lundi 26 janvier 2015

Offensive hivernale du 24 janvier 2015

Ce samedi 24 janvier a été marqué par la deuxième offensive sérieuse de cet hiver 2014-2015. La première remontait au 27 décembre et avait essentiellement concerné une large bande centrale de la Belgique: ainsi, l'axe Bruxelles - Charleroi - Couvin avait reçu jusqu'à 15 cm de neige localement, tandis que l'est du pays était davantage épargné. Cette fois-ci, ce sont justement les provinces de Namur, de Liège et du Luxembourg qui ont vu tomber les plus grandes quantités de neige. De plus, dans le cas présent, des intermèdes de pluie verglaçante sont survenus, rendant la situation très délicate. Cet article revient sur la prévision de l'événement, la complexité de la situation atmosphérique et le déroulement de l'épisode.

Situation atmosphérique

Le 23 janvier, la veille de l'épisode, nous sommes situés dans une masse d'air hybride, teintée d'origines à la fois maritimes et continentales, le tout porté par un flux mou faisant stagner cet air sur nos régions. En cette journée du 23 justement, les températures restent négatives en de nombreux endroits. Ceci va avoir une importance particulière, puisque c'est sur cet air froid caractérisé par des températures négatives que va venir buter la perturbation.

Analyse de surface à 13h00 le 23 janvier.

Dans l'après-midi du 23 janvier, la dorsale anticyclonique qui recouvrait l'Europe Occidentale s'affaiblit rapidement face à la perturbation traversant les Iles britanniques. Le secteur chaud (le triangle formé par le front froid et le front chaud et dont le sommet se trouve entre l'Irlande et le Royaume-Uni) est encore suffisamment ouvert pour véhiculer de l'air doux en altitude. Cet air, avec une température légèrement positive vers 1000 mètres, peut donc autoriser la formation de précipitations liquides tombant sur des sols bien gelés. La menace des pluies verglaçantes se fait donc bien présente. 

La carte ci-dessous montre les températures à 850 hPa, vers 1500 mètres donc, et ce à 1h00 le 24 janvier. Le secteur chaud de la perturbation est alors bien visible avec une  vague d'air à température positive (couleur verte) se situant aux portes de la Belgique. Ceci, combiné aux températures positives à faible altitude sur la Mer du Nord ne pose à priori pas de problème.

Températures à 850 hPa à 1h00 le 24 janvier.

Il en va tout autrement au-dessus des terres... En effet, l'air froid de basse couche, déjà présent en cours de journée du 23, est resté stable. En d'autres termes, il gèle sur la Belgique, le Nord-Pas-de-Calais et le département des Ardennes, alors qu'une langue d'air à température positive vers 1000 mètres d'altitude s'apprête à traverser ces régions. Le résultat est donc assez simple: de la pluie ou de la neige fondante gorgée d'eau tombant sur un sol à température négative, entraînant sa mise en gel...

Cependant, un autre facteur doit être pris en compte. Comme le montre la carte ci-dessous, similaire à la précédente mais pour 13h00 cette fois, la langue d'air doux a disparu, et nos régions se retrouvent ainsi avec un air bien froid à tous les étages. Dans cette situation, c'est de la neige qui doit tomber.

                                           Températures à 850 hPa à 13h00 le 24 janvier.

La situation est donc compliquée: le risque de pluie verglaçante va se réduire au fur et à mesure de l'avancée de la perturbation dans les terres. Les modèles peinent alors à savoir où, rendant la prévision très délicate...

Analyse de surface à 13h00 le 24 janvier: la perturbation achève de traverser la Belgique, le secteur chaud ayant disparu.


Prévisions de l'événement

L'avis de neige/verglas réalisé par Info Météo fut complexe à établir, compte tenu justement de cette transition de la pluie verglaçante vers la neige seule et des incertitudes des modélisations. L'avis proposait quatre scénarios, un pour chacune des quatre parties du territoire ainsi découpé.

Avis lancé par Info Météo au soir du 23 janvier.

En résumé, la moitié est de la Belgique devait s'attendre à de la neige, parfois en bonne quantité (Haute Belgique), mais avec un intermède de pluie verglaçante, le tout dans un schéma assez complexe. La moitié ouest de la Belgique, le Nord-Pas-de-Calais et le département des Ardennes devaient s'attendre à peu de neige et surtout de la pluie verglaçante.

En parallèle, signalons que l'IRM et Météo France avaient sorti l'alerte orange pour les territoires placés sous leurs prérogatives. Il fallait donc s'attendre à une situation assez sérieuse et à pas mal d'embarras sur les voies de communication.

Déroulement de l'événement

La perturbation est entrée sur nos régions dans la nuit du 23 au 24. Sur l'extrême ouest de la Belgique et du Nord-Pas-de-Calais, les précipitations ont été essentiellement liquides, tombant sur des sols non-gelés sauf localement. 


En s'avançant dans les terres, les précipitations ont rencontré de l'air de plus en plus froid, avec des températures négatives dans les basses couches de la troposphère. Ainsi, les pluies sont devenues verglaçantes, en premier lieu sur l'ouest du Hainaut, la Flandre Orientale et la province d'Anvers.


En même temps que le verglas se formait sur le centre de la Belgique et l'est du Nord-Pas-de-Calais à la faveur de la langue d'air doux vers 1000 mètres d'altitude, de l'air plus froid déboulait à l'arrière de cette langue et englobait la partie arrière de la perturbation. Dans cette partie, les précipitations sont dès lors devenues solides, menant à la formation de neige qui tenait au sol à l'est d'une ligne Gand - Péruwelz. Au fur et à mesure que l'on se dirigeait vers l'est, la neige tenait d'autant mieux au sol, accrochant sur les sols gelés où la pluie avait parfois au préalable déposé une couche de glace. Sur le centre de la Belgique, ce cocktail a été responsable d'importants désordres sur le réseau routier. A noter que des orages sont observés dans cette perturbation, en raison de l'importante dynamique générant un front très turbulent.


Plus tard, sur l'est de la Belgique et le département des Ardennes, la langue d'air doux a été pratiquement résorbée, de telle sorte que l'intermède de pluie verglaçante s'est réduit avant de disparaître. C'est donc essentiellement de la neige qui est tombée sur ces régions.

L'image radar de 8h00 montre très bien la séparation de la perturbation en deux fronts occlus. Tandis que le premier amène un peu de pluie verglaçante mais surtout de la neige sur l'est de la Belgique, le deuxième, situé dans l'air froid, génère de nouvelles chutes de neige sur le centre du pays et l'est du Nord-Pas-de-Calais.


A partir de 10h00, la neige a commencé à se retirer du centre du pays, tandis que le massif ardennais recevait encore de fortes intensités. Derrière la perturbation, le flux virant à l'ouest a ramené sur le pays un air bien plus doux que celui qui se trouvait à l'avant de la perturbation, provoquant le dégel et menant à un rapide retour à la normale sur le réseau routier.


Vers midi, la perturbation a fini par gagner l'Allemagne et le Luxembourg, menant à un retour au calme en Belgique.



Observations

Compte tenu de la présence et de la durée des pluies verglaçantes, les épaisseurs de neige ont été irrégulières. Sur le réseau officiel, les quantités suivantes ont été relevées:

10 cm de neige à Bierset (Liège)
9 cm au Mont-Rigi (Waimes)
8 cm à Humain (Marche-en-Famenne)
7 cm à Florennes

Walhain sous la neige. Auteur: S. Brux.

D'une manière générale, des épaisseurs de plus de 10 cm ont été observées en provinces de Namur, de Liège et de Luxembourg. Localement, la couche de neige a pu atteindre 15 cm. Le Hainaut, le Brabant Wallon et Bruxelles ont connu des hauteurs de neige plus modestes, allant du saupoudrage à environ 7-8 cm.

La neige est tombée également à Namur. Auteur: L. Lili.

Plus à l'ouest, la neige n'aura été qu'éphémère, à la fois en raison de l'importance des pluies verglaçantes, mais aussi à cause de l'arrivée rapide du dégel à la fin de la perturbation. Ces pluies verglaçantes ont été réellement dangereuses dans la région de Bruxelles et le Brabant Wallon où une belle couche de glace s'est parfois déposée sur les chaussées.

Abondante couche de neige à Seraing. Auteur: M. Di Salvo.


Phasage des précipitations et observations post-événement

Signalons aussi quelques observations intéressantes pendant et après l'épisode. Durant le passage de la perturbation hivernale au nord de Ottignies, plusieurs phases ont pu être détectées, malgré l'obscurité.

1) A partir de 5h00, de la pluie verglaçante qui se matérialisait plutôt par des granules de glace, avec un bruit métallique très caractéristique, très différent du bruit sourd de la simple pluie ou du silence de la chute de neige. 30 minutes d'avant-garde du front où les précipitations étaient relativement faibles.

2) De 5h30 à 6h30, un premier corps modéré à intense du front provoque une chute de neige brutale avec un paysage qui blanchit presque instantanément. Parfois, des granules de glace se mélangeaient encore à la neige, ce qui donnait un mélange très particulier sans qu'il n'y ait fonte.

3) De 6h30 à 7h30, une zone de précipitations plus faibles envahit le Brabant Wallon, avec de nouveau des granules de glace très majoritaires. La couche blanche augmente peu en épaisseur.

De 7h30 à 9h00, le deuxième corps de la perturbation apporta plusieurs centimètres de neige avec un paysage chaque minute plus blanc qui apparut à la lumière du jour se levant. Une ambiance très grise-blanche emplit la province centrale, avec un éclair et un coup de tonnerre en prime.

A chaque corps modéré à intense, les précipitations furent donc neigeuses alors que les corps faibles furent de granules de glace. Notons que la pluie verglaçante purement liquide et se congélant au sol ne fut a priori jamais observée, ce qui montra que la couche de températures négatives au niveau du sol fut suffisamment épaisse pour recongeler la pluie formée dans les couches moyennes, à l'opposé de régions situées plus à l'Ouest. La forme neigeuse des précipitations dans les corps plus intenses démontra aussi que l'intensité permit un refroidissement de la masse d'air par absorption de la chaleur.

Vidéo réalisée par Info Météo au lever du jour, à la fin de la perturbation.

Le lendemain, dimanche 25 janvier, un déplacement depuis Ottignies vers Bruxelles, Louvain, et Liège nous permit de faire d'autres observations intéressantes. Alors que le paysage était encore partiellement blanc en Brabant-Wallon malgré les températures positives durant l'après-midi du samedi, la neige avait presque complètement disparu dans la capitale et sur le tronçon vers Louvain. A la sortie de la ville flamande, le paysage commença à s'enneiger sans que la couche ne soit vraiment uniforme et parfaitement blanche. A partir de Landen-Waremme, les choses changèrent assez radicalement avec un paysage totalement hivernal. Dans la descente vers le centre de Liège, celui-ci changea peu malgré l'altitude plus basse et l'activité urbaine.

Nous pouvons conclure de ce déplacement que la couche de neige, moins épaisse à Bruxelles que dans le Brabant, avait déjà eu le temps de fondre. En effet, la capitale s'était trouvé dans une zone moins favorable à de la neige de longue durée, et reçut effectivement environ 3 centimètres de neige au lieu du double dans le Brabant. La neige avait donc pu fondre. Au-delà de Louvain, le secteur chaud s'était déjà plus refermé et permit donc à un paysage nettement plus hivernal de subsister en Hesbaye par rapport au Brabant-Wallon. Enfin, notons que même le centre de Liège était encore hivernal malgré une altitude plus basse, preuve que ce n'était pas la température des basses couches qui avaient été déterminantes, mais celle des couches moyennes, plus froides vers l'Est que dans le centre.

Retour sur la prévision et explications à micro-échelle

Nous avions affaire à une situation complexe qui a rendu la prévision extrêmement difficile. Ceci était dû à la présence de l'air doux en altitude mais dont l'importance se réduisait au fur et à mesure des heures. Il était dès lors relativement délicat de déterminer quelles zones allaient être concernées par la neige, par la pluie verglaçante ou par les deux phénomènes. 

Les observations montrent que la zone concernée par la neige a été plus étendue que prévue. La zone en bleu foncé aurait dû être davantage étendue vers l'ouest, jusqu'à une ligne Erquelinnes - Tubize. La zone en blanc aurait également dû englober le sud-est de la province de Namur ainsi que la province de Liège. En effet, dans ces régions, très peu ou pas de pluie verglaçante a été constatée. Ceci s'explique par le fait que le secteur chaud de la perturbation s'est refermé plus tôt que prévu par les modèles, et donc que la langue de températures positives vers 1000 mètres a complètement disparu une fois celle-ci arrivée sur l'est du pays. Néanmoins, malgré ces imprécisions, la prévision s'est révélée être satisfaisante au regard de la complexité de la situation.

Conclusions

Cette deuxième offensive sérieuse de l'hiver 2014-2015 aura donc été un épisode surprenant, mais d'assez courte durée. La situation atmosphérique qui lui a été associée était également intéressante à plus d'un titre, et très représentative des épisodes que nous connaissons cet hiver, à savoir une situation claire pour la Haute Belgique, mais borderline pour la Basse et Moyenne Belgique étant donné l'intervention d'air doux en altitude. 

Sources: Infoclimat, KNMI, Met Office, Météo Services.

samedi 24 janvier 2015

2014, année des records, et 2015 est encore à venir....

La nouvelle a été commenté dans les divers journaux, l'année 2014 est officiellement l'année la plus chaude qu'il soit à la surface du globe. Cependant, il ne s'agit pas du seul seul record cette année. L'Europe a également connu une année extraordinairement chaude, marquée par la succession de violents épisodes pluvieux. En Californie et au Brésil, la sécheresse a durement frappé. Tout ces événements traduisent l'évolution rapide de notre climat, et menacent de plus en plus la stabilité de notre civilisation. Ici, nous ramasserons tout les records qui sont tombés, afin de vous présenter une vue synthétique de l'année météorologique 2014.

Anomalies des températures en surface par rapport à la normale du 20ème siècle. Crédit image, Goddard Institute for Space Study, National Aeronautic and Space Administration : GISSTEMP NASA


jeudi 22 janvier 2015

Les orages d'hiver/de neige, si ça existe!

Appelé thundersnow en anglais (on ne peut être plus clair), l'orage de neige passe pour un mythe dans l'imagination du plus grand nombre, comme un phénomène réellement saisissant et incroyable quand le quidam finit par en être témoin.

Pourtant, ce phénomène n'est pas extraordinaire en soi, bien que plutôt rare. Pour le météorologue averti, il n'est qu'un orage classique au cours duquel la neige atteint le sol, et est donc un événement typiquement hivernal ou printanier précoce. Pourtant, il peut s'accompagner d'éléments qui peuvent en déboussoler plus d'un et engendrer rapidement des situations très délicates.

Orage de neige. Auteur: B. Daujat.

Il faut partir d'un premier concept, celui d'orage d'hiver. En effet, et contrairement à certaines idées, un orage peut survenir à n'importe quel moment de l'année pourvu que les conditions d'instabilité, de différences verticales de températures et de dynamique (vents forts en altitude, cisaillement...) soient remplies. Ces orages hivernaux surviennent généralement dans un contexte de traîne, dans une masse fraîche derrière un front froid, avec la présence d'air glacial en altitude. Le passage d'un creux d'altitude (axe de pressions plus basses que le voisinage et rempli d'air encore plus froid) peut accentuer l'intensité des orages. Ils peuvent parfois se produire sur le front froid lui-même lorsque ce dernier est très actif.

mardi 13 janvier 2015

Evénements 2015

Retrouvez-ci les chroniques météorologiques de cette année 2015! Cette page reprend les infographies publiées par Info Météo, un résumé de l'évolution météorologique et les liens vers les articles et dossiers spéciaux! 

N'hésitez pas à cliquer sur les infographies pour une lecture facilitée. 

Janvier

Le 14 janvier, la saison des orages est inaugurée en fanfare: en cours de nuit du 13 au 14, une ligne de grain se forme sur le centre de la Belgique et traverse les provinces de l'est (les orages sont particulièrement actifs à Liège). Dans le courant de la journée du 14, une nouvelle ligne de grain déclenche des orages de neige sur une bonne partie de la Wallonie.

jeudi 1 janvier 2015

Images satellites

Sur le site sont présentées différentes images satellites. Cette page permet d'avoir un aperçu de comment interpréter ces données, et de fournir d'autres liens intéressants. Voir aussi notre Atlas des nuages :

http://infometeobelgique.blogspot.fr/2015/02/atlas-des-nuages.html

L'image satellite infrarouge :

Le lien permanent est le suivant, vers le site meteo60.fr :

http://www.meteo60.fr/satellites/animation-satellite-ir-france.gif

Ci-dessous une vue de l'image le 17 Avril 2014. Les images satellites montrent la température vu depuis l'espace de la couche qui émet le rayonnement. En clair, les nuages ou le sol en cas de ciel clair. La palette de couleur va du gris sombre pour les températures les plus chaudes au rose pour les températures les plus froides. Les nuages bas (stratocumulus essentiellement) apparaissent en gris blanc. Les images infrarouges sont cependant mal adaptés à l'étude des nuages bas. Les nuages de moyennes altitudes ressortent plutôt en vert. Cependant, l'interprétation est importante. Le 17 Avril par exemple, les points verts sur la mer du Nord représentent en réalité des cumulus congestus porteur d'averses pour les Flandres. Un premier indice est l'aspect moucheté et intermittent des tâches de couleurs vertes, qui indiquent des cellules isolés. Il convient également de comparer les images entre elles. En effet, l'image visible et l'animation radar sont également suggestive de cellules convectives. Par contre, les couleurs vertes à bleues sur la France indiquent bien plus probablement des altocumulus et altostratus. Cependant il s'agit là du corps d'une perturbation avec des pluies associées, et non de nuages de moyennes altitudes isolés. Enfin, les nuages de haute altitude ressortent en violet et rose. Il s'agit souvent de cirrus et cirrostratus, comme c'est le cas ici sur l'ensemble de l'Europe. Cependant, l’interprétation reste importante à nouveau. Sur les Alpes, quelques cumulonimbus sont noyés dans la masse.




L'image satellite visible

Elle n'est pas une photo vue de l'espace. Il s'agit à nouveau d'une histoire de rayonnement. C'est la lumière visible de Soleil qui, réfléchit par la surface ou les nuages, repart dans les mirettes du satellites. En blanc brillant apparaissent les nuages d'altitudes, en blanc plus "sombre" les nuages bas.


Autres images satellites


L'EUMETSAT est l'Agence Spatiale Européenne, et elle fournit des images véhiculant une grande quantité d'informations. Les images sont accesibles à cette adresse :

http://www.nwcsaf.org/HD/MainNS.jsp

L'image la plus simple à interpréter :







Il s'agit de l'altitude du sommet des nuages. La petite difficulté est qu'il s'agit d'une altitude exprimé en niveau de pression. Pour les ordres de grandeurs, à 1000 hPa c’est la surface. À 850 hPa, l'altitude est d'environ 1 400 mètres. À 700 hPa, l'altitude est d'environ 3 000 mètres. À 500 hPa, l'altitude est environ de 5 500 mètres. À 300 hPa, l'altitude est d’environ 9 100 mètres. Et à 200 hPa, elle est d'environ 11 600 mètres.
Ainsi, plus la couleur est bleu, plus le nuage a un sommet qui est haut. Par contre, le nuage peut être haut et peu épais, ce sera alors un voile d'altitude. Ou être haut et épais, ce sera un nuage d'orage...

Et une image un peu plus technique qui est la classification nuageuse :  


En vert, ce sont les terres. Et en noir, ce sont les océans. Jusque là tout va bien... C'est après que cela se complique.
En violet, ce sont les régions où l'algorithme n'a pas réussi à déterminer la nature des nuages.
En orange foncé et orange, ce sont les nuages bas. Pour l'orange foncé, il s'agit parfois de brouillard. En général sous ces nuages, le temps parait bien humide et gris.
En bleu clair et bleu foncé, ce sont les nuages d'altitudes. Il s'agit par exemple de ce qu'on appelle un voile d’altitude. Ou bien encore, il peut s'agir des traînes de condensations des avions.
En beige, ce sont les nuages épais. Ce sont souvent des cumulonimbus (nuage d'orage) ou des nimbostratus. Ces nuages donnent généralement des précipitations, potentiellement fortes.
En jaune, ce sont les nuages de l'étage moyen. Ils donnent des ciels assez différents d'une situation à l'autre.

 Et nous vous proposons également une image des vents à la surface ces océans depuis le site de la KNMI :

http://www.knmi.nl/scatterometer/ascat_osi_25_prod/ascat_app.cgi





L'interprétation est ici immédiate. La disponibilité des données peut cependant varier selon les différents passages du satellite.

Images radars


Les images radars permettent de visualiser les précipitations. En général, les images utilisent une palette de bleu évoluant vers le violet / rouge. Plus les précipitations sont fortes, plus la couleur se décale vers le violet / rouge donc. L'image radar peut cependant présenter de multiples artefacts et doit être interpréter.
La neige et la bruine ont en général une faible capacité à réfléchir le faisceau du radar. Ainsi, ces deux types de précipitations peuvent être mal vu par le radar. Malgré des intensités faibles au radar, on peut se retrouver avec une solide chute de neige ou une bruine qui mouille bien. Le problème est inverse en cas d'orage. La grêle donne des intensités sur l'image radar qui sont très élevées. Ainsi, en situation instable, les points rouges sont généralement indicateur non pas de fortes pluies mais de grêle. Le radar est par contre bien adapté pour les pluies stratiformes des corps perturbés.
Pour les artefacts, il en existe de différents sortes. Le faisceau radar peut être réfléchi vers la surface et il apparait alors une portion d'anneau de réflectivité autour du radar par exemple.