dépassent les 30°C en de nombreux endroits. On mesure 32,8°C à Chièvres, 33,0°C à Uccle, 33,9°C à Gosselies, 33,7°C à Ernage, 33,6°C à Bierset et 32,0°C à Buzenol.

Le 7 août est la journée la plus chaude. Les maximales atteignent 35,6°C à Chièvres, 34,8°C à Uccle, 35,1°C à Gosselies, 35,0°C à Ernage, 35,5°C à Bierset et 34,6°C à Buzenol. 

Nuit du 7 au 8 août: orages parfois violents

La nuit du 7 au 8 est marquée par une forte dégradation orageuse, la plus étendue de cette année jusqu'à présent. Elle se produit de manière assez classique d'un point de vue atmosphérique avec l'approche d'un front froid précédé d'une ligne de convergence des vents, le tout venant buter sur une masse d'air très chaud sur notre pays et dont l'instabilité est croissante. En altitude, on note une petite divergence des flux, forçant l'ascension des masses d'air.

Analyse de surface du 8 août à 2h00 avec la convergence en rouge gras (source: KNMI).

Après quelques orages près de la Botte du Hainaut en début de soirée, plusieurs salves orageuses concernent la Belgique pendant toute la nuit suivante, certaines sont localement violentes.

Un premier MCS (système orageux de grande étendue) entre sur la Belgique par la région de Tournai vers 23h00 et se déplace jusqu'à la province d'Anvers. Il s'accompagne d'une forte activité électrique et de puissantes rafales (localement 90 - 100 km/h). 

En parallèle, plusieurs cellules orageuses se développent peu avant minuit sur le département des Ardennes et gagnent les provinces de Namur et de Luxembourg en se constituant en un amas orageux. L'activité électrique y est également forte (un éclair toutes les quelques secondes par cellules) et un des orages provoque des dégâts liés au vent dans la région de Florennes. Cet ensemble s'affaiblit en atteignant la province de Liège.

Eclair internuageux sous la deuxième salve orageuse, vu depuis les hauteurs de Dinant en direction du sud (auteur: Le Chroniqueur météo).

Vers 0h45, un troisième amas orageux entre sur le Hainaut au niveau du Borinage. Il subit une phase d'intensification en évoluant vers un bow echo (ligne orageuse en arc) générateur d'une forte activité électrique et de rafales (autour de 80-100 km/h). Il traverse ainsi le nord-est du Hainaut puis le centre du pays avant de gagner l'est de la province d'Anvers et le Limbourg en s'affaiblissant.

Peu après 2h00, de nouvelles cellules se développent de la Botte du Hainaut au département des Ardennes. En progressant sur la province de Namur et le Brabant wallon, elles forment un amas orageux assez peu organisé mais constitué de foyers parfois très actifs avec de fortes précipitations et un éclair toutes les quelques secondes, notamment sur l'est de la province de Namur et l'ouest de la province de Liège. Ce dernier ensemble évacue la Belgique vers l'Allemagne en fin de nuit.

L'orage générateur des dégâts dus au vent dans la région de Florennes en début de nuit, vu depuis Dinant. A noter les bases nuageuses très hautes (auteur: Le Chroniqueur météo).

Localement, des rafales significatives ont été mesurées, concrétisant le potentiel venteux des orages qui avait été prévu. Sur le réseau officiel, on a relevé 94 km/h à Chièvres, 90 km/h à Uccle, 97 km/h à Zaventem et 130 km/h à Retie. Sur le réseau de Météo Belgique, on peut noter 81 km/h à Neufvilles et 92 km/h à Neder-Over-Heembeek. En raison de la rapidité de progression des orages, les précipitations ont été passagères; la plupart des cotes relevées par les pluviomètres sont inférieures à 20 mm.

Animation radar montrant les quatre salves orageuses. L'heure est en temps universel, ajouter deux heures pour avoir l'heure d'été réelle (source des images: Belgocontrol).

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Le 9 août en matinée et en début d'après-midi, plusieurs orages sont observés sur l'est de la Wallonie. Le premier en début de matinée et les deux suivants, en milieu de journée, sur la province de Namur et l'est de la Flandre pour l'un, sur les provinces de Luxembourg et de Liège pour l'autre. L'activité électrique est par moments soutenue et des rafales significatives sont observées dans l'extrême sud du pays. Cette dégradation est cependant moins importante que ce qui avait été anticipé par les modèles, ceux-ci entrevoyant des orages plus généralisés et plus puissants.

Activité électrique observée entre minuit et 17h00 le 9 août (source: Lightningmaps).

Ces orages mettent fin à la très longue période de temps ensoleillé, sec et chaud que connaissait le pays depuis plusieurs semaines. La deuxième décade d'août est ainsi plus hésitante, avec quelques journées où les averses se montrent. Les températures oscillent entre 20 et 25°C l'après-midi.

Le 13 août voit un creux d'altitude apporter de nombreuses averses parfois orageuses. Ciel instable à Zeebrugge (source: IRM).

Les orages ont été particulièrement nombreux le 13 août, d'abord en début de matinée dans le sud au devant du front froid, puis dans l'après-midi dans la traîne très agitée. Certains foyers ont été particulièrement actifs et parfois accompagnés de fortes rafales, comme entre Gosselies et Les Bons Villers. Localement, les précipitations ont été assez abondantes, avec par exemple 37 mm de pluie à Ernage (entre 8h00 le 13 et 8h00 le 14).

Activité électrique observée le 13 août, les plus vieux impacts sont en rouge et les plus récents en jaune (source: Lightningmaps).

Nuit du 16 au 17 août: orages localement virulents

Août confirme le regain d'activité orageuse après un mois et demi relativement calme. Après une journée assez chaude (maximales de 25 à 27°C), un front froid s'est présenté aux portes du pays par l'ouest. Malgré l'instabilité relativement faible, la présence d'une entrée droite du courant Jet et d'une anomalie basse de tropopause arrivant par l'ouest a rendu le contexte particulièrement dynamique et propice aux ascendances.

Analyse de surface du 17 août à 2h00 (source: KNMI).
 
Après quelques orages de faible intensité sur l'ouest du pays en soirée, une cellule remontant sur le nord-ouest de l'Aisne s'intensifie rapidement en début de nuit et entre en Belgique par la Botte du Hainaut. L'écho en arc (ligne orageuse courbée) qui en résulte traverse rapidement les provinces de Namur et de Liège en milieu de nuit, s'accompagnant localement de violentes rafales responsables de nombreux dégâts dans l'Entre-Sambre-et-Meuse ainsi que dans les régions de Ciney, Havelange, Hamoir et Aywaille. Des grêlons de plusieurs centimètres de diamètre sont signalés tout au long de la trajectoire du système. L'activité électrique est quasiment ininterrompue.

Activité électrique au passage de l'écho en arc dans la région de Mettet (auteur: Le Chroniqueur météo).

Dans le sillage de l'écho en arc, d'autres orages traversent le Condroz puis la Fagne-Famenne et le nord de l'Ardenne en seconde partie de nuit et tôt en matinée. L'un de ces orages allant de la Botte du Hainaut au Pays de Herve présente à nouveau un caractère fort (un éclair toutes les quelques secondes).

Arbre arraché par le vent dans la région de Ermeton-sur-Biert (auteur: Le Chroniqueur météo).

La progression rapide des orages a limité l'importance des cotes pluviométriques. On relève 33 mm à Courrière et à Uccle. Aucune station n'a relevé de rafale significative, confirmant leur caractère local.

Animation radar de 2h10 à 5h20 (source: Belgocontrol).

mardi 1 mai 2018

L'intriguant orage namurois de dimanche soir...

C’est en ces termes que je qualifie l’espèce de furie qui a traversé la province de Namur et l’est du Brabant wallon il y a deux jours en début de soirée. Déjà en soi, les conditions dans lesquelles cet orage est survenu étaient très particulières. On a déjà eu l’occasion d’en parler dans nos chroniques sur le blog et on aura l’occasion d’approfondir ça avec nos partenaires de Belgorage car, comme disait l’un de leurs collaborateurs hier, “il y a eu beaucoup de choses curieuses”.

Des choses curieuses... C’est aussi ce qui a traversé l’esprit de votre serviteur qui, planté dans un champ de colza (jeu de mots à la con bonjour...) près de Maillen, observait l’horizon brumeux avec circonspection. Mais, smartphone à la main, il voyait bien que l’activité de l’orage qui arrivait du département des Ardennes ne faiblissait point. Pourtant, sur son lieu d’observation, son thermomètre de voiture (ça vaut ce que ça vaut...) renseignait 13°C, et le ciel bien bas distillait quelques gouttes balancées à l’oblique par un vent de nord-est bien présent. Le même plafond nuageux lâchait de temps à un autre un roulement de tonnerre. L’observateur circonspect que j’étais imaginait l’orage montant du sud venir s’encastrer et crever dans cette masse d’air fraîche et désagréable, reliquat d’une précédente averse orageuse qui avait, une petite heure plus tôt, bien arrosé la région. Mais comme on l’avait évoqué dans nos chroniques, il y avait bien de l’air un peu plus chaud quelques centaines de mètres plus haut, et de toute façon, la seule dynamique maintenait le bolide électrique bien en vie alors qu’il s’engageait sur le sud de la province de Namur.

Après avoir été chercher un point de vue du côté de Gesves mais qui ne me disait rien, retour au domicile à Wartet, près de Namur. Un coup d’œil jeté au smartphone montre que l’orage approche. Un petit tour sur un point de vue à l’ouest du village n’offre rien de très engageant. Des bancs de brouillard planent sur les bois de Marche-les-Dames, une fine pluie tombe et la lumière devient lugubre. Ambiance quasiment novembresque, si ce n’est que la végétation rappelle qu’on est bien fin avril. Et toujours 13°C, ce maudit treize...

Retour à la casa. En sortant de la voiture, le tonnerre résonne sur l’horizon, et en quasi-continu en prime. Les cartes d’impacts de foudre montrent que l’orage est vraiment très proche, à quelques kilomètres à peine. Pourtant, la pluie et la brume empêchent de voir quoique ce soit, si ce n’est cinquante nuances de gris...

Sans guère de conviction, l’appareil photo est installé vers le sud-ouest. Et tout à coup, l’orage émerge du gris: les scintillements et autres flashes se succèdent toutes les quelques secondes. Le tonnerre se fait de plus en plus présent, la pluie s’intensifie et surtout le vent se lève d’un coup. Quelques grands claquements accompagnent des chutes de foudre dans les environs, et sous le ciel qui a pris une teinte livide, limite verdâtre, une grande masse noire monte de la vallée de la Meuse. La noirceur et la taille de cette masse m’intriguent, mais avec la pluie et le vent, on devine plus qu’on ne voit réellement. Cette grande masse survole ensuite Gelbressée et Boninne, à l’ouest, et file vers le nord-nord-est accompagnée d’un brasier d’éclairs. C’est d’ailleurs sur l’arrière de l’orage que ces éclairs montrent enfin autre chose que des grandes nappes de lumière, et je peux ainsi en photographier quelques-uns.




La première impression que me laisse cet orage, c’est que pour une fin avril, c’est bien consistant. Par la suite, j’apprends que des dégâts ont été rapportés plus au sud, dans l’arrondissement de Dinant. Le lendemain matin, aux infos, j’entends même qu’une ferme a été en partie soufflée à Waulsort (Hastière). Ce grand orage dissimulé dans l’air humide et frais a donc fait plus que saisir le quidam, il a bien laissé ses marques.

A l’heure actuelle, l’équipe de Belgorage se démène pour tenter d’en savoir plus sur ce qui a été à l’œuvre sous ce système. Plusieurs photos et vidéos montrent une grande masse noire suspendue au milieu des cieux gris, et semblant animée d’un mouvement de rotation. Est-ce cela que j’ai vu survoler le paysage à l’ouest de chez moi? Peut-être. Vu la trajectoire, c’est possible. En plus de cela, le passage de cette masse noire dans la région de Dinant correspond avec l’heure de survenue des dégâts. L’enquête de terrain de Belgorage et les témoignages reçus semblent indiquer que c’est peut-être bien une tornade qui a œuvré sur Waulsort et les hauts de Dinant, en plus d’autres bourrasques elles-mêmes génératrices de dégâts ailleurs dans l’arrondissement.

Quand à l’orage même, à première vue il me paraissait assez simple à définir. C’était un gros multicellulaire, comprenez par là un système de plusieurs cellules orageuses assez bien organisées. Et pourtant, plus les heures passent, et plus les indices de quelque chose de bien plus sournois se multiplient. Et si, au sein de ce système s’était caché une supercellule qui aurait transité par Doische, Hastière et Dinant notamment? C’est une possibilité, pour l’heure on ne peut le confirmer, mais cette hypothèse n’est pas à exclure. A l’heure actuelle, il faut continuer à observer les détails dans les images radars de précipitations comme celle ci-dessous, en espérant pouvoir d’ici quelques jours bien comprendre la nature de la bestiole qui a plané au-dessus de la province de Namur dimanche soir.
   

Mise à jour du 3 mai: Désormais, il est pratiquement acquis que c'est bien une tornade qui a traversé l'arrondissement de Dinant.

Ci-joint, une vidéo d'un observateur de Belgorage, qui se trouvait juste à l'est de Dinant au passage de l'orage. La vue est en direction du nord-ouest. C'est principalement après le passage de la voiture venant en sens inverse que cela devient intéressant. Il faut avoir l’œil un tant soi peu averti, mais la masse est en rotation et cette énorme toupie noirâtre qui passe en arrière-plan est bel et bien la tornade (et son mésocyclone au-dessus) dissimulée par des précipitations.