samedi 30 décembre 2017

VAGUE DE FROID AUX USA

Pendant qu'il fait doux en Europe de l'Ouest (hé oui, le mois de Décembre va être proches à légèrement au dessus des normales de saison en moyenne mensuelles), et bien il fait doux aussi aux États-Unis... Cela n'empêche pas cependant le froid de se manifester ponctuellement. Ainsi, les basses températures et la neige à l'Est du continent nord-américain font actuellement la une. Nous allons tenté de vous expliquer un peu ce qu'il se passe... Pour l’anecdote, ce mot a d'abord pensé publier ce mot sur Facebook, mais étant bavard il a rédigé une tartine qui aurait été inadapté à ce média. Ce sera donc un article de blog qui parlera du froid aux USA. Cependant, il restera marqué par un style plus "réseaux sociaux" avec peu de références aux études scientifiques et des références aux autres médias et réseaux sociaux.

Actuellement, l'Amérique du Nord est coupé en deux. Très doux, voire chaud à l'Ouest, froid à l'Est. Ainsi la Californie traverse une nouvelle année de sécheresse. Une des conséquences fut les feux de forêts gigantesques de Octobre et Décembre. Les choses vont un peu mieux ces derniers temps sur le front des incendies, mais tant que la sécheresse persiste le risque persiste. Ainsi, le Thomas Fire a finalement été maîtrisé, et sa superficie a été évaluée à 282 000 acres approximativement (1 140 km² environ). Il n'en reste pas moins que c'est le plus vaste incendie en Californie depuis le début des comptes, en 1932. Et il fait suite aux incendies absolument catastrophiques d'Octobre, provoquant d'immenses dégâts. Dans le même temps, des villes de l'Est des États-Unis sont ensevelis sous la neige. Ainsi, la ville d'Erie en Pennsylvanie a cumulé 86 centimètres de neige en 24 heures et plus d'un mètre cinquante en trois jours...

vendredi 29 décembre 2017

Edito du 29 décembre 2017: revenir aux fondamentaux

Info Meteo termine ainsi sa quatrième année civile d'existence. Aujourd'hui, le modeste projet initial est devenu l'une des pages météo les plus lues de Belgique et un blog dont l'audience a largement dépassé les frontières, allant jusqu'à être autant lu en France que chez nous. Une telle ascension est le fruit d'un travail colossal mené ces dernières années. J'en profite ici pour remercier tous les membres de l'équipe, présents et moins présents.

Néanmoins, la croissance de notre audience ne doit pas transformer le projet sympa de départ en une grande usine à gaz qui surfe sur son succès. De tels exemples sont malheureusement nombreux dans le grand monde de la météo amateur (et pas que ce monde-là d'ailleurs). Si bien évidemment, nous sommes enchantés d'être autant suivis, nous ne devons pas perdre de vue les grandes lignes qui ont fondé Info Meteo en avril 2013. Pour faire un parallèle avec l'économie, notre objectif est de rester la PME familiale avec une clientèle de grande entreprise.

dimanche 29 octobre 2017

Ophelia, sa transition extratropicale aux portes de l'Europe et le précédent Grace : l'invasion des Tropiques

 

Introduction


Il y a deux semaines, l'ouragan Ophelia a beaucoup fait parler de lui. Avoir un ouragan aux portes de l'Europe est en effet peu commun, et a pu surprendre. Cependant, Info Météo peut se vanter d'avoir un temps d'avance, car nous parlons depuis quelque temps déjà du changement climatique et de l'intrusion répétée de la zone tropicale en Europe. Nous avions particulièrement développé le sujet en 2016, quand Stéphanie avait frappé le pays basque.

Rappelons brièvement que les cyclones tropicaux portent des noms multiples en fonction de leur lieu de formation et de leurs vents. Dans l'Atlantique, une dépression tropicale avec des vents jusqu'à 33 nœuds (63 km/h) est une dépression tropicale. Si les vents sont supérieurs, on parle d'une tempête tropicale. Pour des vents d'au moins 64 nœuds (119 km/h), on parle d'ouragan selon l'échelle de Saffir-Simpson. Dans le Pacifique Nord-Ouest on parle de typhons avec des seuils de vent identiques. Ailleurs (dans l'Océan Indien et l'Océan Pacifique Sud) on parle de cyclone peu importe les vents. Malgré la multiplicité des noms, il s'agit toujours du même phénomène.

Pour l’Atlantique Nord et le Pacifique Nord-Est (les régions où on parle d'ouragans), les USA sont mandatés pour assurer le suivi des cyclones tropicaux. Plus spécifiquement, chaque pays concerné a bien sûr les moyens de suivre les cyclones tropicaux (et en particulier la France). Cependant c'est le NHC de Miami qui est responsable, officiellement, du suivi des cyclones dans l'Atlantique, et en particulier de donner toutes les six heures la position et l'intensité des phénomènes existants.

Nous développerons notre propos en plusieurs parties. Nous définirons de manière simple ce qu'est un ouragan. Puis nous ferons un peu de climatologie, en revenant sur un autre précédent qui avait marqué à l'époque, à savoir l'approche européenne de la tempête tropicale Grace en octobre 2009. Nous narrerons ensuite la vie et les œuvres d'Ophelia. Puis nous discuterons des implications d'un tel phénomène avant de conclure.

lundi 21 août 2017

Il y a trente ans, la catastrophe de Gerpinnes (24/08/1987)

Dans nos régions, si les orages causent régulièrement des dégâts, ils sont rarement meurtriers. Pourtant, il y a trente ans se produisait l'un des pires désastres attribués à un orage que notre pays ait connu. Au soir du 24 août 1987, des orages diluviens ravagent l'Entre-Sambre-et-Meuse et emportent malheureusement avec eux trois victimes dans les brutales inondations qui en découlent au sud-est de Charleroi. Dans cet article, nous relaterons les événements puis nous tenterons de cerner les conditions atmosphériques ayant permis à ces orages d'inonder le Pays d'Acoz.

Une grande partie des informations reprises ici est tirée d'un mémoire de fin d'étude (DESMEDTS I. : L'inondation de la Biesme à Gerpinnes et Acoz le 24 août 1987), consultable à la bibliothèque des Sciences de l'UCL à Louvain-la-Neuve. Ces informations ont été croisées avec celles tirées de nos propres recherches.

jeudi 17 août 2017

Compte rendu des orages du 15 août 2017


Vers 7h00, nous étions déjà "au poste" dans la région de Erquelinnes pour avoir arriver les orages éclatant sur le nord de la France. Mais comme nous le craignions, le lever du soleil a progressivement affaibli les foyers, de telle sorte que c'est un amas pluvio-orageux sans consistance qui a alors atteint la frontière, à peine agrémenté de quelques décharges.

Toutefois, les radars montraient une augmentation rapide de l'activité électrique sur l'ouest du département des Ardennes. Nous avons alors pris la N40 puis la N97 en direction de l'est. C'est entre Philippeville et Dinant que nous avons pu commencer à apercevoir sur notre droite à l'horizon l'énorme arcus de ce système qui se renforçait.

Arrivée à Waha près de Marche-en-Famenne sur le coup de 9h15. Le spectacle est dantesque.

 L'avant de l'orage observé depuis Waha (auteur: Info Meteo).

C'est un énorme arcus qui avale progressivement les reliefs de l'Ardenne, tandis que de réguliers coups de tonnerre étouffés roulent à travers la campagne. L'activité électrique est modérée et a diminué de moitié comme nous le signale un de nos collaborateurs effectuant le suivi par téléphone, et surtout concentrée vers Bertrix (qui se trouve à ce moment sous la partie la plus massive de l'arcus, tout à gauche de la photo). Cela n'empêche pas de belles chutes de foudre de se manifester par moments.

Chute de la foudre dans les environs de Waha (auteur: Info Meteo).

La forte impression que faisaient l'arcus et le ciel livide derrière celui-ci nous a un moment laissé nous attendre à quelque chose de costaud, mais l'information reçue sur la baisse de l'activité électrique a quelque peu fait baisser la garde. Effectivement, le passage de l'orage sera rapide et peu intense.

Par après, la volonté d'intercepter la partie sud de cet écho en arc qui passe de Bertrix à Bastogne nous amène du côté de la Barrière de Champlon d'où quelques éclairs sont visibles.

Coup de foudre vers Bastogne (auteur: Info Meteo).

En parallèle, nous remarquons quelques éclairs vers l'ouest, mais nous n'y prêtons pas attention. Pensant que l'offensive se termine, nous repartons de toute façon vers Marche-en-Famenne aux alentours de 10h25. Au niveau de Bande, une puissante chute de foudre se manifeste quelques kilomètres devant nous, depuis la zone dont nous observions les quelques éclairs plus tôt à l'ouest. Elle est bientôt suivie par d'autres. En quelques minutes, l'activité électrique devient réellement impressionnante, et nous remarquons immédiatement à notre gauche une épaisse zone de précipitations qui s'approche rapidement de la N4. Tout ceci semble engendré par une petite cellule qui se renforce brutalement au sud de Marche, interprétation qui sera confirmée par l'analyse des radars par après. 

Nous sommes alors littéralement bombardé par d'épais coups de foudre très ramifiés qui tombent dans le voisinage à intervalles de 10 à 15 secondes. Près de Charneux, nous rentrons dans un véritable mur d'eau, avec immédiatement la formation d'énormes flaques sur la N4 et une visibilité réduite à 200 mètres tout au plus. Cette concentration d'activité est d'autant surprenante qu'elle semble surgir de nulle part, mais les cartes d'impacts de foudre consultées par après montrent clairement que nous nous sommes retrouvés "au bon endroit au bon moment", lorsque la cellule s'est brutalement renforcée sur le secteur de Charneux.
 
Une grosse centaine d'éclairs détectés entre 10h35 et 10h40 alors que nous passons sur la N4 à Charneux (source: Lightningmaps).

Le temps de traverser Marche et de monter jusqu'au point de vue de Bonsin, et la cellule qui se déplace vers Durbuy s'était déjà affaiblie, ce qui met fin à cette première partie de la chasse.

En fin d'après-midi, les orages nous auront amenés près de Tenneville, mais le spectacle était loin d'être mirobolant. Ce n'est que dans le Condroz, au retour, que nous assistons à la naissance de la ligne d'orages du soir, dans un ciel fabuleusement chaotique où toutes les nuances d'orange était représentées! Couleurs chaudes du crépuscule au nord-ouest, le ciel qui devient violemment bleu-nuit au sud-est, et voilà les premiers éclairs qui déchirent l'obscurité.

 Crépuscule sur le Condroz, surplombé par un ciel bien instable et orageux (auteur: Info Meteo).

Nous remontons cependant vers Liège via Ouffet, et c'est en arrivant à Plainevaux que nous remarquons que la fréquence des éclairs a brutalement cru. Un orage intense à venir sur la Cité Ardente? Non, ce sera finalement une ligne d'orages stationnaire qui restera au sud de la ville, permettant aux festivités du 15 août de se dérouler sans incident lié à la météo.

mercredi 2 août 2017

Edito du 2 août 2017: Mais où sont passés les orages?

Le titre de cet article est volontairement un peu provocateur, mais reflète certaines interrogations et réflexions qui nous parviennent depuis plusieurs semaines, surtout de la part des amateurs d'orages. Le cru 2017 est-il moins fourni en orages actifs?

Je tiens cependant à redire ici ce que nous avons déjà dit à de nombreuses reprises: les amateurs d'orages ne cherchent en aucun cas les dégâts qui vont avec (ça va de soi). Il est donc normal que la grande majorité de nos lecteurs soient satisfaits du manque d'orages, surtout lorsque l'on a déjà expérimenté les conséquences néfastes qui en découlent. Même si certains dégâts sont accentués par l'aménagement du territoire et l'urbanisme - l'auteur de cet article travaillant dans le domaine, il est bien au fait de la chose - le but de ce billet n'est pas de faire un procès, mais de montrer que le manque d'orages de cette année n'est que relatif, et surtout variable à travers notre territoire.

samedi 29 juillet 2017

"D'un ex-trop, tu te méfieras" - Lorsque les cyclones interagissent avec la météo européenne

En été, le météorologue est souvent occupé par les orages, lorsqu'il n'apprécie pas les belles journées ensoleillées (même si c'est une passion prenante, il faut arrêter de penser à la météo à certains moments). Néanmoins, conforté par une série d'événements survenus depuis une dizaine d'années, il sait que la période qui va de août à octobre voit généralement survenir une autre "saison", celle de l'influence directe des cyclones tropicaux sur la météorologie européenne, voire belge.

Nous allons le voir, les conséquences du transit de ces vieux systèmes à proximité de nos régions sont diverses, et souvent générateurs de surprises. D'où cette méfiance à chaque fois que le cas de figure se présente.

dimanche 9 juillet 2017

Evénements 2012

Les informations ci-dessous ont été transférées depuis le site Hydrometeo auquel participait un membre d'Info Meteo.

1er janvier: La nuit du réveillon de la Saint Sylvestre a été la plus douce jamais enregistrée depuis le début des mesures à l'IRM. La température minimale relevée à Uccle est 10,4°C. Cette douceur remarquable s'observe en de nombreux endroits d'Europe Occidentale. En soirée, le temps s'agite: de fortes pluies acompagnées de bourrasques de vent liée à un front froid traverse la Belgique d'ouest en est.

3 janvier: la tempête Ulli traverse l'Ecosse, creusée en-dessous de 970 hPa. Elle est accompagnée d'un sting-jet qui fait grimper les rafales jusqu'à 169 km/h à Malin Head (nord de la république d'Irlande), 150 km/h à Islay dans le sud-ouest de l'Ecosse et 146 km/h à Glasgow. Les vents violents concernent également le nord-ouest du continent européen: les rafales atteignent 124 km/h à Boulogne et 127 km/h à la Hève en France, 104 km/h à Middelkerke et 115 km/h à Zeebrugge en Belgique. Les Pays-Bas, l'Allemagne et le Danemark sont également touchés.

3 janvier 2012 9h00 T.U. (source: Wokingham Weather).

5 janvier - tempête Andrea et ligne de grains
 
Les dépressions n'en finissent plus de se succéder sur l'Europe. Cette fois, c'est la tempête Andrea qui frappe la Grande-Bretagne, le Benelux, le nord de la France, l'Allemagne et la Suisse. Se trouvant au nord-est de l'Ecosse le 5 janvier à 0h00 TU, elle vire en direction de l'est-sud-est pour se retrouver sur le Danemark à 6h00 TU, creusée à 964 hPa. Elle ralentit alors sa course en progressant vers la Pologne. Elle provoque un épisode de vents violents à longue durée (parfois plus de 10 heures) dans les régions touchées, et s'acompagne d'orages parfois violents et grêligènes qui augmentent considérablement la vitesse du vent. Une telle ligne d'orages traverse la Belgique et le nord de la France en matinée.

En Grance-Bretagne, on relève 120 km/h à Leeds, 130 km/h à Shap et 148 km/h à High Bradfield, en plein milieu des terres.

En France, les vents les plus violents atteignent 101 km/h à Douzy (Lorraine), 102 km/h à Lille et à Saint-Quentin, 107 km/h à Rouen, 112 km/h à Calais, 113 km/h à Lillers (Nord-Pas-de-Calais), 123 km/h à Belmont (Alsace), 130 km/h au Cap Gris Nez et 136 km/h à Nordheim (Alsace).

En Belgique, les rafales sont à peine moins fortes: 87 km/h à Florennes, 97 km/h à Schaffen, 102 km/h à Koksijde, 108 km/h à Wavre et 122 km/h à Ernage. Certains cours d'eau sont en alerte crue dans le sud du pays (Semois, Lesse, Ourthe...). Un décès est à déplorer en Brabant Flamand.

Aux Pays-Bas, la mer déchaînée fragilise plusieurs digues, nécessitant l'évacuation des polders. Le vent y approche les 100 km/h.

5 janvier 2012 - 6h00 T.U. (source: Wokingham Weather).

Fin janvier à mi-février - Vague de froid et chutes de neige

29 janvier: C'est le premier jour d'une période beaucoup plus froide et enfin hivernale. Ce jour, les températures relevées dans l'après-midi sont négatives en de nombreux endroits, le tout sous un ciel couvert. De l'air continental commence à envahir l'Europe Occidentale par le nord-est. A Montigny-le-Tilleul, sur le temps de midi, il fait -0,9°C.

30 janvier: La neige s'invite au programme, après une absence de près d'un mois et demi. Par endroits, on relève quelques centimètres d'accumulation. Dans l'est du pays, la couche de neige approche les 10 cm.

31 janvier: L'anticyclone de Sibérie devient énorme, et s'étend en couvrant pratiquement toute l'Europe. La pression mesurée en son centre est de 1065 hPa. Il est responsable de la vague de froid qui a commencé depuis deux jours (en mode mineur toutefois). De l'air continental polaire encore plus froid atteint la Belgique à l'arrière de la perturbation ayant donné de la neige la veille et se dissipant ce jour au-dessus du pays, apportant encore quelques flocons. Météo Belgique lance une alerte rouge vague de froid pour la Haute Belgique.


1er février: La nuit est très froide. Au petit matin, on relève -8,2°C à Virton, -8,5°C à Namur, -8,6°C à Cerfontaine, -9,2°C à Montigny-le-Tilleul, -10,2°C à Courrière, -10,7°C à Vaux-sous-Chevremont, -11,1°C à Bovigny et -12,1°C au Signal de Botrange. En journée, les températures ne remontent pas au-dessus de 0°C sur l'ensemble du pays, et restent inférieure à -5°C en Haute-Belgique.

Carte des températures relevées à 8h00 heure belge (source: Infoclimat)

2 février: La Chandeleur 2012 est glaciale: en de nombreux points au sud du Sillon Sambre-et-Meuse, les températures maximales ne dépassent pas les -5°C, tandis que les températures négatives se situent largement en-dessous de la barre des -10°C. Voici les relevés pour différentes stations situées dans ces régions:

Fraiture: -14,6°C (min), -7,6°C (max)
Botrange: -14,0°C (min), -6,6°C (max)
Cerfontaine: -10,0°C (min), -5,0°C (max)
Courrière: -11,4°C (min), -5,2°C (max)
Namur: -10,0°C (min), -5,0°C (max)
Bovigny: -13,3°C (min), -5,9°C (max)
Vaux-sous-Chèvremont: -12,8°C (min), -5,0°C (max)
Bastogne: -12,2°C (min), -5,6°C (max)
Montigny-le-Tilleul: -10,4°C (min), -5,5°C (max)

Ailleurs, les températures minimales vont de -6°C (Flandre Occidentale) à -10°C (Campine).

3 février: Les températures minimales sont encore plus froides que la veille, avec notamment:

-11,2°C à Melin
-12,0°C à Namur
-12,4°C à Montigny-le-Tilleul
-13,5°C à Nalinnes
-14,5°C à Courrière
-15,4°C à Vaux-sous-Chèvremont
-15,9°C au Signal de Botrange
-16,1°C à Bovigny
-16,5°C à Spa
-17,0°C à Elsenborn
-17,4°C à Beausaint

Même à la côte, les températures atteignent -9°C. En journée, à l'instar de la veille, les maxima ne dépassent pas les -5°C en de nombreux endroits.

Dans l'après-midi, la situation va se compliquer. Une petite dépression (1033 hPa à 13h00 - ca ne s'invente pas) prise dans l'énorme anticyclone anglo-scandinave (1041 hPa) se décroche du Danemark et descend vers la Belgique, qu'elle atteint en fin d'après-midi. Elle traîne avec elle une perturbation plus intense que prévue, qui provoque des chutes de neige assez importantes par endroits: l'accumulation flirte parfois avec les 10 cm, notamment sur le Namurois et en Campine. Pour la région de Charleroi, on relève 6 cm de neige à Montigny-le-Tilleul.

Cet épisode a de graves conséquences sur le trafic routier puisque en pleine heure de pointe, on compte plus de 4000 km de bouchons sur l'ensemble du réseau belge, dont 1270 km sur les autoroutes, il s'agit là d'un nouveau record, écrasant de loin celui de février 2010 (950 km de bouchons sur les autoroutes)!

3 février 2012 - 13h00 heure belge

Les photos ci-dessous sont prises à Montigny-le-Tilleul vers 19h00. La neige tombe sous une température de -7,5°C, par 1037hPa... Il y a à ce moment-là 6 cm d'accumulation:




En soirée, la perturbation quitte la Belgique par la frontière française. L'air continental polaire (sibérien) envahit à nouveau et petit à petit le pays à partir des Pays-Bas et de l'Allemagne. Cette advection d'air froid, combiné au dégagement du ciel, entraîne une chute brutale des températures. A 21h00, on observe déjà -11,9°C à Melin et -13,3°C au Signal de Botrange.

4 février: Les provinces de Hainaut, de Namur, de Liège et du Limbourg collectent les valeurs de températures les plus froides, inférieures à -15°C. Au lever du jour, on relève -16,5°C à Montigny-le-Tilleul, -17°C à l'aéroport de Charleroi, -18,1°C à Cour-sur-Heure, -18,6°C à Cerfontaine (valeur la plus basse pour la Belgique) -18,2°C à Mons, -17,6°C à Floriffoux, -16,3°C à Spa, -15°C à Bierset et -17°C à Kleine-Brogel pour ne citer que quelques exemples.

Aux Pays-Bas, il fait encore plus froid, avec -20°C à Eindhoven et -21,8°C à Lelystad!

5 février: Sur l'ouest et le centre du pays, il fait un peu moins froid suite à l'arrivée de nuages d'altitude précédants une perturbation qui donne quelques flocons sur l'extrême ouest de la Belgique en matinée. Les températures minimales sont enregistrées en début de nuit: on relève ainsi -11,6°C à Montigny-le-Tilleul. Dans l'est toutefois, le ciel reste bien dégagé, amenant les températures à des valeurs extrêmement basses, comme ce -19°C enregistré au petit matin à Elsenborn.

6 février: Ce matin, il fait moins froid qu'annoncé: le ciel est resté couvert toute la nuit, de telle sorte qu'on relève -8,0°C à 8h00 à Montigny-le-Tilleul. Il fait plus froid dans l'est du pays, avec à nouveau -19°C à Elsenborn et -15,7°C au Signal de Botrange. Le ciel se dégage complètement ensuite, faisant monter les températures. Il dégèle ainsi en certains endroits du pays, pour la première fois depuis plus d'une semaine. Mais les valeurs maximales enregistrées sont à peine supérieures à 0°C.

La vague de froid frappe également, et depuis une semaine, toute l'Europe, à des latitudes aussi basses que l'Italie (il neige à Naples le 5 février). En Pologne, où les températures atteignent -30°C, plusieurs dizaines de personnes sont déjà décédées. Même constat en Ukraine, ou le mercure descend jusqu'à -35°C. C'est la Finlande qui remporte la palme de la valeur la plus basse, avec -40°C. Ce genre de vague de froid est, semble-t-il, amené à se reproduire durant les prochaines années, comme le montre cet article de la RTBF.

7 février: Il fait de nouveau très froid ce matin, avec -14,4°C à Landelies, -14,8°C à Floriffoux, -15,1°C à Courrière, -21°C à Bovigny et -22°C à Vielsalm. En soirée, il neige un peu par endroits, surtout dans la moitié est du pays.

8 février: il fait moins froid cette nuit avec des températures minimales généalement supérieures à -10°C.

9 février: La vague de froid n'en finit plus de sévir. A nouveau, sous un ciel étoilé, les températures minimales plongent sous les -10°C sur une bonne partie du centre et du sud-est de la Belgique. On relève ainsi -12,5°C à Landelies, -12,6°C à Melin, -13,1°C à Floriffoux, -13,7°C à Virton, -14,9°C à Chanly et -15,6°C à Bovigny. Par endroit, il gèle continuellement depuis le 31 janvier.

9 février 7h00 heure belge.

Pas de changement dans le placement des centres d'action depuis près de deux semaines... Cette carte aurait pu être valable chaque jour depuis le début de ce mois!

10 février: Dans l'ensemble, il fait moins froid, avec des températures minimales ne descendant pas en-dessous de -10°C dans le centre du pays.

11 février: La nuit est bien dégagée, permettant une nouvelle chute des températures. On relève -11,2°C à Silly, -11,3°C à Montigny-le-Tilleul, -12,1°C à Melin, -13,4°C à Courrière, -15,7°C à Bovigny et -16,3°C à Chanly.

12 février: Dernière nuit de la vague de froid: on relève -13,1°C comme température minimale à Montigny-le-Tilleul. En soirée, il tombe un peu de neige et de pluie verglaçante au passage d'une perturbation de redoux. Des courants maritimes plus doux gagnent la Belgique à l'arrière de celle-ci, mettant fin à la plus longue vague de froid depuis 70 ans.
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5 mars: L'hiver signe son retour sur le sud et l'ouest du pays. Une dépression se positionne sur la frontière belgo-holandaise et provoque d'importantes précipitations sur la Flandre Occidentale et le Tournaisis, ainsi que sur le Nord-Pas-de-Calais, où il tombe par endroit plus de 60 mm de pluie en 24 heures. Une partie de ces précipitations tombe sous forme de neige, et parfois en abondance, comme près de Lille où on relève jusqu'à 15 cm d'accumulation. De graves inondations se déclenchent et durent jusqu'au lendemain. En Belgique, la région de Comines et particulièrement touchée.

10 mai: Vers 17h45, une tornade se forme sous un orage dans les environs de Gand, provoquant quelques dégâts.

20 mai: Dans l'après-midi, de violents orages organisés en ligne se déclenchent sur le Hainaut oriental, les provinces de Namur et de Liège, avant de remonter en début de soirée vers Bruxelles et la Flandre. Ces orages se sont développés dans de l'air continental chaud et instable, amené par une dépression thermique présente sur l'Allemagne. Ces orages provoquent des inondations dans le Namurois et à Charleroi notamment. Des dégâts dus à la foudre et à la grêle sont également à répertorier. La veille au soir et en début de nuit du 20, un orage avait frappé la région de Dinant et puis l'est de Namur.

29 mai: Des orages éclatent un peu partout sur la Wallonie.

Juin est plutôt sombre et humide, et relativement frais. Des orages se produisent régulièrement.

7 juin: une tornade (F1 sur l'échelle de Fujita) frappe la région de Tongres, dans le Limbourg, provoquant quelques dégâts. La supercellule ayant engendré cette tornade est également responsable d'un violent downburst (ou rafale descendante) dans la région de Zutendaal. Elle initiera une deuxième tornade dans la région de Montfort, aux Pays-Bas. Ailleurs dans le pays, des inondations sont signalées suite à d'autres orages. Ces orages se forment sur un front froid dans un contexte dépressionnaire. A Kampenhout, dans le Brabant Flamand, la température maximale s'élève à 22,1°C. Compte tenu de la présence d'air froid en altitude, il est compréhensible que de l'instabilité se soit développée. Il semble cependant que ce soit en premier lieu la dynamique (courants, forçages, cisaillement de vent) qui ait généré la supercellule.

12 juin: Un déluge de grêle (grêlons de 1 ou 2 cm) frappe Trivières près de La Louvière en fin d'après-midi, sous une cellule orageuse pourtant peu active d'un point de vue électrique. D'autres orages concernent le pays. Ils se forment dans le cœur d'une dépression, par une atmosphère fraîche et humide (les températures ne dépassent pas les 20°C en de nombreux endroits). Une légère instabilité était présente dans les basses couches. Cette fois-ci, la faible dynamique a permis aux quelques cellules s'étant développées de stagner sur les régions concernées par ces dernières. L'importante quantité de grêle générée par cet orage est cependant énigmatique, dans la mesure où la dynamique générale pouvait difficilement engendrer les courants nécessaires à la formation de la grêle en quantité. Plusieurs hypothèses peuvent être émises: une humidité importante, un air très froid en altitude, une dynamique faible mais suffisante, les courants animant l'intérieur de l'orage...

18 juin - MCS et écho en arc

Au devant d'une dépression et engendré par de puissants forçages, un système convectif de mésoéchelle (MCS) se rue à travers le centre de la Belgique en fin de nuit et en matinée, depuis la botte du Hainaut vers 6h30 jusque le Limbourg vers 8h30. Une structure en arc (bow echo) s'est greffée sur le système lors de sa traversée du pays: elle est particulièrement visible sur l'image radar ci-dessous. Les orages sont violents, très électriques, accompagnés de fortes pluies qui provoquent des inondations à Bruxelles notamment, mais aussi un peu partout sur la trajectoire du système. A son passage sur Namur vers 7h00, l'orage délivre un éclair toutes les trois à cinq secondes.

Par endroits, de très fortes rafales sont également enregistrées, notamment sur le Condroz occidental et en Hesbaye.

Ce système orageux s'est formé en fin de soirée sur l'ouest de la France, avant de remonter à toute allure vers l'Ile de France, puis vers la Belgique. Il a par la suite continué sa course à travers les Pays-Bas et le nord-ouest de l'Allemagne.

Le MCS sur la Belgique vers 7h15 (source: Infoclimat).

Ce système orageux, bien que prévu, est toutefois apparu comme un événement surprise pour la personne non-avertie, dans la mesure où aucun signe visible n'annonçait son arrivée. Le temps la veille a été normal, mais non estival: une vingtaine de degrés et de belles éclaircies, les cumulus de beau temps parachevant le tableau. Le temps du lendemain, juste après les orages, est identique. Cependant, l'analyse de la situation atmosphérique révèle la présence de nombreux éléments déclencheurs et aggravants. Outre les forçages énoncés ci-dessus, de forts courants d'altitude étaient présents, mais surtout, une langue d'air chaud se trouvait advectée vers la Belgique, dans un secteur chaud (partie d'une perturbation entre le front chaud et le front froid) qui se refermait sur le centre de la Belgique. L'arrivée brutale de cet air chaud s'est notée dans les stations de la Haute Belgique (notamment à Elsenborn), mais plus bas, en Moyenne Belgique, une couche d'air plus frais de quelques dizaines de mètres d'épaisseur se trouvait intercalée en-dessous de l'air chaud. Dès lors, depuis le sol de la Moyenne Belgique, rien ne pouvait annoncer la possibilité d'orages, le traditionnel air chaud et lourd se trouvant juste un peu plus haut dans l'atmosphère. Ceci ne va pas sans rappeler les orages du 22 août 2011 où l'air chaud s'était retrouvé décollé du sol par une couche d'air plus frais.

Le diagramme ci-dessous, présentant l'état de la troposphère dans l'ouest de l'Allemagne le 18 juin à 8h00, illustre la présence d'une inversion. Il faut suivre la ligne de droite pour le comprendre, elle illustre la température de l'air selon l’altitude: celle-ci part d'environ 12°C au sol, monte jusqu'à 21°C aux alentours de 900 mètres d'altitude, puis décroit régulièrement plus on s'élève. Cet air chaud, non ressenti au niveau du sol, se trouvait cependant juste au-dessus, et a en partie alimenté l'orage.


Près de la dépression traversant la Belgique, la rotation des vents accompagnant son passage a provoqué temporairement des cisaillements des vents selon l'altitude, ce qui a contribué au maintien de l'orage, et ce alors que l'atmosphère n'était absolument pas instable et propice.
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21 juin: A nouveau des orages localement forts frappent la Belgique dans l'après-midi. Les deux Flandres et la région de Dinant sont particulièrement touchées. Ces orages sont cependant nettement moins violents qu'en France où deux tornades sont signalées.

28 juin - Chaleur et supercellule sur le sud

Un vaste orage à caractère supercellulaire traverse le sud du pays en soirée, au niveau de la province du Luxembourg. L'activité électrique et les précipitations y sont très intenses. De fortes rafales de vent brisent de nombreuses branches et arbres. Selon Belgorage présent sur place, cet orage a généré plus d'un coup de foudre par seconde sur les régions de Bertrix, de Bouillon et de Neufchâteau.


Eclairs internuageux à l'arrière de la supercellule (source: Belgorage).

A une centaine de kilomètres de là, le Namurois, baignant sous l'enclume de cet énorme orage, voit son ciel devenir d'un jaune-bronze apocalyptique, alors que d'immenses éclairs internuageux sont visibles dans un arrière-fond mauve - noir à l'horizon sud-est.


A la différence des orages des vingt premiers jours du mois, cette supercellule se forme dans l'air chaud, au niveau d'un creux précédant l'arrivée d'un front froid depuis l'ouest. Il a en effet fait suffocant, avec une température maximale de 31,2°C à Kampenhout. En Ardenne, lieu où l'orage a éclaté, les températures ont été légèrement inférieures à 30°C. Outre la chaleur, la présence de cisaillements de vent selon l'altitude a sans doute aidé l'orage à se développer.
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4 juillet: Le temps est plus chaud (26,5°C à Montigny-le-Tilleul), mais aussi plus lourd: un creux thermique se met en place à l'avant d'un front froid sur la France. Des orages parfois assez forts éclatent dans l'après-midi sur l'ouest de la Belgique.

5-8 juillet: A plusieurs reprises, des orages parfois violents éclatent sur le pays. Des dégâts dus aux inondations sont à déplorer.

Mi-juillet: Le temps reste maussade et frais, avec la survenue de fréquentes averses parfois orageuses, et des périodes de pluie plus continues.

La nuit du 27 au 28 juillet, un orage assez actif remontant de France concerne le sud-est de la Belgique. Le vent fut notable dans la région de Bande où il provoqua des dégâts, tandis que des inondations consécutives à de forte pluies furent répertoriées en périphérie liégeoise. Le 28, d'autres orages se font remarquer dans les provinces de Luxembourg et de Liège.

La nuit du 23 au 24 septembre, plusieurs systèmes orageux dont un organisé en ligne de grains concernent l'ouest et le centre de la Belgique. L'activité électrique est particulièrement forte pour la saison, tandis que le vent se fait remarquer. D'autres orages éclatent sur l'est du Hainaut et en province de Namur un peu plus tard. Quelques heures plus tard, le passage d'une dépression au nord-ouest donne des rafales de 80 à 100 km/h, voire un peu plus sur certains points du littoral.

Les systèmes orageux sur l'ouest et le centre du pays (source: Buienradar).

Résumé du début de l'automne: Peu d'évènements particuliers, si ce n'est les premières gelées fin octobre, accompagnées de grésil à la côte et des premières (faibles) neiges en Haute Belgique.

4 novembre: Une petite dépression de tempête (nom: Zelda) se creuse en passant sur le sud-est du Royaume-Uni et le sud de la mer du Nord, amenant temporairement de très fortes rafales sur les côtes du Nord-Pas-de-Calais. On mesure 130 km/h au Cap Gris-Nez, 110 km/h à Boulogne. Le vent atteint 90 km/h sur le littoral belge. Dans le Pas-de-Calais, cette tempête et les pluies associées n'améliorent guère la situation critique sur le réseau hydrographique.


25 novembre: La tempête Franziska concerne l'Europe du nord-ouest au cours de sa trajectoire depuis la Bretagne vers la Mer du Nord. Les vents atteignent jusqu'à 135 km/h à la Pointe de Toulinguet (Bretagne), 126 km/h à la Pointe du Raz, 100 à 120 km/h sur les côtes françaises de manière générale, 130 km/h au Cap Gris-Nez (Pas-de-Calais), 107 km/h à Zeebruges, 83 km/h à Bierset. Des dégâts et des coupures de courant sont signalées ça et là.

25 novembre 6h00 TU (7h00 heure belge).

1er décembre: Une perturbation descend de Mer du Nord et apporte de la neige pendant quelques heures sur une bonne partie du pays. Si elle fond en Basse et et Moyenne Belgique, elle persiste en Ardenne le lendemain. De nouvelles averses apportent jusqu'à 5 cm d'accumulation à Libramont, parfois plus de 10 cm en Hautes Fagnes.

3 décembre
: Une nouvelle perturbation accompagnée d'air plus doux se heurte à l'air froid présent sur le pays. A l'avant de celle-ci, il neige pendant plusieurs heures, avant l'arrivée de la pluie. Cette situation rend difficile la circulation routière en matinée.

5 décembre: Dans un flux de nord-ouest, de nouvelles averses de neige se produisent. Elles parviennent à donner lieu à une accumulation temporaire de quelques centimètres. En Hautes Fagnes, la neige persiste sous des températures négatives.

6 décembre: Des averses de neige parfois soutenues se produisent ça et là sur le pays.

Le Sart-Tilman (Liège) sous une intense averse de neige vers 10h30 le 6 décembre. L'accumulation totale sera de 2 cm.

7 décembre
: Une dépression creusée à 995 hPa descend de mer du Nord et traverse la Belgique. Elle s'accompagne d'une perturbation qui donne des chutes de neige faibles à modérées sous un vent rafaleux (60 à 80 km/h). Elle concerne d'abord l'ouest du pays en fin de nuit, le centre en début et milieu de matinée et l'est en fin de matinée et début d'après-midi. Les accumulations sont comprises entre 0 et 10 cm selon les régions. Il tombe par exemple 3 à 5 cm le long du Sillon Sambre-et-Meuse, 4 à 5 cm en région bruxelloise, environ 10 cm en Haute Belgique. Dans les Hautes Fagnes, cette neige tombe sur une couche issue de précédents épisodes, portant l'accumulation à 30 cm (Mont Rigi par exemple).

8-13 décembre
: La Belgique reste sous l'influence de masses d'air polaire. Les températures descendent parfois sous -10°C la nuit dans l'est du pays. Quelques averses de neige se produisent par moments, déposant parfois quelques centimètres d'accumulation. Le 13 au soir, de l'air doux arrive en altitude, entraînant des chutes de neige ou des pluies varglaçantes, notamment sur le centre du pays. L'intensité des précipitations reste cependant faible.

25 décembre: Il fait très doux en ce jour de Noël. Durant cette période, notre pays est soumis à des courants maritimes subtropicaux, amenant des températures élevées pour la saison (11°C à Montigny-le-Tilleul sur le coup de minuit le 25) ainsi que des pluies très abondantes qui engendrent des situations parfois critiques sur le réseau hydrographique. Londerzeel est partiellement inondé.

26 décembre: Une petite dépression se creuse en passant au large de la Belgique en soirée. Elle engendre un épisode de fortes rafales pendant plusieurs heures, allant de 60 à 80 km/h.

L'hiver 2012-2013 est froid et très neigeux. Voir ICI.

samedi 24 juin 2017

Aux origines de la sécheresse (et d'un été chaud ?)

Après un mois de juin 2016 qui enregistra une pluviosité record dûe à des orages diluviens, tous les mois de la deuxième partie de l'année 2016 (hormis novembre) et les 5 premiers mois de l'année 2017 ont enregistré un déficit pluviométrique qui va en s'accentuant. Nous n'allons pas revenir sur les chiffres qui ont été détaillés dans un autre article. L'objet de ce document est tout autre : partir à la recherche des origines de cette sécheresse, en intégrant des notions de météorologie globale et tropicale relativement techniques, quoique encore accessibles, et tenter, à partir de ce constat, de conclure sur une tendance pour l'été 2017. 

dimanche 18 juin 2017

Aléas météorologiques et agriculture : l'éternelle adaptation


L'actuelle sécheresse que vit notre pays est suffisamment importante pour tenter d'analyser les conséquences de ce type d'aléas météorologiques, principalement sur le terrain et dans la vie des personnes qui les affrontent en première ligne. Dans cette optique, nous avons décidé de partir à la rencontre de professionnels bien souvent touchés par les variations de notre météo : les agriculteurs. En cette mi-juin, à un moment où le début de l'été semble confirmer la situation de tout ce début d'année, nous entrons dans une période charnière pour l'agriculture. Cette rencontre avec 5 professionnels du secteur dans la région de Genappe (Brabant Wallon) nous a permis d'avoir une vision globale, hors des idées reçues que les médias traditionnels véhiculent parfois à leur sujet.

En cette mi-juin, l'aléa météorologique « sécheresse » est au cœur des discussions sur le temps de nos régions. Avec plus de 40% de déficit enregistré à Uccle durant le printemps météorologique, le manque d'eau commence à se faire sentir dans la végétation. Les pelouses virent au jaune, la terre est sèche, les arrosages sont fréquents. Toutefois, le premier enseignement que nous tirons de notre circuit agricole est que la sécheresse n'affecte pas encore réellement à l'heure actuelle le monde du travail de la terre. A ce constat général, il faut bien entendu apporter quelques nuances. D'abord, certaines cultures ont besoin de moins d'eau que d'autres, comme les céréales qui se portent actuellement très bien. D'autres cultures, plus demandeuses en eau comme les betteraves, le maïs, ou la pomme de terre, risquent d'être pénalisées mais leurs récoltes se réalisant principalement en août ou septembre, le pronostic n'est pas encore engagé. Ensuite, selon les régions, le déficit et les difficultés sont plus profondes, comme du côté de Tournai où la terre est moins limoneuse, plus argileuse ou sablonneuse, et où le déficit local est plus important. Ajoutons à cela que la partie la plus chaude de l'année arrivant, si ce déficit hydrique venait à se prolonger et à se coupler à des températures trop élevées, la situation pourrait alors radicalement et rapidement changer. En effet, jusqu'à présent, cultures et agriculteurs vivent sur leurs réserves, mais celles-ci s'épuisent progressivement et les plantes sont « obligées » de chercher plus profondément l'eau pour s'alimenter. Les 15 prochains jours devraient s'avérer cruciaux, d'après un agriculteur rencontré.

A l'opposé de cet aléa « sécheresse », les pluies et plus particulièrement les orages, ainsi que les inondations qui en découlent apparaissent comme le cauchemar des agriculteurs. L'année passée, la région de Genappe avait été fortement touchée par les orages diluviens. Encore à l'heure actuelle, les fermes et d'une manière générale les habitations portent les stigmates de cet aléa « inondations ». Beaucoup de cultures ont été endommagées, soit par l'accumulation de pluies, la boue, la grêle, ou les rafales de vent. Les agriculteurs que nous avons rencontrés avaient alors comptabilisé 50% de pertes ! De plus, les machines sont moins consommatrices de carburant en période sèche qu'en période humide, ce qui est un paramètre non-négligeable. Le bétail fut aussi touché et obligé de rester dans les étables alors qu'à l'heure actuelle, ceux-ci peuvent nettement plus rester dehors et paître généralement en toute tranquillité. Au travers des diverses conversations, il apparaît donc clairement que la sécheresse actuelle est une situation plus acceptable que celle de l'année passée où la production agricole avait été durement touchée. Selon les professionnels de cette région du Brabant Wallon, les orages tendent à être plus forts et plus destructeurs, impression ou statistique difficile à confirmer. Il s'agit donc de leur plus grande préoccupation. Lorsque le temps est stable, les agriculteurs ne sont pas spécialement rivés sur les prévisions météorologiques. En cas de risque orageux, la situation est très différente et en juin 2016, beaucoup se sont demandés "quand allait cesser cette vague orageuse" qui se réalimentait sans cesse.

Un autre aléa craint par le secteur agricole est la chaleur. Autant une sécheresse fraîche ou douce peut encore être gérée, autant une chaleur, même ponctuelle est un réel problème. Le bétail peut souffrir des hautes températures, et celui-ci doit être protégé. Des investissements comme par exemple dans des hangars isolants sont alors parfois nécessaires, ce qui élève parfois drastiquement les coûts. De plus, l'augmentation des températures entraîne aussi une prolifération d'insectes, notamment volants, qui étaient alors inconnus jusqu'à il y a peu dans nos régions. Leur piqûre peut entraîner des problèmes sanitaires chez le bétail avec des risques d'avortements. La situation de sécheresse actuelle combinée à un épisode de forte chaleur pourrait alors être une réelle source d'inquiétude pour le secteur, surtout s'il venait à se prolonger durant le mois de juillet, alors que les premières périodes de récoltes s'annonceront. A ce sujet, et toujours concernant la chaleur et la sécheresse, le mois de septembre 2016 particulièrement chaud et sec perturba les moissons, et empêcha les agriculteurs d'effectuer normalement leur travail de récolte. Pris entre les dernières chaleurs, les pluies automnales et les premières gelées, ceux-ci purent néanmoins récupérer les fruits de leur dur labeur sans perte, presque par miracle.

Le dernier aléa est celui des gelées, ou plus généralement tout phénomène hivernal. Qu'elle soit précoce comme cela aurait pu être le cas après le magnifique mois de septembre 2016 ou tardive comme c'est souvent le cas en milieu de printemps, la gelée peut sérieusement perturber la récolte ou la semence. Cette année, durant le mois d'avril, des minimales jusqu'à -5° ont perturbé la mise en place des cultures et ce d'autant plus que ce niveau de gelées n'aurait pas été correctement anticipé par les bulletins météorologiques. Ce "détail" montre aussi que l'agrométéorologie reste une science toute particulière et que les champs ont pratiquement leur propre climat, comme chacun peut le constater à leurs bords. Une des personnes rencontrées nous a clairement signifié qu'une petite différence de températures à ce niveau peut entraîner de grosses conséquences. En ce qui concerne les précipitations hivernales et l'accumulation de neige au sol, celle-ci semble être un "ami" des agriculteurs car, en fondant, elle apporte une humidification notable des couches proches de la surface. Or, ces dernières années, les quantités de neige ont été largement insuffisantes.

Ce tour d'horizon de différents aléas nous permet de comprendre que l'agriculteur doit constamment jongler avec la météo, et cela s'avère être un exercice hautement compliqué à une époque où les changements climatiques bouleversent les cultures. Toutefois, en fonction des personnes rencontrées et de leurs cultures, nous avons pu remarquer que le facteur économique, à savoir la concurrence mondiale, reste un autre aléa qui oblige les agriculteurs à se battre chaque jour. Quoiqu'il en soit, les conversations que nous avons eues à ce sujet attestent d'une évolution du climat : "décalage des saisons", "changements brusques", "longues périodes de temps humide ou sec", les mêmes expressions revenaient assez souvent, pointant une nouvelle tendance. Le changement climatique oblige les agriculteurs à s'adapter, comme nous avons pu le constater chez l'un d'entre eux qui s'est diversifié vers des cultures de petite taille, plus gérables. Malgré tout, la sécheresse perturbe à l'heure actuelle la croissance de ses produits.

Loin du cliché de "l'agriculteur qui n'est jamais content", notre tour agricole dans le Brabant Wallon nous a montré que le travail de la terre est a fortiori un métier difficile, qui demande expérience, dur labeur, observations méticuleuses, forte réactivité, et donc adaptation, notamment face aux aléas météorologiques. En Europe Occidentale, où le changement climatique s'opère dans une zone tempérée, nous pouvons encore nous estimer modérément touchés par les évolutions actuelles. D'autres régions, plus proches de climats plus extrêmes, peuvent basculer plus rapidement vers un climat nettement plus défavorable. Beaucoup nous ont signalé que le Sud de la France et l'Espagne rencontrent nettement plus de difficultés à cause des chaleurs plus intenses, des périodes de sécheresse plus longues alternant avec de brusques orages dévastateurs. De notre côté, de nouvelles cultures pourraient voir le jour. Ainsi, non sans un certain sourire, une personne nous a rappelé les possibilités de viticulture qui sont en augmentation dans nos régions. Cette dernière remarque résume à elle seule cette obligation d'adaptation que les agriculteurs doivent prendre en compte chaque année afin de pérenniser leurs exploitations.

samedi 17 juin 2017

Orages de la fin mai 2017 : de la difficulté de la prévision locale

La fin du mois de mai 2017 a été marquée par une chaleur inhabituelle à cette période de l'année. Elle s'est accompagnée de manifestations que l'on pourrait qualifier de cas d'école d'orages locaux mais particulièrement actifs. Cet épisode nous permet de développer un peu de pédagogie mais aussi de montrer comment Info Meteo s'est "époumonné" à tenter d'anticiper et de suivre ces orages sur le terrain. Il s'agit ici de bien comprendre à quel point l'orage local peut-être particulièrement sournois, et surtout provoquer l'interrogation d'une partie de la population. Celle-ci, après avoir pris connaissance du risque orageux par la météo, reste interrogative lorsqu'elle ne connait finalement pas la moindre manifestation orageuse, à part les cumulonimbus lointains qui attirent l'attention de la personne avertie.
 
Outre l'évolution de la situation, nous synthétisons ici les échanges entre les membres d'Info Meteo et de Belgorage qui ont été particulièrement riches au cours de cet épisode orageux. Nous avons volontairement mis certains éléments clés en gras, ceux-ci expliquant le comportement des orages observés.

mardi 23 mai 2017

La terre a soif ! A propos du déficit pluviométrique qui s'accentue

Rappelez-vous, déjà fin décembre dernier, la Belgique ressentait les premiers effets d'une sécheresse hivernale, consécutive à un mois de décembre très sec. A ce moment-là pourtant, la situation passait relativement inaperçue au niveau de la végétation. 

Par la suite, l'hiver avait quelque peu corrigé le tir: le creusement du déficit pluviométrique, s'il n'était pas interrompu, avait été sérieusement ralenti. Mais dès février, la courbe reprenait son décrochage, avec une véritable chute entamée au tiers de l'actuel printemps.

Pour avoir une vue précise, passons en revue les relevés de Uccle des douze derniers mois avec le tableau ci-dessous (source des données: IRM). 


Il rappelle ainsi à notre bon souvenir (si on peut parler de bon) le mois diluvien de juin 2016 qui, à la suite d'une répétition peu commune de pluies orageuses, avait terminé sur un record à Uccle: celui du mois de juin le plus arrosé depuis que l'on fait des mesures. En toute logique, cet énorme excédent avait alors permis d'établir une réserve car, dès juillet 2016, commençait une suite de mois sous les normes pluviométriques qui sera uniquement interrompue par novembre.

L'été, malgré ces mois "normalement secs", n'a donc connu aucun problème. Toutefois, septembre 2016 porte un premier coup à la série statistique, en s'affichant comme un mois très anormalement sec. Les bonnes mémoires se souviendront que ce mois avait de fait été très beau et surtout chaud, avec une envolée remarquable des températures au milieu du mois. Seule la petite région du Westhoek a "limité" le déficit à 50% alors qu'ailleurs il se positionnait souvent autour de 75%.

Octobre est lui aussi "normalement sec", avant un novembre enfin "normalement pluvieux", mais avec des disparités plutôt importantes entre la région anversoise (proche de 200% d'excédent) et la "Botte du Hainaut" (déficit de 50%). Il est suivi par un mois de décembre extraordinairement calme et anticyclonique durant lequel il ne tombera pratiquement rien du ciel. 28 mm relevés contre 81 mm en temps normal, c'est exceptionnellement sec. Dans les régions de Bastogne et de Libramont, le déficit atteint même 90% ! Même les Hautes Fagnes ne sauvent pas la mise avec 60% de déficit. Et l'on comprend dès lors pourquoi les premiers problèmes de sécheresse sont apparus ça et là durant ce mois.

S'en suit alors un janvier moins sec, qui limite les dégâts, quoique une large partie Sud-Est du territoire n'enregistre que 80% du total normal, avec même 50% de déficit sur le Sud-Ardennes. Seul le Nord des Flandres a enregistré un léger excédent. Mais par la suite, chaque mois se fera un peu plus sec, avant de finir sur un avril très normalement déficitaire en pluie : aucune région n'excède les 65% du total normal et pratiquement toute la Wallonie a subi 70% de déficit. Le mois de mai qui se termine ne corrigera pas le tir.

Le graphique ci-dessous est également plein d'enseignements. Il montre les cumuls mois après mois des précipitations en bleu, comparé au cumul que nous devrions avoir en temps normal en orange.


Ainsi, juin 2016 a très clairement constitué une réserve en eau importante pour l'été: même si juillet, août, et surtout septembre ont été plus secs, l'avance procurée par les pluies de juin a permis d'éviter tout problème. Par la suite, octobre et novembre ont rétabli un cumul normal, mais décembre 2016 a par la suite entamé un déficit qui n'a depuis dès lors pas été corrigé, et qui mois après mois se creuse davantage.

Nous voici donc à l'aube d'une saison estivale où vont s'affronter deux antagonismes qui dirigent les conversations de météo depuis toujours: "espérons un bel été" ou "on a besoin d'eau". La situation pluviométrique de nos régions est médiatisée depuis plusieurs mois, et ceci tend à s'amplifier ces dernières semaines, du fait de ces 3 mois printaniers qui creusent d'autant plus le déficit que le soleil se montre régulièrement, asséchant encore plus les sols. Dans ce cadre où certaines professions météo-sensibles commencent à ressentir les effets de cette sécheresse, réclamer "un bel été" paraît à première vue compréhensible, ne fût-ce que pour la bonne humeur. Toutefois, si la belle saison devait poursuivre sur la lancée, les conséquences à long terme, pas toujours visibles alors que nous sommes dans l'instant présent les pieds dans l'eau une glace à la main, pourraient s'avérer néfastes pour n'importe quel quidam. En étant même un peu provocateur, un "été pourri" (c'est-à-dire normal) serait plutôt une bonne nouvelle. Un été à la 2003 ou à la juillet 2006 relèverait alors au final plus de la mauvaise nouvelle que de l'allégresse collective à la vue du Hélios flamboyant.

dimanche 7 mai 2017

Des orages estivaux "sans chaleur": comment est-ce possible?

17 juin 2012 en fin d'après-midi, quelque part dans un train entre Charleroi et Namur.

"Alors, prêt pour l'examen d'AGERU* de demain?
- Ouaip, ça devrait aller. Dans l'ensemble, je maîtrise. Mais je pense rebosser un peu ça ce soir. En plus, il y a un risque d'orages, donc ça me tiendra éveillé.
- ...un risque d'orages? Mouais c'est vrai que je l'ai entendu à la radio, mais ce serait quand même surprenant!
- Bah avec cette dépression qui remonte, on ne sait jamais..."

Coup d’œil à moitié convaincu par la fenêtre du train. Quelques altocumulus aplatis garnissent le bleu du ciel. Ambiance assez fraîche et légère pour une journée de juin, une vingtaine de degrés au meilleur de l'après-midi. Absolument pas pré-orageux. 

"Enfin on verra. Peut-être des orages faibles à modérés..."

Fin de soirée. Cours rangé, prêt pour demain. Bon, voyons ces orages... Il y a bien quelques foyers sur l'ouest de la France, bien loin. Bon, laissons la fenêtre ouverte, on verra bien...

6h55. Grondement sourd parmi les rêves. Le tonnerre sans doute... le tonnerre!? Réveil brutal. Il pleut dans le kot. Deuxième grondement. Ca gronde même en continu. La tête par la fenêtre, le ciel gris-beige scintille. Un grand éclair zigzague au-dessus des toits de Namur. Les nuées filent à une vitesse réellement dantesque. C'est déjà en train de se terminer. Coup d'oeil au radar: un grand système orageux, MCS dans le jargon météo, est en train de traverser le pays. Un peu plus tard, la radio énumère les dégâts et les inondations sur les chaussées. Le temps est redevenu léger, le même qu'hier...

*Analyse et gestion des espaces ruraux et urbains (cours de troisième bac de Géographie aux FUNDP)

Ces propos ont été tenus et vécus par l'auteur de cet article, qui à l'époque n'avait pas encore fait le tour de toute la mécanique atmosphérique et de ses multiples rouages. Comme d'autres encore aujourd'hui lorsque ce cas de figure se reproduit, il s'était alors interrogé sur le pourquoi de ces orages, et surtout, sur un élément qu'il croyait clé et qui manquait alors à l'appel: où est passé l'habituelle chaleur lourde annonciatrice?". Ceci montre à quel point, dans l'imaginaire commun, un orage se précède de chaleur. Or, et spécialement en Belgique, c'est loin d'être toujours le cas.

On vous a déjà parlé d'orages d'hiver ou d'orages de traîne en été, soit des orages où la chaleur n'est pas réellement présente. Et encore, la chaleur est une question relative: dans un cas classique de traîne ou d'hiver, on peut parler de "chaleur" près du sol avec 5, 10 ou 15°C lorsqu'on se retrouve avec des températures glaciales en altitude, du genre -30 ou -40°C. Bien que ça arrive, ces orages sont rarement violents.

Ensuite, il y a les orages d'été qu'on dira "typiques": ceux qui surviennent lorsqu'un front ou une ligne de convergence vient buter contre une masse d'air chaud et humide, génératrice d'une atmosphère moite qui nous fait dire que "ca va finir par craquer".

Et puis, il y a la situation exposée dans la petite narration introductive, à savoir de violents orages, souvent nocturnes ou très matinaux, qui ne s'annoncent pas par cette chaleur lourde. Dans les meilleurs cas, on a un air léger, assez frais et un assez beau temps le jour qui précède, et ce même type de temps le jour qui suit, comme ce fut le cas pour l'offensive du 18 juin 2012. Parfois, il arrive même qu'il fasse bien plus chaud après les orages, alors que le temps de la veille était tout à fait quelconque. Ces orages sont particulièrement sournois pour la personne non avertie (comprenez, celle qui ne passe pas son temps à regarder les radars) car ils se produisent alors que rien ne semblait indiquer leur survenue.

Dans un premier temps, nous allons passer en revue quelques situations orageuses qui ne se sont pas annoncées par de la chaleur, le tout accompagné d'une analyse la plus précise possible de la situation atmosphérique qui les a engendrés, puis nous en tirerons quelques points communs.

mardi 28 mars 2017

Glossaire des formations orageuses

Cet article a pour but de repréciser quelques termes relatifs aux formations orageuses et qui sont régulièrement évoquées dans les bulletins d'Info Meteo. Cet article se veut volontairement descriptif et fait l'impasse sur les conditions météorologiques permettant la formation de ces orages.

Orage monocellulaire

On ne le cite pas souvent, pourtant c'est l'orage dans sa forme la plus basique, formé par un courant ascendant qui l'alimente et un courant descendant siège des précipitations. Ces orages, généralement faibles à modérés, ne dure qu'une grosse demi-heure maximum. Les orages isolés qui se forment en deuxième partie d'après-midi d'été sans guère subsister sont souvent de ce type.

Orage à pulsation

Il s'agit aussi d'un orage monocellulaire, mais débridé. Il dure généralement plus longtemps (parfois une à deux heures) et peut être localement fort. Il est capable de chutes de grêle significatives.

Orage multicellulaire

C'est un type d'orage très fréquent chez nous. Comme son nom l'indique, il est formé de plusieurs cellules à différents stades de vie, rapprochées entre elles. Au radar, il est d'ailleurs parfois compliqué de les identifier clairement une à une. Ce type d'orages peut être assez bref (moins d'une heure) comme durer bien plus longtemps. Il peut être faible ou modéré comme il peut être réellement violent, accompagné de précipitations diluviennes, de grêle et d'une activité électrique parfois incessante.

Un orage multicellulaire particulièrement intense sur la région de Charleroi (centre-bas de l'image) l'après-midi du 5 juin 2011. On en remarque un autre sur le sud-est de la province de Liège (source: Buienradar).

Supercellule

D'emblée, précisions ici que le terme "super" peut prêter à confusion. Une supercellule n'est pas forcément un immense orage hyper-violent. On peut trouver des supercellules large de quelques kilomètres à peine et dont les éléments la font passer pour un banal orage auprès du quidam. Les orages multicellulaires peuvent être parfois bien plus violents qu'une supercellule.

Pourtant, la supercellule est effectivement, dans sa forme la plus aboutie, le plus violent des orages. Néanmoins, de telles supercellules restent peu fréquentes sous nos latitudes. On en compte que quelques unes par an.

Ce qui caractérise la supercellule, c'est la rotation qui l'anime, autour d'un axe plus ou moins vertical que l'on nomme mesocyclone. C'est au niveau de cet axe que peuvent survenir les tornades lorsque les conditions sont réellement propices. Cette rotation peut se remarquer au radar, la supercellule présentant ainsi un crochet sur le radar des précipitations, en lien avec les rideaux de pluie qui s'enroulent autour du mesocyclone.

La supercellule est capable de tous les éléments (pluies diluviennes, grêle géante, vents violents et activité électrique ininterrompue), mais dans nos régions, ces différents éléments s'expriment rarement de concert.

 Deux supercellules sur l'est de la Belgique l'après-midi du 5 juillet 2015. Celle en haut à gauche vient de déverser des grêlons de grande taille sur la région de Verviers (source: Université de Bonn).

Train d'orages

En anglais, se dit "training thunderstorms". Le train d'orages n'est pas exactement un type d'orages à proprement parler, mais plutôt une suite d'orages de différents types (mono, multis et parfois supercellulaires) assez proches mais non soudés entre eux, et qui défilent à la qeuleuleu sur les mêmes régions. Ils se déplacement le long d'un axe peu mobile, de telle sorte que l'observateur qui est en-dessous a l'impression de vivre le même orage pendant parfois plusieurs heures, avec des périodes très intenses et des périodes un peu plus calmes. Toutefois, il ne s'arrête jamais de pleuvoir, ce qui peut mener à des inondations à force de répétition des passages de cellules orageuses sur la même région. 

 Un train d'orages la nuit du 6 au 7 août 2015 en travers de la Belgique. La flèche jaune indique le sens de déplacement des cellules, le long de l'axe qu'elles forment (source: IRM).

Amas d'orages

A la base, le concept est assez similaire au train d'orages. Il ne s'agit pas à proprement parler d'un type d'orages, mais plutôt d'une organisation imparfaite entre différents orages mono, multis et parfois supercellulaires, assez proches mais non soudés entre eux. Plutôt qu'une ligne, les orages sont répartis inégalement au sein d'une masse plus ou moins elliptique. Au radar, cela donne l'impression d'avoir une organisation anarchique, avec une série de noyaux intenses au sein d'une masse de pluies plus faibles (dites pluies stratiformes). Les noyaux peuvent être violents et défiler pendant plusieurs heures au-dessus d'une même région, donnant à nouveau l'impression à l'observateur qui les subit de connaître un seul et même orage pendant un laps de temps très long, avec des hauts et des bas d'intensité. L'ensemble en lui-même ne survit que quelques heures car il finit généralement par s'étouffer dans les pluies stratiformes qu'il génère, à moins qu'il ne finisse par s'organiser en un MCS bien structuré (voir plus loin).

 Amas orageux particulièrement violent sévissant la nuit du 19 au 20 juin 2002 sur le centre de la Belgique (source: IRM)


Ligne de grain

La ligne de grains est, comme son nom le laisse transparaître, une organisation multicellulaire de plusieurs grains qui se soudent entre eux pour former une ligne assez fine mais parfois longue de plusieurs dizaines, voire centaines de kilomètres. Elle se déplace généralement rapidement et plus ou moins perpendiculairement à son extension. On les observe en toute saison, notamment en hiver.

Les échos en bleu foncé composent une ligne de grains traversant l'est de la Belgique la nuit du 13 au 14 janvier 2015, donnant des orages particulièrement bruyants sur la région liégeoise (source: Buienradar).

Front NCFR

Pour Narrow cold front rainband (bande étroite de front froid). Il est semblable à la ligne de grains, mais est avant tout une organisation synoptique avant d'être liée à la convection. Le front NCFR doit son existence à la quasi seule dynamique atmosphérique. La ligne formée est beaucoup plus régulière et "lisse" qu'une ligne de grains, et n'est pas forcément orageuse sur toute sa longueur. Par contre, elle peut être le siège de phénomènes venteux brutaux. Elle est de plus liée à un front froid là où la ligne de grains a tendance à ne pas l'être, mais ce n'est pas systématique.

Un front NCFR traversant le nord de la Belgique l'après-midi du 28 janvier 2015. La ligne semble plus régulière, mais c'est ici l'appartenance à un front froid qui permet d'affirmer la nature de l'organisation orageuse (source: Buienradar).

Echo en arc

En anglais, on parle de "bow echo". Il s'agit d'une ligne de grains prenant une forme arquée sur une partie ou sur la totalité de sa longueur. De par sa nature, le bow echo est souvent le siège de violentes bourrasques.

Bow echo (flèche en noir) au sein d'une ligne de grains le 3 janvier 2014 (source: Buienradar).

Echo en virgule

Pour Comma echo en anglais. Plus rare, il évolue à partir d'un écho en arc et, comme son nom l'indique, prend la forme d'une grande virgule avec, dans la tête à son extrémité nord, un risque de tornade accru.

LEWP

Pour Line Echo Wave Pattern (échos en forme de vagues). Il s'agit d'une ligne de grains présentant des ondulations sur sa longueur, parfois découpée en échelons disposé en quinconce les uns par rapport aux autres. Ce sont des structures en général violentes et très venteuses.

LEWP sur le centre-sud de la Belgique en début de soirée du 1er octobre 2016. Les ondulations le long de la ligne permettent de l'identifier comme tel (source: Meteoservices).

Système convectif de mésoéchelle

On parle aussi de MCS (acronyme anglais). Comme son nom l'indique, il s'agit d'un grand système de minimum 80-100 kilomètres de large, de forme plus ou moins allongée, dans lequel s'individualise deux parties:
  • Une partie dite stratiforme, de loin la plus grande. Il s'agit d'une zone où tombe une pluie modérée, généralement peu active d'un point de vue électrique: on y observe de très rares mais puissants coups de foudre ou alors de grands éclairs internuageux horizontaux qui semblent se répandre dans le ciel.
  • Une zone intense, sorte de noyau dur, qui concentre le maximum d'activité, s'individualisant généralement en bordure de la zone stratiforme, plus rarement à l'intérieur. Cette zone intense peut avoir différentes formes: un grand orage multicellulaire, une ligne de grains, un echo en arc ou plus rarement un LEWP.
Un MCS traversant la Wallonie la nuit du 25 au 26 mai 2009, avec les deux parties identifiées (source: Meteo60).

MCS traversant très rapidement la Belgique au petit matin du 18 juin 2012. Il renferme un echo en arc (ligne orange-rouge courbée en haut à droite) (source: Infoclimat).

Une évolution du MCS est le QLCS, pour Quasi Linear Convective System (système convectif quasi linéaire). Il s'agit d'un cas particulier où la ligne de grains qui compose la partie active devient massive et très allongée. La partie stratiforme est également allongée, en général à l'arrière de la zone intense.

Train d'orages achevant sa transformation en un violent QLCS sur l'Entre-Sambre-et-Meuse et l'Aisne au soir du 22 août 2011 (source: Meteoservices).

Enfin, citons pour finir le MCC, pour mesoscale convective complex (complexe convectif de mésoéchelle). Il s'agit d'un MCS de grande dimension, capable de couvrir un territoire plus grand que la Belgique. Il doit répondre à des critères bien précis pour être qualifié comme tel. Nous ne les détaillerons pas ici.

Pour plus de précisions, voici les liens vers deux articles évoquant les supercellules et les MCS:





lundi 13 février 2017

Tropicalisation de la France : les alizées à Bordeaux et Stéphanie dans le Golfe de Gascogne

Introduction

Le Sud de la France et la péninsule ibérique ont vécu deux événements météorologiques d'une importance majeure en Septembre 2016, même si ces deux phénomènes ont été en partie ignorés dans les grands médias. Le plus spectaculaire fut le cyclone à caractère subtropical Stéphanie, qui s'est développé les 14 et 15 Septembre 2016 dans le golfe de Gascogne. Pour la côte Atlantique, c'est une première, probablement depuis des siècles si ce n'est des millénaires comme nous le verrons par après. L'autre événement notable, complètement passé sous les radars, fut la remontée des alizées jusqu'à ce même golfe de Gascogne entre fin Août et début Septembre. Ce n'est pas tout à fait une première, car cela s'était déjà vu en 2012 (avec l'inénarrable ouragan Nadine...) et 2013 par exemple. Cependant, la répétition récente d'une telle influence des tropiques dans le Sud de la France ne fait que renforcer l'impression que le climat change, et change vite. Cet article sera essentiellement centré sur le cyclone subtropical Stéphanie, et son interception par votre humble serviteur dans le pays basque, mais explorera également les questions liées à l'extension de la zone tropicale vers le Nord, pour l'Europe en particulier.


dimanche 8 janvier 2017

Pluies verglaçantes du 7 janvier 2017

Il n'a donc pas fallu attendre bien longtemps pour que 2017 nous expédie fissa son premier grand événement météorologique, sous la forme d'un épisode neigeo-pluvieux verglaçant particulièrement contraignant. Dans cet article, nous faisons rapidement le point sur le mécanisme et le déroulé des événements.

vendredi 6 janvier 2017

Evénements 2017

Janvier

Le 6 janvier est une journée glaciale. Au matin, les minimales plongent sous -10 en Ardenne, avec jusqu'à -16,7°C à Elsenborn. Au sud du sillon Sambre-et-Meuse, les températures se maintiennent généralement sous 0°C toute la journée.

Le 7 janvier, un épisode de pluies verglaçantes assez conséquent se produit et pose pas mal de problèmes sur les routes. Voir notre article spécial: ICI

Les rues d'Ougrée, près de Liège, prises par le verglas l'après-midi du 7 janvier (auteur: Info Meteo).

Le 12 janvier dès la fin de l'après-midi, il neige dans les Hautes-Fagnes, puis sur l'est de l'Ardenne. En cours de nuit suivante, une dépression nommée Egon passe en se creusant sur la Belgique, donnant des rafales de 94 km/h à Humain et de 97 km/h à Dourbes. C'est moins qu'une bande de territoire allant de la Normandie au nord-est de la France qui subit une forte tempête. Les rafales atteignent notamment 146 km/h à Dieppe, 134 km/h à Albert-Bray (frontière sud du Pas-de-Calais) et 125 km/h à Saulces (département des Ardennes).

Progression de la tempête Egon dans l'après-midi du 12 et la nuit suivante (source: Meteo France).

Juste à l'arrière de la dépression, de l'air froid s'engouffre en altitude et entraîne le changement de la pluie en neige sur la plupart des régions. Au matin du 13, on relève quelques centimètres de neige du côté de Charleroi, et jusqu'à une dizaine de centimètres dans certains coins du Condroz. En Ardenne, la couche est plus importante, avec jusqu'à une vingtaine de centimètres dans les Hautes-Fagnes. Les conditions de circulation sont parfois rendues très difficiles à l'heure de pointe matinale.

Ougrée sous 4 à 5 cm de neige à l'aube du 13 janvier (auteur: Info Meteo).

De nouvelles averses se produisent dans la journée et en soirée, à la faveur d'un creux d'altitude suivi d'un front occlus, avec de la neige tenant durablement au-dessus de 350-400 mètres. Plus bas, l'accumulation n'est que temporaire, mais suffisante pour provoquer quelques embarras de circulation en début de soirée dans la région de Charleroi notamment. On observe à nouveau une situation similaire le 14 janvier. En soirée, de nouvelles averses modérées provoquent quelques embarras de circulation. 

Les environs de Berinzenne (hauteurs de Spa) sous une grosse vingtaine de centimètres de neige le 14 janvier (auteur: Info Meteo).

Le 15 janvier, il tombe encore un peu de neige sous forme de faibles averses ça et là, mais bien moins que les jours précédents. Les quantités accumulées deviennent remarquables en haute Ardenne, avec une cinquantaine de centimètres de neige dans les Hautes Fagnes et 40 à 45 cm de neige du côté de la Baraque de Fraiture par exemple.

A partir du 17 janvier, l'ensemble de nos régions (et de manière générale l'Europe occidentale) connait une période froide qui va durer jusqu'au 28 janvier. Des minimas parfois très bas sont observés en Haute Belgique, tandis que les maximales restent certains jours plusieurs degrés sous 0. Ci-dessous, voici un petit récapitulatif des températures relevées dans quelques stations.

Source: Ogimet

Coucher de soleil sur la Baraque Michel enneigée le 17 janvier (auteur: Info Meteo).

Février

Le 23 février, la dépression Thomas (ou Doris pour les Anglais) se creuse sur les Iles britanniques puis la mer du Nord. Dans l'après-midi, elle donne un épisode de coup de vent à tempête sur la Belgique. Deux personnes décèdent en province de Liège. Les rafales atteignent 105 km/h à Ostende, 101 km/h à Deurne, 97 km/h à Gosselies, 94 km/h à Bierset et à Zaventem.

La tempête Thomas en début de soirée du 23 février (source: IRM).

Le 27 février, un front froid orageux traverse nos régions du sud-ouest au nord-est dans l'après-midi. Les orages, organisés en une ligne de grains, sont généralement modérés, localement forts (notamment sur le sud du pays). Ils présentent de fortes bourrasques, du grésil ou de la neige roulée, ainsi qu'une activité électrique notoire pour une fin février.

 Coup de foudre dans la région de Sars-la-Buissière l'après-midi du 27 février (auteur: Info Meteo).

Mars

Le mois est très doux (température moyenne très exceptionnellement élevée), notamment en dernière décade.

Avril

A l'inverse, avril est frais, mais surtout déficitaire en quantité de précipitations. Le 20 avril au matin, on note une température minimale remarquable de -8,9°C à Elsenborn.

Mai

Le 12 mai, des orages se produisent dans une traîne douce. Une première série d'orages concerne l'est du Hainaut et le centre du Brabant wallon en fin d'après-midi. En début de soirée, de nouveaux orages, plus faibles, éclatent sporadiquement sur l'Entre-Sambre-et-Meuse puis le sud-est de la province de Namur, et enfin la région de Liège en fin de soirée.

Ensemble de deux cellules orageuses évoluant sur le Brabant wallon en fin d'après-midi du 12 mai (auteur: Info Meteo).

A la fin mai, le bilan statistique des derniers mois pose question à propos d'un déficit pluviométrique qui s'accentue, menant possiblement nos régions vers une situation de sécheresse à court terme.

27-28-29 mai: chaleur orageuse

La toute fin du mois voit survenir un coup de chaleur peu commun pour cette époque de l'année, à la faveur d'un flux de sud-ouest d'origine tropicale. Le 27 mai, on relève les maximales suivantes: 31,1°C à Uccle, 30,9°C à Gosselies, 31,3°C à Bierset et 33,3°C à Kleine-Brogel. En fin d'après-midi et en soirée, des orages peu mobiles éclatent ça et là, certains sont assez actifs électriquement parlant et accompagné de grêle, notamment du côté de Gembloux.

 Orage particulièrement actif sévissant dans la région de Gembloux en fin d'après-midi du 27 mai (auteur: Belgorage).

A l'aube du 28 mai, de nouveaux orages se développent, d'abord sur l'Entre-Sambre-et-Meuse, puis sur la Famenne et enfin au-dessus du Condroz jusqu'au Pays de Herve. Certaines cellules sont très électriques et accompagnées de grêle, notamment dans la région de Ciney mais aussi à Seraing où il tombe des grêlons de 1 à 2 cm de diamètre peu avant 8h00. Quelques foyers éclatent plus sporadiquement sur le Hainaut et les Brabants. L'activité orageuse s'estompe partout vers 10h00.

 Activité électrique relevée entre le 27 mai minuit et le 28 mai midi. Les impacts en rouge montrent une dégradation survenue le 27 mai au matin, ceux en orange, les orages de l'après-midi/soirée et en jaune les orages du matin du 28 (source: lightningmaps).

L'après-midi du 28 mai est un peu moins chaude que la veille en raison des orages ayant éclaté en matinée. Toutefois, l'air reste lourd, et l'est de la Belgique connaît de nouveaux orages, parfois forts, comme sur la région de Malmedy où de la grêle est signalée. La nuit suivante, un MCS concerne les côtes belges.

Le 29 mai, l'air est tropical pour la saison. Après une nuit où les minimales se sont pas descendues en-dessous de 20,1°C à Bierset et à Gosselies (exceptionnel), l'après-midi est caniculaire avec 30,5°C à Uccle, 31,0°C à Gosselies, 31,1°C à Bierset et 32,8°C à Kleine-Brogel. Des orages durables éclatent à nouveau sur l'est de la province de Liège en deuxième partie d'après-midi, présentant un caractère fort.

Orage sur l'est de la province de Liège, vu depuis Somme-Leuze (auteur: Info Meteo).

En début de soirée, quelques foyers sont observés dans le Hainaut, puis la région entre Charleroi et Namur voit se développer brutalement un fort orage multicellulaire. L'ensemble concerne une région allant de la Basse Sambre à l'est du Brabant wallon pendant une heure et demi, donnant jusqu'à un éclair toutes les 2 à 3 secondes et des chutes de grêle parfois conséquentes, notamment du côté de Jemeppe-sur-Sambre et d'Eghezée.

Fort orage éclatant sur l'est du Brabant wallon après avoir concerné l'ouest et le nord de la province de Namur (auteur: Info Meteo).

Malgré ce caractère localement fort, peu d'embarras sont signalés.

Activité électrique observée le 29 mai. Les impacts les plus récents (soirée, sont en jaune), les plus vieux (nuit précédente) sont en rouge (source: Lightningmaps).

Article détaillé sur cet épisode orageux: ICI
 
Juin

Le début du mois connait quelques orages, mais surtout un coup de vent hors saison  le 6, accompagné d'averses orageuses parfois grêligènes. Les rafales atteignent 87 km/h à Zeebrugge et 76 km/h à Gosselies. On observe un orage particulièrement actif la nuit du 8 au 9 sur le Hainaut occidental. D'autres cellules éclatent sporadiquement en matinée du 9 sur l'extrême est et sud de la Belgique.

L'après-midi du 15 juin, de forts orages éclatent surtout sur les provinces de Liège et de Luxembourg. Un premier orage très actif concerne une bande allant de Durbuy à Malmedy, puis une ligne d'orages se créée à l'arrière de la Famenne au Pays de Herve (et jusqu'à Dusseldorf côté allemand) avant de balayer l'est de la Belgique. L'activité électrique est par moments très intense, et de la grêle est signalée dans le Pays de Herve et sur l'est de l'Ardenne.

Activité électrique observée l'après-midi du 15 juin (source: Lightningmaps).

 Grêlons récoltés à Harre (Werbomont) (auteur: M. Burette).

19 au 22 juin - Canicule

Les jours suivants, une canicule se développe, et culmine le 22 juin avec des maximales au-dessus de 35°C dans l'est du pays. Cette période remplit pleinement les critères d'une vague de chaleur telle que définie par l'IRM:

Cinq jours consécutifs avec des températures maximales de plus de 25°C, parmi lesquels trois jours sont à plus de 30°C.

L'épisode a commencé le 19. Si cette journée et celle du 20 ont connu des températures "classiques" pour un coup de chaud, la suite a été plus épicée, avec la survenue de quelques faits somme toute assez peu communs chez nous.

Le 21 juin, les maximales n'ont été atteintes qu'en fin d'après-midi, voire en début de soirée dans certaines régions, ce qui est très remarquable. On note ainsi 31,6°C à Uccle à 19h00, 33,1°C à Dourbes également en fin d'après-midi et 28,2°C à Zeebruges à 21h00! Ces maximales atteintes très tard sont dues à l'arrivée d'une masse d'air encore plus chaud depuis la France en cours d'après-midi. C'est dans cet air que seront observées les températures élevées du lendemain. En attendant, elle donne à la Belgique une nuit exceptionnellement chaude. Les minimales ne descendent pas en-dessous de 22,7°C à Uccle et à Bierset, 22,8°C à Gosselies. Le matin, dès le lever du soleil, les températures explosent.

L'après-midi du 22 juin, elles atteindront 34,1°C à Dourbes, 34,6°C à Bierset, 35,3°C à Kleine-Brogel et 35,6°C à Angleur. Plus à l'ouest, les maximales sont moins élevées en raison de l'arrivée d'un front froid limitant l'envolée des températures. Son passage se fait plutôt calmement, avec seulement quelques gouttes et quelques coups de tonnerre en Flandre. Par contre, le vent se fait très présent, donnant à la Belgique une sensation de mistral avant que le mercure ne baisse plus franchement.

 Image tirée d'une publication d'Info Meteo montrant les températures très élevées sur le centre et l'est, au-devant du front froid qui progresse (source de la carte: Infoclimat).

Juillet

Le 1er juillet est épouvantable, mais apporte une pluie bienvenue après des semaines de sécheresse par endroits. La température maximale ne dépasse pas 17,1°C à Uccle, alors qu'on y relève 22 mm de pluie.

Le 6 juillet, après le retour d'un temps chaud, des orages parfois forts concernent nos régions en début d'après-midi et en soirée. Le premier amas passe plutôt sur le nord de la Wallonie, avec par moments une activité électrique assez forte (un éclair toutes les quelques secondes), tandis que le second concerne le sud de la province du Luxembourg et est d'intensité similaire au niveau d'un noyau transitant sur Arlon. En parallèle, des orages grêligènes frappent l'ouest de la Flandre. Lien vers notre dossier: ICI.

 Le premier système orageux sur le nord et l'est de la Wallonie (source: Belgocontrol).

 Activité électrique enregistrée le 6 juillet avec les impacts du matin en rouge et ceux du soir en orange (source: Lightningmaps).

Le 19 juillet survient un nouveau pic de chaleur orageuse. On relève 30,1°C à Gosselies et 30,4°C à Bierset. Les orages qui éclatent à la mi-journée et la nuit suivante sont parfois forts, en lien avec l'approche d'un front froid par l'ouest et la présence d'un fort courant Jet en altitude. Les premiers orages se déplacent le long du sillon Sambre-et-Meuse en fin de matinée et en début d'après-midi, avec largement plus de 100 impacts par minute à certains moments. De la grêle a également été signalée concomitamment à cette activité, sur une région allant de la frontière à Charleroi. 

La deuxième vague orageuse est brutalement apparue sur le Hainaut en début de nuit du 19 au 20, et s'est rapidement transformée en une ligne de grains, avec notamment une partie très active qui a concerné la région bruxelloise. L'activité électrique y était d'un éclair toutes les quelques secondes et les précipitations passagères mais très intenses. Dans le même temps, une série de petites cellules orageuses est apparue sur la Haute Meuse française, avant de se constituer en une seconde ligne de grains qui a balayé un bon tiers sud-est du pays en deuxième partie de nuit. Cette deuxième ligne était toutefois moins active que la ligne bruxelloise, avec des intensités d'un éclair toutes les 5 secondes en moyenne dans les phases les plus intenses.

Ensemble des éclairs observés entre 6h00 le 19 et 6h00 le 20, avec les plus vieux impacts en mauve et les plus récents en jaune (source: Lightningmaps).

Le 24 juillet est à nouveau atroce, avec des températures fraîches dans un flux maritime frais de nord-ouest. Des orages sont également observés; dans le Borinage, la foudre porte dommage à deux maisons tandis que quelques inondations sont signalées. Ce temps frais se maintient aussi le 25. 

Jeux de lumières en fin de journée du 24 à Tarcienne (auteur: N. Bauthier).
 
Août

La nuit du 31 juillet au 1er août, des orages parfois forts et supercellulaires se succèdent sur la Lorraine belge essentiellement, guidés par un front ondulant stationnant sur nos régions. Des grêlons de 2 à 3 cm tombent du côté de Halanzy. En début de matinée du 1er, un MCS passe juste au sud-est du pays d'Arlon.

Activité électrique observée, avec les impacts de la nuit en rouge et deux du matin en orange (source: Lightningmaps).

Le 5 août, quelques averses orageuses sont observées ça et là. Une impressionnante trombe marine se produit au large de Knokke-Heist.

 La trombe du 5 août vue de la plage.

Les 6 et 7 août sont deux assez belles journées au sein d'une décade qui ne l'est pas franchement. Le 8 août, une goutte froide plonge sur l'Europe occidentale, et donne plusieurs orages faibles à modérés sur le Hainaut et la province de Luxembourg, dans une ambiance assez fraîche. Quelques inondations sont à signaler du côté de Mouscron. Dans la région de Bouillon, c'est un fort orage venteux qui est observé, provoquant de gros dégâts à la végétation au sud de Bouillon et sur Les Hayons. Cet orage, de nature probablement supercellulaire, s'est déplacé du centre du département des Ardennes à Bertrix via Sedan, et a donné une faible tornade de La Chapelle à la région au nord-est de Les Hayons, responsable des dégâts dans ce village ainsi qu'au sud de Bouillon. Pour plus d'informations, voir la brève de Belgorage à ce sujet (page facebook).

 La probable supercellule HP (pour High Precipitation) sur la région de Bouillon vers 20h30 (source: Meteoservices).

Les jours suivants sont frais. Le mercure ne dépasse pas 16,2°C à Uccle le 10. En soirée, des averses orageuses se reformant sans cesse sur le Westhoek donne un relevé de 90 mm de pluie à La Panne, de nombreuses inondations de caves sont à déplorer.

Le 15 août, des orages éclatent dès l'aube, et sont par endroits spectaculaires. Cependant, peu de dégâts sont à signaler. La nuit précédente, de l'air humide d'origine tropicale a atteint nos régions au-devant d'un front froid approchant par l'ouest. Celui-ci est lié à un complexe dépressionnaire entre Islande et Écosse. La présence d'un fort courant Jet induisant des ascendances s'ajoute à la liste des éléments probants pour une dégradation orageuse d'envergure. Comme le montre la carte des fronts, de multiples lignes de convergence ont évolué dans cet air chaud et humide. L'instabilité limitée a cependant laissé planer le doute sur le déclenchement des premiers orages.

Situation atmosphérique à 8h00 le 15 août (source: KNMI).

L'heure de déclenchement de ces premiers orages était assez inhabituelle, en fin de nuit. Cela rendait la situation d'autant plus compliquée que les orages auraient à faire face au lever du soleil qui, en général, les affaiblit par réchauffement des sommets nuageux.

Un premier système orageux (MCS) s'est constitué en milieu de nuit sur la Manche et a atteint l'extrême nord de la France peu avant 6h00. Cet ensemble s'est cependant désagrégé en approchant de la Belgique. En parallèle, un second amas orageux s'est constitué après 4h00 sur l'ouest de l'Ile-de-France avant de remonter vers la Wallonie.

Radar des précipitations à 8h00 (source: Infoclimat).

C'est à partir de ce moment-là que le second amas orageux a commencé à bien se structurer, finissant par donner une activité électrique très intense sur le département des Ardennes. Il s'est progressivement transformé en un écho en arc (ou bow echo en anglais), formation orageuse arquée et sculptée par les courants en altitude. C'est dans ce contexte qu'un spectaculaire arcus était visible sur le sud de la Belgique, au devant du système. Ajoutons que la ligne orageuse s'est brisée en son centre sous l'effet d'un rear inflow jet, vent en altitude très rapide que l'on observe régulièrement juste à l'arrière des grands systèmes orageux. Au point de vue phénomènes, cette évolution a quelque peu affaibli le système orageux, qui malgré son arcus impressionnant, n'a conservé qu'un segment très actif à son bord sud. Ce segment s'est déplacé sur une ligne Bouillon - Bastogne, accompagné de grêle et d'une forte activité électrique.

  Radar des précipitations à 9h00 et 10h30 (source: Meteoservices).

En seconde partie de matinée, le système s'est déplacé en direction du nord du Luxembourg, tandis qu'une seconde ligne d'orages évoluait à son arrière. Elle renfermait notamment en son sein une cellule très active qui a brièvement donné une forte activité électrique de type foudre et de fortes pluies juste au sud de Marche-en-Famenne vers 10h30. L'activité orageuse s'est estompée sur le temps de midi.

Impressionnante vue de l'arcus sur la commune de Paliseul (photo provenant de RTL).

L'étendue de ces orages matinaux n'était pas réellement cernée par les modèles, et a eu une incidence principale, à savoir retarder et limiter le réchauffement des basses couches par le soleil. Ainsi, l'énergie potentielle était plus faible qu'attendu, avec comme conséquence que la seconde vague orageuse de la fin de l'après-midi fut plus classique et généralement modérée. De multiples foyers ont concerné l'Ardenne et la Famenne, avec surtout un maximum sur la région spadoise. En soirée, une ligne d'orages s'est formée sur le Condroz, et a très brièvement présenté un caractère fort avec une activité électrique assez soutenue (un éclair toutes les quelques secondes). L'activité s'est estompée vers minuit.

Côté précipitations, on ne note pas de cotes remarquables. A signaler toutefois que la stagnation de la ligne orageuse du soir sur le Condroz a donné 33 mm de pluie à Havelange (total du jour: 35 mm). De la grêle a été observée dans les régions de Bertrix et de Bastogne entre autres. La carte ci-dessous reprend quant à elle l'ensemble des impacts détectés ce 15 août, avec les plus anciens en rouge et les plus récents en jaune.

 Impacts relevés le 15 août (Source: Lightningmaps) 


Voir notre article reprenant nos observations sur le terrain.

En début de soirée du 18 août, une ligne d'averses faiblement orageuses traverse le centre et l'est de la Belgique. Au niveau de la commune de Gingelom (Limbourg), une possible tornade provoque de gros dégâts aux habitations vers 19h30.

Les deux premières décades du mois d'août sont dans l'ensemble plutôt sombres, avec de régulières journées fraîches.

Le 25 août sur le temps de midi puis la nuit suivante, des orages modérés concernent la province de Luxembourg.

La nuit du 29 au 30 août, un amas orageux remonte de France et concerne l'ouest de la Belgique. En tout début de matinée, de faibles orages éclatent ça et là. L'après-midi du 30, de forts orages concernent la région bruxelloise et les deux Brabants. Des inondations locales sont observées.

Activité électrique observée le 30 août (source: Lightningmaps).

Septembre

Le 13 septembre, le premier coup de vent de l'automne concerne la Belgique (ce qui est par ailleurs assez précoce). Le passage de la dépression Sebastian (Aileen pour les Anglais) donne des rafales de 83 km/h à Humain et 90 km/h à Zeebrugge. Sur la digue ouest du port de Zeebrugge, un anémomètre mesure cependant une pointe de 122 km/h, et les rafales atteignant 131 km/h au Cap Gris Nez en France.

Le milieu du mois est frais et maussade - comme depuis le 1er - mais il devient en plus orageux. De fréquentes averses orageuses sont observées, certaines étant accompagnées de chutes de grésil parfois remarquables. C'est notamment le cas sur la commune de Ham-sur-Heure-Nalinnes au passage d'un orage l'après-midi du 17.

Le 29 septembre est une belle journée avec des maximales de 23 à 24°C. La nuit suivante, l'arrivée d'un front froid donne des orages parfois modérés et localement répétitifs qui concernent surtout l'Ardenne. Quelques impacts sont aussi observés dans le Hainaut et en province de Liège. Les cumuls de pluie dépassent parfois les 30 mm du département des Ardennes au sud de la province de Namur.

Activité électrique observée entre le 29 midi et le 30 midi (source: Lightningmaps).

Octobre

Dans l'ensemble, le mois d'octobre est doux. Au milieu du mois survient un épisode de "Goldener Oktober" (ou "Octobre doré" quand traduit de l'allemand, soit une courte période de grand redoux ensoleillé). A partir du 14, les températures montent pour culminer le 16. On relève 24,8°C à Bierset, 24,9°C à Gosselies et 25,7°C à Uccle (record égalé pour cette station). A noter que le flux de sud-ouest responsable de ce "coup de chaud automnal" a été aidé par le cyclone tropical Ophelia qui a perdu ses caractéristiques à 600 km à peine de la Bretagne, ce qui est exceptionnel. Un long article a été consacré à l'analyse de ce cyclone "quasi européen": Ophelia, l'invasion des Tropiques.

L'ouragan Ophelia au matin du 15 octobre, alors au large du Portugal, donne des images satellites sensationnelles (source: sat24).

Un superbe coucher de soleil clot une non moins superbe journée automnale le 16 à Liège (auteur: E. Lecrenier).

Le mois d'octobre qui s'achève a été anormalement chaud et moins pluvieux que la normale. Outre l'événement Ophelia, c'est donc une période particulièrement calme qui se termine.

Novembre

Le 12 novembre est assez agité, avec l'établissement d'un vigoureux flux de nord à nord-ouest: les premières neiges blanchissent la Haute Ardenne ainsi que la région de Bastogne (2 à 3 cm au Signal de Botrange) tandis que des averses de grésil ou de neige fondante et parfois orageuses sont observées plus bas. Un orage génère une tornade sur une vingtaine de kilomètres entre Neufvilles et Saint-Vaast, dans le Hainaut. Elle provoque pas mal de dégâts, heureusement sans grande gravité. En soirée, des averses de neige mouillée mènent à un léger blanchissement local dans le Condroz occidental.

 Un orage de neige sévit sur Ovifat (Haute Ardenne) l'après-midi du 12 novembre (auteur: S. Gonay).

Le 30 novembre en matinée, des averses de neige donnent quelques centimètres d'accumulation du Brabant wallon à l'Ardenne, accumulation qui disparaît ensuite (sauf en Ardenne). Puis en soirée, un creux d'altitude descendant de mer du Nord amène des chutes de neige modérées sur le centre du pays, puis sur le sud. L'accumulation tourne autour de 5 cm en périphérie de Bruxelles, 1 à 2 cm dans le Namurois, jusqu'à 10 cm sur les hauteurs de Alost. Survenant à l'heure de pointe vespérale, cette offensive hivernale provoque de gros désordres sur le réseau routier du centre du pays. Des orages de neige éclatent dans la région de Mouscron.

Averse de neige au matin du 30 novembre à Bois-Seigneur-Isaac, dans le Brabant wallon (auteur: J.-F. Delhove).

Le mois de novembre qui se termine a été anormalement pluvieux.

Décembre

Les 8 et 9 décembre, des averses hivernales sont régulièrement observées, même en Moyenne Belgique. Le 10 par contre, une perturbation poussée par la dépression Xanthos donne de la neige en matinée. On relève en général 5 cm de Bruxelles au Condroz, jusqu'à une dizaine en Ardenne. Par la suite, un puissant redoux fait fondre la neige, mais s'accompagne d'un coup de vent essentiellement au nord du sillon Sambre-et-Meuse. On relève 94 km/h à Zaventem, 101 km/h à Ostende et jusqu'à 151 km/h au Cap Gris-Nez. 

La neige à Wartet (Namur), où il y en a 5 cm (auteur: Info Meteo).

Le 11 décembre est une journée particulière. Une profonde dépression traverse la Belgique du sud-ouest au nord-est après avoir donné une violente tempête sur les côtes ouest-françaises. Elle sépare de l'air froid au nord et de l'air doux au sud. Ainsi, il pleut toute la journée sur une grande partie de la Wallonie, mais Bruxelles et surtout la Flandre sont aux prises avec une impressionnante perturbation neigeuse qui sème une véritable pagaille sur le réseau routier et dans les aéroports. Il tombe parfois une quinzaine de centimètres de neige. Au soir, la perturbation est l'air froid gagnent vers l'est, finissant par donner un peu de neige dans la plupart des régions.

Le 13 décembre, la vaste dépression Zubin amène un épisode neigeux d'envergure sur l'Ardenne. Il tombe par endroits de 15 à 20 cm de neige (localement un peu plus), engendrant de très gros problèmes de circulation, notamment sur la voie rapide N89 entre Libramont et Saint-Hubert, qui finit complètement paralysée. En soirée, alors que la situation s'améliore en Ardenne, le front froid de Zubin, très actif, balaye l'ensemble des régions, accompagné de fortes rafales et parfois d'orages (comme sur la Hesbaye ou l'est de la province de Liège). Quelques heures plus tard, dans la nuit du 13 au 14, un creux d'altitude amène un nouvel épisode venteux, essentiellement sur la Wallonie. Le 14, de nouvelles averses hivernales se produisent un peu partout, menant parfois à une petite accumulation temporaire, même à basse altitude. Durant cette période, les rafales atteignent 90 km/h à Florennes (nuit), 86 km/h à Ernage (soirée) et 105 km/h à Lille (soirée).

Zubin (en haut) et le creux associé sur la Belgique à 4h00 du matin le 14 décembre (source: Wokingham Weather).

Au milieu du mois, le bilan comptable de l'ensoleillement est extraordinairement bas: à peine deux heures de soleil cumulées à Uccle en quinze jours. Il est de plus déjà tombé en pluie ce qui doit normalement tomber sur les trente-et-un jours.

Au soir du 27 décembre, un coup de vent concerne la côte belge (rafales de 87 km/h à Koksijde et Ostende, 104 km/h dans le port de Zeebrugge). A Nieuport, la chute d'une grue provoque des dégâts matériels et la mort d'une personne. Une partie du toit du stade du KV Oostende fait également les frais de la tempête. La nuit suivante, des averses hivernales blanchissent par endroits le sud de la Hesbaye et le sud du sillon Sambre-et-Meuse. 

Le 29 décembre, un épisode neigeux assez important concerne l'Ardenne, provoquant de gros problèmes de circulation. Il neige également à plus basse altitude (au-dessus de 150 mètres), mais l'accumulation de neige est moins importante et temporaire. 

La neige et ses embarras entre Libramont et Saint-Hubert (auteur: H. Marville).

Le mois de décembre qui s'achève est exceptionnellement sombre (seulement 10h31), le moins ensoleillé depuis 1934. C'est aussi un mois très anormalement pluvieux, aussi bien par le nombre de jours de pluie que par la quantité (130 mm contre 81 en temps normal). On a également relevé neuf jours d'orages, ce qui est exceptionnel.
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