dimanche 28 décembre 2014

Episodes neigeux et froid de la fin décembre

La fin de l'année 2014 est marquée par la première offensive sérieuse de cet hiver version 2014-2015. Celle-ci va apporter de la neige, du froid et pas mal d'embarras. Ce dossier fait l'analyse complète de cet événement et retrace heure après heure son déroulement.

Pour certaines régions, il s'agit de la première neige véritable depuis près de deux ans, lorsque le blizzard de la mi-mars avait clôturé un hiver 2012 - 2013 exceptionnel.

Les bois d'Halanzy sous la neige. Auteur: A. Parmentier

samedi 20 décembre 2014

L'inversion de températures et ses conséquences

Un terme compliqué mais facile à comprendre

Dans une troposphère standard, la température décroît avec l'altitude compte tenu de la détente adiabatique, c'est-à-dire du seul fait de la diminution de la pression avec l'altitude, sans aucune intervention d'échange de chaleur de quelque forme qu'il soit et sans phénomène de condensation de la masse d'air. Ce gradient équivaut à -9,76°C par kilomètre d'altitude. Il s'explique par le fait qu'un gaz comprimé va s'échauffer, au contraire d'un gaz dilué qui va se refroidir suite aux mouvements plus ou moins prononcés des molécules le composant.

En réalité, le vrai gradient thermique est de -6,5°C par kilomètre. En effet, la détente adiabatique n'est pas le seul phénomène à régir le comportement des températures avec l'altitude. D'autres phénomènes liés au rayonnement de l'air, du sol et de l'espace viennent modérer le gradient par rapport à la composante adiabatique.

Mais cette situation étant parfaite, elle n'est que très rarement approchée. En effet, la troposphère subit des phénomènes de convection et de soulèvement dynamique (mouvements verticaux vers le haut), de subsidence (mouvements verticaux vers le bas), d'advection (mouvements horizontaux) et de rayonnement thermique qui entremêlent des masses d'air de température et d'humidité différentes, ce qui perturbe en permanence ce gradient thermique. Dès lors, différents comportements de la température vont être observés. Dans certains cas, le gradient, habituellement négatif, peut devenir positif sur une épaisseur plus ou moins prononcée de la troposphère. La température, dans cette épaisseur, augmente avec l'altitude. C'est le phénomène d'inversion thermique. Dans le cas où, dans une couche d'air, la température n'évolue pas avec l'altitude, on parle d'isothermie.


lundi 15 décembre 2014

1978-1979: brutale offensive du Général Hiver


Cet article est repris de R. Vilmos, collaborateur de Belgorage, avec son aimable autorisation. Seules les cartes ont été ajoutées par mes soins.

L'hiver 1978-1979, l'un des grands hivers du siècle dernier, a surtout été caractérisé par son arrivée brutale. À ma connaissance, seule la vague de froid de 1956 a également connu une arrivée aussi brutale.


Voici la chronique, jour après jour, de l'arrivée de cet hiver. Cette fois-ci, je vous donnerai comme températures les relevés synoptiques, de 3 heures en trois heures, qui sont plus parlants pour suivre l'évolution pas à pas. J'exprimerai les heures d'observation en heure belge (GMT + 1).


29 décembre 1978



Depuis plusieurs jours déjà, le temps est particulièrement doux et il en est ainsi aujourd'hui aussi. La nuit dernière, des vents forts ont fait monter la température jusqu'à 12°C. Maintenant, le vent du sud-ouest a quelque peu faibli et la température oscille entre 10 et 11°C. Il fait humide, mais il ne pleut plus. Le ciel est couvert de stratocumulus, doublés de cumulus et de fracto-cumulus. Quelques rares éclaircies. Quand le timide soleil de décembre apparaît, on a une véritable sensation de printemps. La nuit suivante, les averses nous reviennent en force.

Une dépression oblongue s'étend du sud-ouest de l'Irlande à la Pologne en passant juste au nord de nos régions. De nombreuses perturbations ondulent dans notre voisinage. Les hautes pressions se trouvent très bas en latitude, sur le sud de la Méditerranée. Un puissant courant perturbé, plus méridional que d'habitude mais bien orienté vers nos régions, apporte l'air typiquement doux de l'Atlantique (au niveau 850 mb, la température est encore de 5°C). Pourtant en regardant plus au nord, il se passe bien des choses. En effet, un anticyclone sur les îles Spitsbergen avec une dorsale sur la Scandinavie commande un important flux d'est-nord-est avec de l'air très froid qui descend jusqu'à la latitude de 54° environ. Une énorme zone de convergence sépare l'air doux de l'air froid et se situe juste au nord de nos régions. Et elle descend lentement...



La première carte ci-dessus montre la situation le 29 décembre à une heure, avec un front chaud au nord de la Belgique marquant la limite entre l'air chaud et l'air froid qui se tient en embuscade sur la Mer du Nord (fronts ajoutés par mes soins).

mercredi 10 décembre 2014

Régimes de temps

Introduction


Jour après jour, la météo change sans arrêt. Cette matinée est froide et enneigée, et dans l'après-midi un redoux accompagné de pluie se fait. La veille, le brouillard avait persisté toute la journée ; le lendemain le vent se lève. Cette journée d’été est très chaude, et deux jours plus tard, après le passage des orages, il fait frais et humide.

Pour prévoir cette évolution du temps, nous pouvons nous appuyer sur des modèles numériques, la force brute en quelque sorte.

Il existe cependant aussi la possibilité, derrière cette diversité de temps sensible en Belgique, de rassembler des situations qui se ressemblent en quelques "paquets", de dessiner les contours de quelques situations types. Ce sont les régimes de temps. Nous vous montrerons comment la dynamique d'échelle synoptique et supra-synoptique peut s'enchaîner pour aboutir à quelques situations types chez nous. Et nous vous montrerons qu'au sein de ces régimes de temps, le temps sensible est souvent très similaire.

lundi 1 décembre 2014

L'anti-novembre 2014

L'infographie ci-dessous fait la synthèse de ce mois de novembre très anormalement doux et moins pluvieux qu'à l'accoutumée. Cliquez sur l'image pour l'agrandir et pour une meilleure visibilité.


mardi 25 novembre 2014

novembre 1973: un épisode neigeux précoce et exceptionnel


Cet article est repris de R. Vilmos, collaborateur de Belgorage, avec son aimable autorisation. Seules les cartes, photos et quelques commentaires ont été ajoutées par Info Météo.

Introduction


Dès le 26, nos régions furent soumises à des courants polaires directs extrêmement froids, qui circulaient sur une Mer du Nord dont les eaux étaient encore à 10°C environ. Avec des températures de l’air de l’ordre de –8°C vers 1400 mètres d’altitude (niveau 850 hPa), l’air situé juste au-dessus de la mer ne pouvait pas être plus chaud que 5 ou 6°C. Ce contraste entre l’air et l’eau a généré beaucoup de turbulence, et des gradients proches de l’instabilité absolue jusqu’à des altitudes de 2000 mètres parfois. Il en a résulté aussi des vents très forts de nord-ouest, soufflant en tempête au littoral les 26, 27 et 29 novembre.



Pourtant, de telles conditions d’instabilité idéale ne génèrent pas toujours un nombre incroyable d’averses. Même si de nombreux cumulus ont bourgeonné au-dessus de la mer, se transformant régulièrement en cumulonimbus accompagnés d’averses de pluie, de neige ou de grésil, rien d’exceptionnel n’a pu être signalé le long de la côte, ni au large.


Le vrai moteur des averses, cette fois-ci, ne s’est enclenché qu’à quelques dizaines de kilomètres à l’intérieur des terres, grâce à un ralentissement et une déviation du courant atmosphérique dans les basses couches en raison du frottement. Ceci a été la cause de discontinuités, formant de petites zones de convergence qui étaient autant de « triggers » pour l’enclenchement d’une forte convection. De plus, l’air légèrement plus froid à l’intérieur des terres a permis aux averses de tomber entièrement sous forme de neige, et le faible dégel subsistant en journée entre les averses ne laissait pas le temps à la couverture neigeuse de fondre de façon significative.

L’épisode neigeux de 1973 peut donc, sans conteste, être qualifié de majeur, pour ne pas dire d’exceptionnel en de très nombreuses régions. À Uccle, les 34 cm relevés le 28 novembre au soir égalent le record des 29 et 30 novembre 1925. Dans l’absolu (tous mois confondus) seul le 11 février 1902 au soir, la couche de neige était encore (un rien) plus épaisse, avec 35 cm.

En Ardenne, la couche de neige a atteint 81 cm le 28 au signal de Botrange, ce qui constitue probablement l’enneigement le plus important jamais observé dans les Hautes Fagnes durant un mois de novembre. En février et en mars cependant, le mètre de neige y a déjà été dépassé à plusieurs reprises, avec 115 cm au Signal de Botrange le 9 février 1953, et 105 cm, respectivement, au signal de Botrange le 11 février 1952, à Mont-Rigi le 5 mars 1988 et au Centre Nature de Botrange le 8 mars 1988. Officieusement, on parle même de 130 cm dans les Hautes Fagnes le 19 février 1969.

Voyons maintenant, au jour le jour, comment s’est déroulée cette mémorable offensive neigeuse de 1973.

mercredi 19 novembre 2014

Les tempêtes des années 80

La décennie 1980-1990 fut particulièrement venteuse. Elle compte quelques des plus violentes tempêtes de l'histoire de la météorologie en Belgique. Pourtant, ces grands vents sont tombés dans l'oubli, suite aux désastreux "ouragans" de 1990. Le présent article refait la lumière sur ces événements.

Le 20 juillet 1980, au coeur d'un été particulièrement affreux, une dépression bien creuse pour la saison traverse la Manche puis la Belgique, déclenchant une tempête sur le nord de la France. Le vent atteint 134 km/h à Cancale.

Les 5 et 6 avril 1983, à la sortie d'un hiver particulièrement neigeux, une tempête se produit. Apparue au sud-ouest de l'Irlande, la dépression responsable se creuse sous 990 hPa (6 avril 0h00 TU) sur la Mer du Nord. Une dynamique poussée rend le flux d'air particulièrement turbulent et dans lequel sont véhiculés des orages. Les rafales atteignent 120 km/h à Gosselies, 123 km/h à Cambrai et 137 km/h au Havre.

Le 27 novembre de la même année, une dépression se creuse rapidement (970 hPa) sur le proche Atlantique et les îles britanniques en matinée puis traverse le sud de la mer du Nord avant de se déplacer vers le nord de l'Allemagne. Sous-estimée par les prévisions, elle déclenche une violente tempête sur la Belgique, la France, les Pays-Bas, le sud de l'Angleterre et l'Allemagne. En Belgique, le vent atteint des vitesses peu communes: 141 km/h à Chièvres, 151 km/h à Uccle, et tue huit personnes. Les rafales atteignent 140 km/h à Dunkerque, 144 km/h à Caen, 140 à 150 km/h sur le sud de l'Angleterre et la Bretagne.

Alain Gillot-Petré présente au journal du soir d'Antenne 2 une image satellite de la tempête prise à 13h00, avec le centre de la dépression situé sur le nord-ouest de l'Allemagne.

dimanche 16 novembre 2014

Eté 2003 : retour vers le futur ?


L'été 2003 est et restera pendant longtemps la référence en matière de vague de chaleur et de températures extrêmes, à tel point qu'il a laissé dans notre mémoire collective une trace indélébile. Nous en voulons pour preuve chaque allusion que la population peut faire lorsque des journées estivales virent à la canicule. Bon nombre espèrent ainsi « ne pas revivre l'enfer de 2003 », à juste titre car il a provoqué la mort, au moins indirecte, de dizaines de milliers de personnes, principalement âgées. Durant le printemps, le même genre de réflexions est émise, surtout si les modèles saisonniers entrevoient une configuration propice à un été chaud. Il nous a paru intéressant de revenir sur cet événement qui frappa les imaginations. Nombre d'articles ont déjà été publiés sur cette période, et notre but ici n'est pas de faire des rappels statistiques uniquement pour le plaisir des chiffres, mais avant tout pour ré-analyser la position synoptique des grandes centres d'action et tenter ainsi d'apporter un nouvel éclairage sur cet été infernal.

samedi 15 novembre 2014

30 novembre 1993, fin épique d'un novembre atypique


Le mois de novembre 1993 fut caractérisé par un début très doux avec une température de 18° à Uccle le 4 novembre. A partir de la mi-novembre, un anticyclone russo-scandinave s'installa et organisa un flux d'Est sur l'Europe Occidentale. Le 22 novembre, on enregistre -1.3° de température maximale à Uccle après une nuit à -4.8°. De plus, de la neige accompagne ce gel permanent. Après un redoux le 25 et 26 novembre, le gel permanent se réinstalle du 27 au 30 novembre avec respectivement 0.0, -2.6, -0.6, et -0.4 à Uccle.

Le 29 novembre au soir, André Schevers, alors présentateur de la météo à la RTBF, annonce l'arrivée d'une perturbation de dégel pour le lendemain. La pluie verglaçante est mentionnée. Elle sera suivie de pluie purement liquide qui devrait nettoyer le réseau routier en soirée. Le lendemain, les premiers phénomènes verglaçants sont observés en début d'après-midi sur la région de Wavre. A 14h30, dans la cour de récréation (j'avais 16 ans à cette époque), il tombe ... des billes, signe que l'air doux (+2°) producteur de la pluie à environ 1000m d'altitude est engagé dans une lutte à mort avec l'air froid de sol (-1°) qui recongèle la pluie. 


jeudi 13 novembre 2014

Au commencement...

Aux origines de la passion. C'est ainsi que pourrait s'intituler cet article né d'une longue réflexion, ce genre de pensées qui peut animer tout un chacun quand les temps - au sens temporel du terme - sont calmes... Au vu de la situation actuelle, l'amateur de météo vous dira que ces temps sont actuellement fades et sans goût, si ce n'est qu'à de très rares exceptions près. Alors, il prend son temps - ce mot va revenir souvent je pense - et se replonge dans le passé. C'est le sentiment qui anime actuellement votre serviteur. Il ressasse les grands moments météorologiques de sa jeune vie longue d'un peu plus d'une vingtaine d'années. Il remonte au plus loin dans le temps, arrivant ainsi au "Big Bang" de la passion, le début de l'intérêt envers la météorologie. Parce qu'au final, c'est la question sur laquelle se penche cet article: comment se construit une passion, en l’occurrence celle de la météorologie?

Retour vers le passé...

mardi 11 novembre 2014

Passion

Nous avons eu l'occasion de nous réunir le 18 octobre 2014 à Charleroi pour passer du bon temps sous un beau soleil et autour d'une table appétissante, mais aussi pour discuter de nos activités et de notre organisation. Cela nous a permis aussi de marquer les 18 mois de notre existence, car Info Météo est né le 22 avril 2013. Nous aimerions donc célébrer cet anniversaire avec un rappel de notre philosophie, ce pour quoi pour travaillons, et ce contre quoi nous luttons.


mardi 4 novembre 2014

Octobre 2014 - Quand le vent est au sud...

Quand le vent est aux rires,
Quand le vent est aux blés,
Quand le vent est au Sud,
Ecoutez-le chanter...


Ce couplet de la célèbre chanson Le Plat Pays de Jacques Brel résume parfaitement le mois d'octobre qui vient de se terminer. Ce mois a été constamment dominé par un flux de sud à sud-ouest qui a amené une douceur régulière sur nos régions, tantôt accompagnée d'un temps lumineux, tantôt d'un temps plus sombre. Lorsque le soleil brillait, la météo devenait pratiquement estivale, avec quelques superbes journées tout au long de ce mois.

mercredi 29 octobre 2014

Kyrill, la dernière grande tempête

En date de rédaction de cet article, Kyrill, parfois francisé en Cyril, est la dernière grande tempête à avoir frappé nos régions, accompagnée de rafales généralisées à plus de 100 km/h le 18 janvier 2007. Elle s'est exercée sur une vaste superficie, concernant une grande partie de l'Europe du nord. Elle survient au cœur d'un hiver très doux et tempétueux au cours duquel nos régions auront été soumises pratiquement sans relâche à un puissant flux d'ouest maritime.

dimanche 26 octobre 2014

2009 - 2010 : un hiver, trois vagues de froid

L'hiver 2009 - 2010 est un hiver qui entre dans les annales pour avoir offert à la Belgique trois vagues de froid. Pourtant, il a fallu le temps qu'il démarre: novembre, très doux et venteux, n'a laissé à aucun moment entrevoir l'arrivée du froid. Il faut attendre la mi-décembre pour que le général Hiver fasse son entrée sur le pays. Le 14 décembre, un anticyclone a grossi sur la Scandinavie et envoie de l'air sibérien en direction de l'Europe Occidentale. 

mercredi 22 octobre 2014

La tornade de Braine-le-Comte

Parmi les quelques tornades de bonne intensité qui ont concerné la Belgique durant ces dernières décennies, celle qui concerne Petit-Roeux-lez-Braine et ses environs l'après-midi du 1er octobre 2006 mérite une place dans le palmarès. Elle est de plus un phénomène qui fut fortement médiatisé car photographié et filmé par de multiples témoins sous différents angles de vue. Elle restera assurément une des plus belles tornades qu'ait connu la Belgique.

Source: C. De Keyser sur Météo Belgique.


lundi 22 septembre 2014

Les orages du 20 septembre 2014

La mi-septembre a été marquée par quelques orages, dont certains de bonne facture. Ainsi, la journée du samedi 20 septembre a été particulièrement électrique, avec la survenue de cellules très organisées et à la base d'inondations, notamment en Wallonie. Quelques dégâts liés à la foudre et au vent sont également à déplorer.

Cet épisode termine une période de temps chaud et relativement sec, avec plusieurs journées au cours desquelles les températures maximales ont dépassé les 25°C. De l'air instable et humide venant du sud-ouest stagnait sur nos régions durant la journée de samedi. Le passage d'un talweg (extension d'une dépression) en altitude a accéléré le flux au-dessus de la Belgique, générant une dynamique propice aux développements orageux.

En fin d'après-midi, une première convergence se créée suite à la collision entre un flux d'air descendant du nord-ouest et l'air chaud présent sur le sud de la Wallonie. En réponse, les premiers orages se sont développés sur la province de Liège notamment, mais leur ampleur est restée relativement faible. Les orages se sont ensuite multipliés le long de cette limite au sud du sillon Sambre-et-Meuse. En parallèle, une nouvelle série d'orages s'est organisée sur le nord de la France sur une deuxième convergence - à l'avant d'un front froid arrivant du nord-ouest - mieux formée. Ces cellules orageuses ont alors transité lentement à travers la Wallonie en fin d'après-midi et en début de soirée, tout en prenant un caractère de MCS. Ce lent déplacement explique la durée des orages et des précipitations liées responsables des inondations, notamment à Celles, dans le Condroz. 

La première image ci-dessous, en fin d'après-midi, montre, outre les premiers orages sur la province de Liège, l'organisation du MCS sur le nord de la France.

Radar de 17h15 (source: IRM)

Les images suivantes montrent, d'heure en heure, la progression des orages à travers la Belgique. L'image de 19h00 est très instructive, car elle montre clairement les deux lignes de convergence: la première sur le centre de la Wallonie et la deuxième sur le Nord-Pas-de-Calais. L'organisation de ces convergences explique pourquoi les orages ont été les plus intenses sur le sillon Sambre-et-Meuse, le Condroz et la Botte du Hainaut.







L'activité électrique s'est montrée par endroits très intense, avec jusqu'à un éclair toutes les deux ou trois secondes. Le sud du Namurois a à ce titre été très bien servi. L'équipe Belgorage en poste dans la région de Ciney a ramené quelques clichés spectaculaires de son déplacement dans le Condroz:


A Crupet, non loin de là, la foudre a également été au rendez-vous (auteur: Zolfanello Aoc):


A Liège aussi, les orages se sont montrés particulièrement intenses (auteur: R. Jamar):


Comme évoqué plus tôt, l'activité pluviométrique n'a pas été en reste, avec plusieurs cumuls de plus de 30 mm de pluie. De la grêle a également été observée localement. La carte ci-dessous reprend les relevés des stations du réseau Météo Belgique. Celle-ci affiche les cumuls de pluie relevés entre samedi 8h00 et dimanche 8h00. La palme revient à Courrière (sud-est de Namur) avec 47 mm.


Les orages en septembre ne sont pas rares, mais il est remarquable de les voir atteindre une telle violence à cette époque de l'année. Ceci est la conséquence de la situation atmosphérique particulière détaillée dans cet article et tout à fait particulière.


dimanche 21 septembre 2014

2012 - 2013, un hiver sans fin


Après décembre 2010 (voir article ici: Lien), l'hiver 2012-2013 est également une période bien neigeuse. Mais c'est surtout la longue durée de cette dernière qui va marquer les esprits, avec d'importants épisodes hivernaux jusque fin mars. Dans cet article, nous repassons en revue les grands moments de cette saison.

Un début lent mais très ponctuel

En fait, le Général Hiver débarque en Belgique pile à l'heure du début de l'hiver météorologique, le 1er décembre. L'image ci-dessous le montre : un vague flux de nord froid - mais pas trop - commence à se mettre en place sur nos régions, après plusieurs semaines de flux maritime d'ouest. Ce jour, une première petite perturbation descend du nord et apporte de la neige. Les températures un peu trop douces l'empêchent d'accrocher en Basse et en Moyenne Belgique, si ce n'est temporairement. En Haute Belgique par contre, elle s'accumule jusqu'à former le lendemain une couche de 5 cm à Libramont et de 10 cm en Hautes-Fagnes.
Situation le 1er décembre à 1h00 heure locale. 

Le 3 décembre, le flux tourne à l'ouest et une perturbation venant de l'Atlantique se heurte à l'air froid présent sur nos régions. Résultat, il neige pendant plusieurs heures en matinée, rendant la circulation routière particulièrement difficile. Cette neige est ensuite remplacée par de la pluie, accompagnée d'une remontée des températures. Mais à l'arrière de la perturbation, le flux vire de nouveau au nord-ouest.

Le 5 décembre, de nouvelles averses de neige parcourent la Belgique, du nord-ouest au sud-est. Une nouvelle fois, l'accumulation de quelques centimètres qui se forme en Basse et Moyenne Belgique n'est que temporaire. Seule la Haute Belgique voit la neige persister et former une bonne couche. Cette situation se répète le 6 décembre.

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Le Sart-Tilman (Liège) sous une forte averse de neige le matin du 6 décembre.

Le 7 décembre, une dépression creusée à 995 hPa descend de mer du Nord et traverse la Belgique. Elle s'accompagne d'une perturbation qui donne des chutes de neige faibles à modérées sous un vent soufflant en rafales (60 à 80 km/h). Elle concerne d'abord l'ouest du pays en fin de nuit, le centre en début et milieu de matinée et l'est dès midi. Les accumulations sont comprises entre 0 et 10 cm selon les régions. Il tombe par exemple 3 à 5 cm le long du Sillon Sambre-et-Meuse, 4 à 5 cm en région bruxelloise et environ 10 cm en Haute Belgique. Dans les Hautes-Fagnes, cette neige tombe sur la couche issue des précédents épisodes, portant l'accumulation à 30 cm.

                          
Situation le 7 décembre à 1h00 heure belge.

La semaine qui suit, le temps reste froid suite à l'influence de masses d'air polaire. Certaines nuits, les températures minimales plongent sous les -10°C dans l'est de la Belgique. On observe également quelques averses de neige ça et là, donnant une petite accumulation. 

Un intermède doux et humide long de plusieurs semaines

Le 13 décembre, l'air doux revient en force, engendrant dans un premier temps quelques pluies verglaçantes de faible intensité. Leur impact est dès lors limité. L'air doux va nous concerner pendant plusieurs semaines. Ainsi, Noël se déroule sous un temps absolument pas hivernal. Durant cette période, nos régions sont soumises à des courants maritimes subtropicaux amenant des températures élevées pour la saison. Sur le coup de minuit le 25 décembre, il fait 11°C à Montigny-le-Tilleul. Les pluies abondantes entraînent des situations parfois critiques sur le réseau hydrographique. Ainsi, le village de Londerzeel (Brabant Flamand) est partiellement inondé.

Le retour en force de la neige et du froid

A partir du 11 janvier, la masse d'air change. De l'air polaire continental envahit nos régions. Il amène avec lui quelques chutes de neige le 12. Le 14 et le 15 et de manière assez analogue au 7 décembre, une dépression arrive du nord et passe sur l'ouest de la Belgique et le Nord-Pas-de-Calais. La majeure partie de nos régions reste à l'est de celle-ci, et donc dans l'air froid. Le front occlus de la dépression dépose plusieurs centimètres de neige. L'accumulation la plus épaisse est relevée à Florennes avec 13 cm, de laquelle il faut retrancher les 5 cm présents avant l'arrivée de la perturbation.

Situation le 15 janvier à 1h00 heure belge.

La nuit du 15 au 16 janvier est glaciale, avec des températures sous les -10°C en de nombreux endroits, y compris à la côte : -11,3°C à Middelkerke, -11,9°C à Ernage, -12,0°C à Zaventem, -12,8°C à Chièvres.

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Vue du Benelux et du nord de la France sous la neige au matin du 16 janvier.

Paysage enneigé le 16 janvier à Limal (Brabant Wallon).

Le 20 janvier, le flux d'air continental concernant nos régions est heurté par de l'air maritime arrivant de France, à la faveur d'une dépression s'y trouvant. Le front occlus séparant les deux masses d'air stationne sur la Belgique et donne des chutes de neige pendant plusieurs heures entre le milieu de la nuit et le début de l'après-midi. Il tombe ainsi entre 3 et 6 cm de neige selon les régions.

Situation le 20 janvier à 1h00 heure belge.

Lever de soleil hivernal au matin du 22 janvier à Sautin, dans la Botte du Hainaut (Source: Météo Belgique)

Bois sous la neige le 23 janvier à Limal (Brabant Wallon).

Retour temporaire de la douceur

La fin janvier connait le passage de perturbations très actives, accompagnées de pluies importantes et de fortes rafales de vent. Les températures dépassent allègrement les 10°C, y compris la nuit.

A la Chandeleur, l'hiver... reprend vigueur

Après cet intermède doux, le flux vire à nouveau au nord, et des masses d'air polaire atteignent la Belgique à la suite d'une dépression passant le 5. La nuit précédente, le front de la dépression engendre des rafales destructrices en Flandre Occidentale. Il tombe quelques centimètres de neige (4 cm de neige relevés à Namur en fin d'après-midi). La nuit du 5 au 6, les averses de neige se poursuivent, ajoutant quelques centimètres supplémentaires. 

Situation le 6 février à 1h00 heure belge.

Le 7, le flux d'air polaire est toujours bien présent et continue de déverser des averses de neige sur la Belgique. Elles sont parfois très intenses (2 cm de neige en quelques minutes) et accompagnées d'orages. Cette situation se poursuit la nuit suivante et le lendemain, avant de s'estomper le 9 février. L'accumulation totale de neige atteint alors les 30 cm en Hautes-Fagnes.

Défilement des averses hivernales sur la Belgique au soir du 7 février (19h20). Source: IRM.

Le Sart-Tilman (Liège) au matin du 8 février, sous environ 8 cm de neige.

Spa sous la neige le 9 février.

Le 14 février, une perturbation atlantique vient se heurter à l'air froid stationnant sur l'Europe Occidentale. Il pleut sur des sols gelés, ce qui provoque la formation de verglas. La circulation sur les réseaux ferroviaires et routiers devient difficile.

La fin du mois de février reste froide, avec de fréquentes gelées et averses de neige. Le 24, un retour d'occlusion repris dans un flux d'air continental en provenance de la Sibérie provoque de nouvelles chutes de neige. Elles sont cependant assez légères, ne déposant que 1 à 4 cm de poudreuse selon les régions.

Début mars: l'arrivée du printemps...

Durant les premiers jours de mars, la situation change du tout au tout: de l'air chaud atteint la Belgique, et amène les premières belles journées de l'année 2013. Le 5 mars est le plus chaud depuis le début des observations à Bruxelles en 1833: on relève 17,5°C comme température maximale dans l'après-midi. Cette douceur se poursuit les jours suivant dans un contexte plus humide. Le printemps semble s'être installé définitivement. Cependant, plus au nord, l'air sibérien commence une nouvelle fois à bousculer l'air doux. Un important conflit marqué par un front très organisé se dessine alors...

Avant le retour fracassant de la neige et du froid

La nuit du 9 au 10 mars, ce front descendant du nord arrive en Belgique, poussé par l'air continental polaire. Les températures s'effondrent d'une dizaine de degrés en quelques heures, et la pluie qui avait commencé à tomber en soirée est rapidement remplacée par de la neige au-dessus de 150 mètres. Quelques centimètres se déposent au passage de la perturbation.

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Situation le 10 mars à 1h00 heure belge. L'immense conflit entre les deux masses d'air antagonistes se marque par un double front qui court depuis la Russie jusqu'à l'Atlantique. Au nord, l'air sibérien, au sud, l'air doux.

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Légère couche de neige au matin du 10 mars à Montigny-le-Tilleul.

Le 11 mars, le front s'arrête sur le nord de la France, bloqué par l'air doux. Le contraste de températures est saisissant: alors que les deux tiers sud de l'Hexagone sont au printemps, le nord de celui-ci et la Belgique replongent en plein hiver. Sur 150 km, la différence de températures est parfois de 10°C. Cette différence est encore plus importante en altitude. Ainsi, à 850 hPa (+/- 1550 mètres), il fait -11°C au-dessus de la côte sud des Iles britanniques et +1°C au-dessus du Mont-Saint-Michel. Au nord du front, la neige tombe en rafales de nord-est, rendant le ressenti particulièrement désagréable.

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Différence de températures au sol le 11 mars à midi.

En parallèle, une dépression nommée Xaver arrive de l'Atlantique et vient se heurter à la limite stationnant sur le nord de la France. Elle renforce ainsi le contraste de températures mais aussi l'activité de la perturbation. Une offensive neigeuse de longue durée se déclenche en soirée du 11 mars et va concerner le nord de la France, la Belgique, le Luxembourg et une partie de l'Allemagne pendant près de vingt-quatre heures. C'est l'épisode neigeux le plus important de l'hiver en beaucoup de régions. En prévision de cet événement, l'IRM émet une alerte rouge pour la Wallonie.

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Situation le 12 mars à 7h00 heure belge.

La neige est soufflée par le vent d'est à nord-est, ce qui engendre la formation d'importantes congères. Les températures enregistrées en matinée sont de plus fort basses, comprises entre -3 et -6°C. Il n'en faut pas plus pour bloquer les réseaux de transports: de nombreuses lignes du TEC ne sont pas desservies, tandis que beaucoup de trains sont retardés ou supprimés. L'aéroport de Liège-Bierset est fermé à tout trafic. A l'heure de pointe matinale, on compte 1600 km d'embouteillages à travers toute la Belgique. A 10h00 le 12 mars, hors congères qui atteignent parfois le demi-mètre, on mesure 13 cm de neige à l'aéroport de Charleroi. A la côte, l'air brutalement aspiré vers la dépression Xaver transitant alors sur la France déclenche un épisode tempétueux: les rafales atteignent 100 km/h le long du littoral. Dans les terres, les plus fortes rafales sont comprises entre 60 et 80 km/h.

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Image radar de la perturbation le 12 mars à 10h00 (source: IRM).

C'est en France que l'on retrouve les images les plus spectaculaires, avec par exemple 20 cm de neige dans les rues de Amiens:

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Dans le département du Nord, c'est la tempête de neige:

(Source: Météo Paris).

Dans l'après-midi, la perturbation commence à s'affaiblir et ne concerne plus que la Haute Belgique. Là où la neige s'arrête de tomber, les épaisseurs de neige (desquelles il faut retrancher la couche initialement présente) établissent parfois des records pour un mois de mars, comme les 13 cm mesurés à Uccle sur le site de l'IRM. On mesure également 8 cm de neige à Bierset, 13 cm en périphérie de Namur, 15 cm à l'aéroport de Charleroi. Localement, hors congères, la couche de neige frôle parfois les 20 cm d'épaisseur. Néanmoins, ces épaisseurs auraient pu être encore plus importantes si le vent n'avait pas soufflé la neige.

Limal sous la neige en soirée du 12 mars.

Au soir, le ciel se dégage et les températures entament une chute vertigineuse. C'est la nuit la plus froide de l'hiver, avec -17,1°C relevés à Ciney au matin du 13. Ailleurs, le thermomètre affiche également des valeurs bien basses: -15,9°C à Melin (Brabant Wallon), -15,6°C à Namur, -14,3°C à Mons, -14,0°C à Cour-sur-Heure (Hainaut), -13,9°C à Montigny-le-Tilleul, -11,8°C à Bierset, -10,1°C à Uccle et à l'aéroport de Charleroi. A Lille, la valeur de -10,5°C enregistrée constitue un record pour un mois de mars. Il en va de même à Charleville-Mézières avec -14°C.

Wanfercée-Baulet au matin du 13 mars (Source: Météo Belgique).

Le 15 mars, il fait parfois encore plus froid au petit matin, avec -17,9°C relevés dans les Hautes-Fagnes. Cependant, l'air doux gagne progressivement nos régions, et le dégel s'amorce...

Le 24 mars, une dernière offensive neigeuse concerne la Belgique. On relève 5 cm d'accumulation à Montigny-le-Tilleul. Dans le sud de la Belgique, une langue d'air doux s'intercale en altitude, et entraîne la formation de pluie qui tombe sur des sols gelés (-4°C à Libramont), formant du verglas. La situation est préoccupante, mais pas catastrophique.

Il faudra encore deux semaines avant que l'hiver ne lâche complètement prise. Le 7 avril au matin, on relève encore -5°C à Montigny-le-Tilleul. De l'air doux envahira nos régions les jours suivants, et déjà le 12 avril, des orages se produiront.

Et au niveau climatologique?

Si nous prenons en compte les relevés effectués à Uccle, nous constatons que:

- décembre a été un peu plus doux que la moyenne, tout ceci restant normal. Les frimas du début du mois ont été largement compensés par l'importante douceur de la fin de ces trente-et-un jours ;

- janvier a été plus froid que la normale, avec un déficit de 1,2°C. Le nombre de jours de neige fut de plus assez élevé avec 13 jours, contre 4,2 en temps normal ;

- février a été anormalement plus froid que la normale, avec un déficit de 2,3°C ;

- mais c'est surtout le mois de mars qu'il faut marquer d'une pierre blanche. Avec un déficit de 3,8°C, il est un mois très exceptionnellement froid. Il faut remonter à mars 1962 pour retrouver une similitude. Ceci montre bien à quel point l'hiver s'est éternisé dans nos régions. Le fait que les températures minimales aient réussi à plonger sous les -10 voire les -15°C au milieu du mois est tout à fait remarquable.

Écarts aux températures moyennes (référence 1981-2010) pour le mois de mars 2013 (Source: Météo Belgique).


Pourquoi un hiver si long?

Il est toujours délicat de chercher une cause à une déviation de la météo par rapport à la normale. Néanmoins, dans le cas présent, un phénomène survenu dans la stratosphère a probablement facilité la mise en place récurrente des courants polaires et continentaux. Le vortex polaire stratosphérique, pleinement formé, a subi en janvier 2013 un Sudden Stratospheric Warming (SSW). Ce terme barbare exprime simplement que l'air contenu à l'intérieur du vortex polaire s'est brutalement réchauffé en l'espace de quelques jours. Ceci diminue le contraste thermique avec l'air extérieur au vortex. Suite à cela, les courants atmosphériques circulant de manière cyclonique autour du vortex se sont affaiblis. Celui-ci a été déséquilibré et s'est déplacé hors de sa position polaire en direction de l'Europe, tandis que la circulation des vents stratosphériques a été fortement perturbée. A la mi-janvier, le SSW a fini par faire éclater le vortex en deux lobes, l'un d'entre eux s'établissant sur l'Europe Occidentale et l'Atlantique. Ces événements se sont répercutés sur le vortex polaire troposphérique qui, à son tour, a éclaté, s'effondrant à plusieurs reprises en direction de l'Europe. L'ensemble de ces éléments a modifié l'orientation du flux, celui-ci s'établissant fréquemment au nord ou à l'est, amenant de l'air froid, et donc un hiver particulièrement rigoureux. Ce phénomène s'est fortement renforcé en février et en mars, coïncidant avec les périodes les plus hivernales.

Ces phénomènes de déstabilisation du vortex polaire ne sont pas exceptionnels, mais ils sont capables, comme vu ici, de modifier le climat pendant plusieurs semaines ou mois.

vendredi 12 septembre 2014

L'incroyable avril 2007: chaleur, sécheresse et orages estivaux

Alors que l'Europe Occidentale sort d'un automne 2006 surchauffé et d'un hiver complètement détraqué, voici qu'arrive le printemps. Celui-ci ne manque pas de s'installer dans la continuité des mois précédents: avril 2007 est le mois d'avril le plus chaud jamais enregistré. Il est aussi le plus sec et le plus ensoleillé. Il est et restera sans doute pour un moment le mois le plus extraordinaire que notre pays ait connu récemment.

15 avril 2007
Avril 2007 a des airs de juillet. Les magnolias en fleur rappellent cependant la réalité: c'est le printemps... mais quel printemps! (Source : R. Vilmos)


mardi 2 septembre 2014

Anthologie de la désinformation météorologique : les étés "pourris"


Durant la période estivale, il arrive régulièrement qu'une ou des périodes de temps plus frais et humides soient tellement mal reçues que les médias et une partie du grand public cataloguent alors l'été comme « pourri ». Ces dernières années, cette expression fut assez souvent utilisée, et plus particulièrement cette année, durant 3 périodes : début juillet ainsi que pendant le mois d'août 2014, mais aussi en juillet 2011. Cette récurrence de plaintes et frustrations autour du « mauvais temps » estival, largement exagérées dans des articles sensationnalistes, nous oblige à nous poser des questions sur la véracité de ces propos et à remettre en cause opinions et déclarations sur ce sujet. En effet, termes-choc et jugements à l'emporte-pièce sont devenus monnaie courante dans une certaine presse, et cela est malsain pour tout cerveau scientifique et tout citoyen intéressé par des débats rigoureux. Il nous apparaît donc qu'il y va de la rigueur scientifique et de l'objectivité que tout un chacun devrait cultiver de confronter cela avec des documents sérieux.

dimanche 31 août 2014

Automne 2006 - Un arrière été extraordinaire

Habituellement, l'automne dans nos régions est une saison assez mitigée où l'on rencontre un peu de tout : dernières belles journées, épisodes pluvieux importants, coups de vent, parfois des tempêtes et de temps en temps les premières neiges. Les longues périodes de beau temps sont assez rares. Pourtant, l'automne 2006 sort complètement des normes: très exceptionnellement chaud et sec, il laisse un souvenir d'un quasi été indien (même si ce terme canadien ne peut être transposé à l'Europe, rappelons-le) avec de la chaleur, un temps lumineux et peu de pluie. Il est à ce point exceptionnel que la probabilité de retour d'un tel événement dépasse les 500 ans! Portrait d'une saison incroyable.


jeudi 28 août 2014

Florilège de tornades belges

Cet article n'a pas été conçu comme une liste exhaustive des cas de tornades enregistrés en Belgique. Il vise au contraire à présenter le phénomène au grand public au travers des photos et vidéos de plus en plus nombreuses de ces événements. Aussi, quelques grandes tornades comme celles de Tournai le 14 août 1999 ou encore de Léglise le 20 septembre 1982 ne seront pas présentées dans ce dossier. Toutefois, nous invitons les personnes intéressées à consulter les études réalisées par Belgorage à l'adresse suivante:

Pour plus de généralités et de théorie concernant les tornades belges, nous vous conseillons de parcourir l'article suivant publié en août 2013:

28 juillet 2005 - Ath

Une tornade de faible intensité concerne la région de Ath au cours d'orages. Celle-ci se présente sur la forme d'un tube lisse mais à la morphologie turbulente, comme le dénote la photo et la vidéo ci-dessous. Ce phénomène n'a pas engendré de dégâts.

Source: Météo Belgique.



11 août 2005 - Waregem

Cette tornade n'a pas provoqué de dégâts. 

Source: IRM.

29 août 2006 - Tubize

Une tornade se développe en début d'après-midi sous un imposant mésocyclone transitant dans la région de Tubize. Elle est repérée par les radars de l'IRM. L'orage générateur naît dans un contexte assez dynamique et un temps frais et humide, avec de fréquentes averses. Il est possible que la cellule génératrice ait été une supercellule. La taille du mésocyclone semble aller en ce sens. Le phénomène se produisant à l'écart des zones habitées, peu de dégâts sont observés.

Source: Météo Belgique.

Source: Weerwoord.

1er octobre 2006 - Braine-le-Comte

C'est probablement la tornade la plus médiatisée de ces dernières années. En cause, sa durée (une dizaine de minutes) et sa puissance faisant d'elle l'une des tornades les plus intenses depuis vingt ans (F3 inférieur sur l'échelle de Fujita). Elle se produit de plus dans une région au faible relief et bien dégagée, permettant son observation sur de longues distances. Elle ravage plusieurs fermes sur son passage et porte énormément de dommages à la végétation. Elle apparaît dans un contexte de traîne très dynamique, avec un air doux au sol et de l'air très froid en altitude. L'orage générateur est une supercellule. Nous aurons l'occasion de revenir plus en détails sur cette spectaculaire tornade dans un prochain dossier.

La tornade vue depuis Enghien (source: Météo Nature).

Source: Vinch.be

4 septembre 2009 - Wihéries

Cette tornade de faible intensité (F0 sur l'échelle de Fujita) concerne la région de Mons. Une nouvelle fois, elle prend naissance dans un contexte de traîne, sous une cellule convective assez vigoureuse. Quelques légers dégâts sont portés aux habitations du village de Wihéries, près de Dour. La tornade ne persiste cependant que quelques minutes.

Source: Météo Belgique.

Source: Météo Belgique.

10 mai 2012 - Zaffelare

Une tornade frappe la périphérie nord-est de Gand. Elle ne dure que peu de temps, mais provoque quelques dégâts au niveau de Zaffelare. Le phénomène prend naissance sous une supercellule.

Source: Deredactie.



7 juin 2012 - Tongeren

Moins d'un mois plus tard, une nouvelle tornade se produit sous une supercellule dans la région de Tongres. Elle parcourt 5,6 km entre Piringen et Alt-Hoeselt. Le phénomène peut être qualifié de tornade F1 sur l'échelle de Fujita. Il provoque pas mal de dégâts à la végétation et aux habitations.









10 août 2014 - Ligny

La tornade de Ligny est également photographiée et filmée à plusieurs reprises tout au long des 9 km de sa trajectoire. Elle atteint l'intensité F1 sur l'échelle de Fujita. Davantage d'informations, de photos et de vidéos à son sujet peuvent être trouvées via le lien suivant: tornades du 10 août. Le phénomène a pris naissance sous une supercellule transitant à travers la Wallonie et formée le long d'un front froid, dans un contexte dynamique et très instable.

Auteur: J. Pasin.


22 août 2014 - Leuze-en-Hainaut

La tornade de Leuze parcourt plus de 7 km au nord de la commune de Leuze-en-Hainaut. Elle reste relativement faible et ne dépasse pas l'échelon F1 inférieur de l'échelle de Fujita. Elle se forme sous une cellule convective assez marquée. 



 Source: Notélé

Comme ces quelques cas l'illustrent, les tornades belges ne sont pas aussi spectaculaires que les grandes tornades américaines. Néanmoins, elles se forment selon les mêmes mécanismes et présentent la même morphologie, à savoir un tube ou un cône renversé selon les cas. Les tornades belges ne sont que rarement condensées jusqu'au sol, ce qui donne l'impression que le tourbillon n'atteint pas la surface. Or, tel est le cas puisque les dégâts engendrés à leur passage sont observés. Dans les faits, la colonne d'air tourbillonnant se prolonge bel et bien jusqu'au sol, mais la condensation de la vapeur d'eau en nuage se fait généralement à une certaine hauteur. Seule la partie supérieure de la tornade est donc visible. Les phénomènes les plus puissants présentent une condensation jusqu'au niveau du sol.

A ce jour et à notre connaissance, aucune tornade d'une puissance supérieure à F3 n'a encore été filmée ou photographiée en Belgique. Tôt ou tard, ce sera chose faite. L'Histoire de la météorologie belge montre que des tornades F3 supérieure ou F4 ont déjà concerné nos régions (Oostmalle en 1967, Léglise en 1982, Hautmont (près de Maubeuge) en 2008, entre autres). Le Nord-Pas-de-Calais a de plus connu quelques tornades F5 au cours du 20ème siècle. Viendra donc le jour où une tornade de forte puissance sera photographiée ou filmée chez nous. Espérons que le jour où celle-ci surviendra, elle restera à l'écart des zones habitées.