mardi 22 décembre 2015

Chaleur étouffante australienne et tempête de neige norvégienne

Dans ce mois de décembre aux allures exceptionnelles dans bon nombre de régions, analysons quelques valeurs et événements enregistrés aussi bien dans l'Hémisphère Sud que dans l'Hémisphère Nord.


jeudi 22 octobre 2015

Septembre 2015 établit un nouveau record, 2015 file vers le doublé

Dans la foulée des 8 premiers mois de l'année 2015, septembre n'a pas dérogé à la règle et s'inscrit dans une longue suite de mois records à l'échelle planétaire. Dans le cadre d'un réchauffement climatique global et d'un épisode El Nino pratiquement au maximum de sa puissance, le neuvième mois de l'année a encore enregistré des statistiques ahurrissantes.


vendredi 16 octobre 2015

Mi-octobre 2015 : un Moscou-Paris automnal

Vers la mi -octobre 2015, un coup de fraîcheur et de froid frappa une assez grande partie de l'Europe, amenant des températures qui n'avaient plus été observées depuis au moins 40 ans en Europe Occidentale, de la neige à très basse altitude en Allemagne, Belgique, France, et pays environnants, ainsi que des quantités de poudreuse assez impressionnantes dans les pays d'Europe Centrale.


mercredi 7 octobre 2015

Mousson déficitaire : l'ombre de El Nino plane sur les récoltes de riz et de sucre

La fin septembre et le début octobre sont les mois de l'année où les précipitations commencent à disparaître dans le sous-continent indien. Il nous paraît donc intéressant d'effectuer un bilan de cette saison des pluies dans cette région du monde, car il apparaît clairement que celle-ci fut en-deçà de la normale. Il nous a paru donc important de synthétiser quelques chiffres, puis d'effectuer une profonde analyse des causes du déficit annoncé en rappelant la mécanique de la mousson et son lien avec El Nino, pour ensuite brièvement conclure sur les conséquences et les enjeux de ce dérèglement.


lundi 5 octobre 2015

Pluies diluviennes et inondations en région PACA

Ce week-end du 3 et 4 octobre 2015, des pluies diluviennes se sont abattues sur la région PACA (Provence-Alpes-Côte d'Azur), faisant à l'heure actuelle 21 morts. Retour sur les causes de ce drame.



samedi 3 octobre 2015

Septembre 2015: un mois... frais

Dans le petit monde de la météo, c'est presque un événement. Dans un océan de mois trop (et parfois beaucoup trop) chauds, voici venir un mois assez frais par rapport à la moyenne. Le fait est d'autant plus remarquable qu'il s'agit d'un mois d'automne, et que le dernier mois d'automne frais remonte à bien longtemps. Nous verrons que l'anomalie n'est pas très importante, mais suffisamment pour éveiller l'intérêt d'Info Meteo. L'effet de surprise passé, survient rapidement la question du "pourquoi?". Nous essayerons d'y répondre.

Septembre fut calme, et propice à l'apparition de brumes, comme ici près de Ramillies (auteur: F. Nicolas)

jeudi 1 octobre 2015

Pluies en Caroline et ouragan Joaquin, deux événements extrêmes!

Cet article vous propose de suivre l'évolution de l'ouragan Joaquin. Vous trouverez des images en temps réel en bas de cet article.

Mise à jour du 4 octobre dans la soirée - Joaquin aux Bermudes

A l'heure de rédaction de ces lignes (21h30), l'oeil de l'ouragan Joaquin transite à environ 100 km à l'ouest des Bermudes. Le cyclone est retombé en catégorie 2 avec des vents de 160 km/h. Ces vents violents propres au mur de l'oeil restent en mer, juste à l'ouest des Bermudes qui subissent des vents en-dessous du seuil de l'ouragan.

Ci-dessous, un gif montrant l'approche du cyclone vers les Bermudes.



mercredi 23 septembre 2015

Premières neiges dans les Alpes à moyenne altitude

En ce 23 septembre 2015, les stations de sport d'hiver, situées aux alentours de 2000m d'altitude, voire légèrement en-dessous, se réveillent sous leur premier manteau blanc de la saison froide. Ici, Avoriaz à 1800m :



dimanche 20 septembre 2015

Des Bermudes à l'Europe: Henri et les orages du 16 septembre 2015

L'année passée, nous avions publié un article s'intitulant "Bertha et les tornades". Aujourd'hui, c'est Henri et les orages. Le point commun entre les deux dépressions dont nous évoquons ici les noms, c'est leur origine tropicale: ce sont des cyclones tropicaux évoluant dans l'Atlantique qui, en se dirigeant vers l'Europe, perdent leurs caractéristiques tropicales mais véhiculent néanmoins avec eux des masses d'air chaud et bien humide. L'expérience nous apprend que l'arrivée de telles dépressions post-tropicales en Europe est souvent synonyme de grabuge, avec la survenue d'orages et parfois de tornades en série, comme cela fut le cas l'année passée avec Bertha. Ce le fut également cette année avec Henri.

jeudi 17 septembre 2015

Août record à l'échelle planétaire, 2015 continue sur sa lancée

Selon un rapport de la NOAA, la National Oceanic and Atmospheric Administration, le mois d'août a de nouveau connu un coup de chaud à l'échelle planétaire car l'agence a enregistré une anomalie de +0.88° par rapport à la moyenne du 20° siècle, octroyant ainsi à août 2015 la 1° place dans le classement des mois d'août les plus chauds depuis 1880, et dépassant août 2014 de 0.09°. Le mois d'août 2015 est ainsi le 6° de cette année à battre le record d'anomalie après février, mars, mai, juin, et juillet.


EDITO : "Mini-tornade", pourquoi la précision est importante

Pour la énième fois, certains médias n'ont pas hésité, emportés sans doute par un réflexe pavlovien, à utiliser le terme de « mini-tornade » pour caractériser la tornade avérée en Charente-Maritime et le phénomène venteux (encore non-classifié) de Hotton. Bien que la RTBF, à travers Nicolas-Xavier Ladouce, France2, à travers Philippe Verdier, et BelRTL, à travers Christian De Paepe, aient insisté sur la non-existence de ce terme et sur la différence entre une tornade et une rafale descendante, certaines contre-réflexions ont été émises. Nous aimerions ici y répondre et participer à la disparition de ce terme.


samedi 15 août 2015

Orages intenses du 13 août 2015

Autant le début de la saison orageuse (et juillet surtout) fut pauvre, autant ce mois d'août semble se plaire à nous rappeler que cette saison des orages est loin d'être finie. Après le 3 août sur l'ouest, le 7 août sur le centre et l'est, ce jeudi 13 août voit se produire une dégradation orageuse sévère, qui sera peut-être la plus importante de cette année avec celle du 5 juin. L'IRM a annoncé avoir détecté environ 30 000 éclairs au-dessus de la Belgique. Ce chiffre, bien qu'assez loin des records, reflète une dégradation intense et constitue le plus haut score de cette année.

Situation météorologique

C'est une situation à laquelle on commence à être habitué qui déclenche ces orages. Une dépression assez creuse plonge sur le Golfe de Gascogne, provoquant une brutale remontée d'air chaud vers nos régions. Il a effectivement fait très chaud l'après-midi du 13 août avec 31,9°C à Gosselies, 32,2°C à Uccle, 33,2°C à Dourbes et 33,6°C à Buzenol. Il est intéressant de voir que cette augmentation des températures est liée à l'ensoleillement mais aussi à l'invasion brutale d'une masse d'air très chaud arrivant du département des Ardennes où des températures jusqu'à 35°C ont été enregistrées.

Autre élément aggravant, la présence d'une forte humidité dans l'air des basses couches. Ainsi, vers 14h00, des taux d'humidité relative supérieurs à 60% étaient constatés dans l'Entre-Sambre-et-Meuse et le Namurois. Ceci rendait d'ailleurs l'air très insupportable. Sur le coup de 17h00, Ernage enregistrait un humidex de 40,6. En d'autres termes, l'air était tellement moite que le corps humain ressentait la même chose que s'il avait fait 40,6°C par temps sec. Cet air bien moite et chaud a persisté jusqu'à l'arrivée des orages, servant de carburant à ceux-ci.


L'analyse de surface ci-dessus (à 14h00 heure belge) montre que nos régions sont dans un marais dépressionnaire dominé par un léger flux d'est. Sur le centre de la France par contre, le vent est de sud. Il se crée entre les deux une zone de convergence de ces vents, formant une ligne de convergence sur le nord de la France et remontant vers la Belgique (trait rouge gras). Elle y parvient en fin d'après-midi en butant sur l'air chaud et moite possédant une forte énergie potentielle pour la convection (CAPE supérieure à 2000 J/kg d'air). En altitude par contre, la dynamique reste modérée, avec un courant Jet de sud présent mais pas exceptionnel. S'il avait été plus présent avec des noyaux de divergence bien organisés, les orages auraient été bien plus violents encore.

Déroulement de l'épisode

Les premiers orages ont commencé à se déclencher aux alentours de 15h00 au sud de nos régions. L'un ou l'autre foyer s'est développé à l'avant comme sur la région de Thuin, mais ces derniers furent brefs. C'est vraiment le long de la ligne de convergence remontant de France qu'a commencé à se mettre en place la majeure partie de l'activité.

A 16h10, un axe bien actif s'est déjà formé au sud du Pas-de-Calais. A noter que l'activité électrique est déjà très intense: chaque rond rouge entoure un impact se produisant au moment où l'image a été enregistrée. Plus à l'est par contre, les cellules ne sont pas encore soudées entre elles, mais certaines sont déjà fortes.

Activité électrique dans les deux heures précédant l'enregistrement de l'image à 16h10. Les impacts blancs sont les plus récents.

L'activité va en se renforçant, et à 16h30, c'est un début de QLCS qui entre sur le département du Pas-de-Calais. Le QLCS est un système convectif de mésoéchelle (MCS) qui se traduit en français par Système convectif quasi linéaire. Ce type d'organisation orageuse prend donc pratiquement la forme d'un axe, souvent très intense. Pour plus d'informations, vous pouvez consulter l'article écrit par Info Meteo à ce sujet: MCS et QLCS. Plus à l'est, une organisation en orages multicellulaires est observée, mais leur puissance reste modérée.

Radar des précipitations à 16h30.

Vers 17h15, les choses ont déjà bien évolué: le QLCS sur les départements du Nord et du Pas-de-Calais ne cesse de se renforcer. En plus d'une activité électrique qui devient impressionnante (une moyenne de 250 éclairs par minute), le système est générateur de pluies diluviennes, de grêle et de puissantes rafales de vent provoquant des dégâts, notamment autour de Lens dans les instants suivants. Plus à l'est, les cellules jusque là alignées mais non soudées entre elles commencent à resserrer les rangs tout en se renforçant rapidement. Ainsi, un orage est en train d'exploser sur le nord-ouest du département des Ardennes, au sud de Chimay.

Image de l'activité électrique enregistrée à 17h15.

Vers 17h40, une section violente du QLCS balaye donc Lens, tandis que plus à l'est, les cellules commencent à entrer en Belgique. Une autre touche le Cambresis, avec les mêmes effets. On note aussi l'apparition de petits mais très intenses noyaux orageux à l'avant de l'axe, au sud de Charleroi et près de Mons. A partir de ce moment-là, tout va aller très vite.

Radar des précipitations à 17h40.

L'image suivante montre la situation environ une demi-heure plus tard, et souligne un net renforcement de l'axe orageux avec l'allongement du QLCS jusqu'à la région de Charleroi. Les conditions se dégradent effectivement très rapidement sur le nord de l'Entre-Sambre-et-Meuse avec l'explosion brutale de multiples cellules orageuses qui adoptent immédiatement un caractère très intense en provoquant des dégâts dus au vent et des grêlons de plusieurs centimètres de diamètre. La même modification de morphologie est observée autour de Mons. L'ensemble prend ainsi la forme d'un bow echo, mais la persistance de cette structure étant brève, nous ne pouvons en être totalement sûrs.

Radar des précipitations vers 18h15.

L'enregistrement de l'image des impacts de foudre à 18h45 illustre très bien ce déplacement du maximum d'intensité vers la Belgique, avec une violente activité électrique sur le Hainaut et l'ouest de la province de Namur. A ce moment-là, le QLCS s'est donc étendu jusqu'à la capitale wallonne par formation et agglomération de nouvelles cellules orageuses.

Image de l'activité électrique enregistrée à 18h45.

Une heure plus tard, le QLCS atteint la région de Bruxelles. A l'est, des cellules orageuses nouvellement formées ont continué à s'y agglomérer, de telle sorte que le système s'étend désormais jusqu'à Liège. Par contre, sa partie ouest se dilue complètement au-dessus de la Mer du Nord en un paquet pluvio-orageux sans réelle intensité. Quelques orages parfois assez intenses se produisent à l'arrière, notamment au sud de Tournai.

Radar des précipitations à 19h45.

Vers 20h30, nous retrouvons le QLCS sur la Flandre, où il commence à rétrécir en taille. Dans l'heure suivante, il s'évacue en direction des Pays-Bas tout en continuant à faiblir.

Radar des précipitations à 20h30.

Plus tard cependant, des orages se reformant sans cesse sur la région de Liège engendrent des pluies diluviennes sur la région de Genk ainsi que des dégâts liés au vent. D'autres foyers débordent en fin de soirée sur le sud de la province de Liège et un petit système multicellulaire concerne la région de Arlon et de Bastogne, avant la fin de l'épisode en début de nuit.



Synthèse

Les orages ont été très pluvieux avec des lames d'eau importantes observées localement, la plus haute étant Diepenbeek (56 mm). De même, de la grêle a été reportée, avec parfois des grêlons de taille significative (jusqu'à 3-4 cm) comme dans la région de Thuin, le nord du Hainaut et l'ouest de la Flandre. Des grêlons de belle taille sont aussi tombés en plusieurs endroits du Nord-Pas-de-Calais, ainsi que dans l'ouest de la province de Liège. Des dégâts dus au vent ont été largement signalés dans le Hainaut et dans le Nord-Pas-de-Calais, correspondant au passage des segments les plus violents du QLCS. Plus à l'est, des dégâts liés aux fortes rafales ont également été signalés, mais plus sporadiquement. Les relevés montrent de fortes rafales, mais pas excessives. Cependant, vu leur dispersion, il est certain qu'ils n'ont pas enregistrés les plus violentes bourrasques.

Grêlons récoltés à Lobbes, dans l'est du Hainaut. Auteur: C. Tournay.



L'activité électrique n'a pas été en reste, comme le montre la carte ci-dessous qui reprend les impacts enregistrés entre le 13 à midi et 14 à midi. L'IRM a comptabilité environ 30 000 éclairs au-dessus de la Belgique. Ce chiffre est important, mais pas extrême. A titre d'exemple, le 28 juin 2011 a connu environ 80 000 éclairs belges.



Observations 

Montigny-le-Tilleul (sud-ouest de Charleroi)

Vers 14h30, les premiers cumulus bourgeonnent dans un air étouffant de moiteur. Néanmoins, ils ne parviennent pas à évoluer jusqu'au cumulonimbus. Il semble manquer un peu de dynamique et, de fait, la ligne de convergence n'est pas encore là. Mais vers 15h15, l'un d'entre eux finit par évoluer en orage, mais très faible vu qu'il ne dure qu'un gros quart d'heure en ne donnant que quelques coups de tonnerre. Le ciel s'éclaircit et l'air se réchauffe à nouveau.

Aux alentours de 17h30, des cumulus s'élèvent à vue d'oeil vers le sud-est, en direction de Walcourt, et le ciel s'assombrit rapidement. Un orage finit par se déclencher à une dizaine de kilomètres et adopte très vite un caractère intense: le tonnerre est continu et bruyant et le radar montre de très fortes précipitations. L'orage passe ensuite à quelques kilomètres au sud-ouest, en restant intense et en donnant une bonne averse. Par contre, aucun éclair ne se montre.

Tandis que celui-ci s'éloigne, le ciel devient noir à l'horizon sud, et un semblant d'arcus se forme à quelques kilomètres. Le vent commence à souffler avec insistance tandis que ce qui arrive du sud se renforce violemment et forme un véritable barrage de précipitations dans lesquelles scintillent des flashes d'éclairs en continu.


Peu après 18h00, l'orage est très proche et le vent souffle en violentes rafales. L'activité électrique est impressionnante, surtout vers Thuin où le ciel prend des teintes livides (vert et gris), aspect renforcé par la violence de l'activité électrique intranuageuse qui éclaire de violet cet ensemble. La séquence suivante est tirée d'une vidéo, la qualité n'est pas optimale. Mais l'on remarque bien l'arrivée de l'orage avec surtout le noyau de très fortes précipitations (pluies et grêle) qui tombent vers Thuin et Lobbes.




Durant son passage au zenith, l'orage se fait très intense avec de fortes pluies soufflées en rafales violentes. L'activité électrique est presque entièrement composée d'intranuageux qui éclairent brillamment les nuées au zénith, à raison d'un par seconde, parfois plus! Les précipitations sont à ce point intense que des accumulations d'eau commencent à se former, faute de pouvoir être évacuées par les égouts qui saturent. Heureusement, le QCLS ne s'attarde qu'un petit quart d'heure, et commence à s'éloigner vers le nord-ouest. C'est à son arrière que les éclairs commencent à se montrer, soit sous la forme de violents coups de foudre positifs, soit sous la forme d'internuageux:



Passé 18h45, l'orage quitte définitivement la région.

Profondsart

La Province du Brabant Wallon, qui semblait en première phase en bordure de l’axe orageux, profita d’une dynamisation de la ligne de convergence au fur et à mesure du début de soirée. En effet, un foyer orageux se constitua dans la région de Charleroi et permit à l’axe orageux présent sur les Flandres et l’Ouest du Hainaut de s’étendre vers l’Est. Parallèlement, des cellules orageuses de prime abord isolées se formèrent à l’Est de Namur. Au milieu, une simple masse pluvieuse, un « trou » dans la dynamique orageuse. Cette situation ne pouvait perdurer.

En effet, au fil minutes, l’axe hennuyer tendit un « pont » vers les cellules namuroises et c’est finalement tout un axe qui se forma depuis le Westhoek jusqu’à l’Est de Namur, avec différents foyers de plus grande activité. L’un d’entre eux se constitua sur le Namurois, et remonta vers le Nord-Nord-Ouest. Depuis ma position, le ciel s’obscurcit mais c’est surtout le vent qui commença à se lever. L’axe orageux, tel qu’il fut détecté par le radar, semblait d’abord mince. Tout au plus quelques kilomètres. L’offensive devait donc être courte. Le tonnerre se fit progressivement entendre et les premiers éclairs furent visibles. Cependant, comme l’indique bien la capture de l’application Blitzortung, la plus grosse activité électrique se concentra sur l’Est du Brabant Wallon, à l’Est de ma position. Dans la vidéo ci-dessous, cette tendance est assez nette : peu de coups de foudre autour de ma position, mais des flashs plus nombreux dans la direction Est.



Au passage de l’axe orageux, ce sont évidemment de fortes pluies qui s’abattent sur ma position, mais le vent, bizarrement, se calme. Aucune grêle n’est enregistrée. Les flashes continuent longuement, et ce passage dure plus longtemps que pressenti. A la fin de celui-ci, alors que j’avais précautionneusement éteint mon ordinateur, je le rallume et constate un brutal élargissement de l’axe orageux sur ma position, s’étendant à une trentaine de kilomètres. Il est donc remarquable que la ligne de convergence, d’abord concentrée sur les départements français de l’Ouest, les Flandres belges, et le Hainaut Occidental, a vu sa dynamique s’étendre vers le pays de Charleroi et a, grâce à la naissance de cellules orageuses namuroises, pu se refermer sur le centre du pays, avec des dégâts aussi enregistrés dans la région bruxelloise.



Vos photos

Vous avez été quelques-uns à nous faire parvenir vos photos.

Arrivée d'un acus à Westende. Auteur: A. Fetteke

Eclair internuageux à Ramillies. Auteur: F. Nicolas.

Coup de foudre à Villers-le-Bouillet. Auteur: G. Schroeders.

Cellule orageuse en développement à Gourdinne. Auteur: H. Vicenzi

Séquence d'éclairs à Horion-Hozemont. Auteur: A. Roland.

Coup de foudre à Chênée. Auteur: J. Gauthier.

Coup de foudre à Crisnée. Auteur: P. Lottin.

Sources: Meteo France, IRM, Keraunos, Blitzortung, KNMI...

samedi 8 août 2015

Double salve orageuse du 7 août 2015

Comme indiqué dans le titre, les orages ont frappé nos régions en deux fois: la première dans la nuit du 6 au 7 et la seconde en soirée du 7, après une journée du 6 très estivale (températures maximales de 26 à 30°C).

Nuit du 6 au 7 août

Les orages étaient attendus, mais les modélisations prévoyaient des intensités raisonnables. Au final, ce sont de forts orages qui ont concerné un axe allant de Chimay au nord-ouest de Liège via le Namurois. Aussi bien les cumuls de précipitations que les cartes d'impacts de foudre montrent l'étroitesse de cet axe. Les quantités de pluie relevées varient parfois fortement sur de petites distances, notamment dans l'Entre-Sambre-et-Meuse. Un deuxième axe formé en fin de nuit a léché les Hautes Fagnes en concernant l'ouest de l'Allemagne.



Ces orages ont été initiés par l'apparition d'une petite ligne de convergence en travers de la Belgique. Les différences de température de part et d'autre étaient suffisamment marquées pour que nous puissions la considérer comme un pseudofront ondulant. En effet, dès la fin de l'après-midi, le vent de nord-ouest puis de nord a poussé de l'air plus frais depuis les côtes vers l'intérieur des terres, jusqu'à rejoindre le centre de la Belgique. En plus de cela, l'arrivée d'une petite dépression thermique par le sud a fait tourner le vent au nord-est sur le sud-est de la Belgique, ramenant ainsi de l'air chaud et forçant la collision des deux masses d'air, d'où la formation de la ligne de convergence/pseudofront. La limite ainsi formée sert de "rail à orages", ceux-ci se déplaçant en suivant le front, guidés par le flux en altitude qui était alors de sud-ouest. De plus, un noyau de divergence dans ces courants d'altitude a provoqué un forçage, soit un appel d'air ayant entraîné l'ascension de l'air. L'analyse de surface de 2h00 montre le pseudofront en travers de la Belgique, ainsi que la petite dépression sur le nord-est de la France.


C'est entre minuit et 1h00 du matin que tous les facteurs se mettent en place, et la réaction ne se fait pas attendre avec la rapide apparition de foyers orageux.


Une heure et demi plus tard, un axe orageux (train d'orages) s'est constitué le long de la convergence, de telle sorte que les cellules défilent sur les mêmes régions. Ainsi, l'Entre-Sambre-et-Meuse est concernée par des orages multicellulaires intenses accompagnés d'une forte activité électrique (parfois un éclair toutes les deux à trois secondes). De la grêle est également signalée du côté de Chimay. D'autres orages plus sporadiques sévissent plus à l'est, sur le nord du massif ardennais, la Famenne et le Condroz.


A 3h25, l'axe est toujours sur les mêmes régions, et se met également en place vers le nord-est.


Le déplacement du système reste très lent puisque à 6h00 du matin, il vient à peine de quitter le sud-est de l'Entre-Sambre-et-Meuse en faiblissant. Par contre, il continue de donner de bonnes intensités sur la province de Liège.


Quelques photos ont été prises par Info Meteo depuis Montigny-le-Tilleul. La plus grande part de l'activité électrique était intranuageuse.



Certains de nos lecteurs ont eu par contre plus de chance!

Coup de foudre à Ramillies (F. Nicolas).

Eclair internuageux à Villers-le-Gambon (O'Neill Keegan).

Soirée du 7 août

Cette deuxième salve était vue plus intense par les différents modèles, dont le français Arome récemment rendu libre d'accès et dont il faut souligner la très bonne prévision! Sur base de cela, Info Meteo émettait en fin d'après-midi un avis d'orages intenses pour une grande partie du sud-est de la Belgique ainsi que le nord-est du département des Ardennes.


Les cumuls de précipitations permettent de constater que les zones les plus touchées furent globalement celles qui avaient été pointées dans l'avis.

Il en va de même pour les impacts de foudre. Les concentrations ont été très importantes là où on sévit les plus gros orages: d'une part sur un axe Rocroi - Dinant - Andenne et d'autre part sur l'est du département des Ardennes et la région de Bouillon. L'activité électrique fut de fait très importante avec par moment des phases de successions ininterrompues de décharges.


Par rapport à la situation de la nuit précédente, peu de choses ont bougé. Une dépression se trouve toujours sur le nord-est de la France où stagne de l'air très chaud (30-35°C), et le pseudofront est maintenant représenté comme un vrai front ondulant sur le sud-est de la Belgique, jouant le rôle de convergence des vents. La zone de conflit se trouve donc là, et est de plus surplombée par des diffluences du Jet.


Lors du lancement de l'avis à 18h30, deux zones orageuses se présentaient aux portes de nos régions: une à l'ouest du département des Ardennes (faible à modérée) et une autre bien au sud-sud-est de ce même département (forte). Pourtant, c'est la zone entre ces deux orages qui nous intéressaient puisque c'est là que devaient s'initier les cellules les plus intenses. A 20h20, c'est ce qui commence à être observé avec une multiplication des orages sur le département des Ardennes.


A 21h15, des orages très entraînés occupent ainsi le sud de la zone soumise à l'avis. Deux orages se font particulièrement remarquer: un entre Couvin et Dinant et l'autre, violent, entre Sedan et Bouillon. Plus tôt, un autre fort orage concernait la région de Gedinne.


Vers 22h00 l'activité électrique générée par deux orages (sud de Liège et ouest de Bastogne) est particulièrement impressionnante. Dans le même temps, un axe très actif se maintient plus à l'ouest, entre Rocroi et Dinant, tandis qu'une autre orage éclate sur le Namurois. Il est possible que l'orage près de Bastogne ait à ce moment pris la forme d'un bow echo, mais cela reste à confirmer.


Une heure plus tard, le gros de l'activité commence à migrer vers l'Allemagne, tandis que l'orage venant de Bouillon s'affaiblit sur la région de Vielsalm. On note toujours cet axe Rocroi - Dinant - Andenne, avec débordements vers Beauraing.


Une région n'avait jusque là pas été touchée: la Lorraine belge. C'est chose faite avant minuit avec l'apparition d'orages sur et au sud de cette zone. L'axe Rocroi - Andenne persiste encore, mais dans l'ensemble l'activité est en baisse, surtout que les plus gros orages se trouvent alors sur l'ouest de l'Allemagne.


La plupart des orages disparaîtront dans les heures suivantes, l'activité devenant pratiquement nulle vers 3h00 du matin.

Info Meteo se trouvait au lac de la Plate Taille (Froidchapelle) pour observer le passage lointain des orages de l'axe Rocroi - Andenne.



Dans l'ensemble, cette dégradation orageuse fut assez importante, probablement un peu en-deçà de celle du 5 juin. Néanmoins, elle ressort très bien d'une saison orageuse 2015 assez faible.