lundi 21 août 2017

Il y a trente ans, la catastrophe de Gerpinnes (24/08/1987)

Dans nos régions, si les orages causent régulièrement des dégâts, ils sont rarement meurtriers. Pourtant, il y a trente ans se produisait l'un des pires désastres attribués à un orage que notre pays ait connu. Au soir du 24 août 1987, des orages diluviens ravagent l'Entre-Sambre-et-Meuse et emportent malheureusement avec eux trois victimes dans les brutales inondations qui en découlent au sud-est de Charleroi. Dans cet article, nous relaterons les événements puis nous tenterons de cerner les conditions atmosphériques ayant permis à ces orages d'inonder le Pays d'Acoz.

Une grande partie des informations reprises ici est tirée d'un mémoire de fin d'étude (DESMEDTS I. : L'inondation de la Biesme à Gerpinnes et Acoz le 24 août 1987), consultable à la bibliothèque des Sciences de l'UCL à Louvain-la-Neuve. Ces informations ont été croisées avec celles tirées de nos propres recherches.

jeudi 17 août 2017

Compte rendu des orages du 15 août 2017


Vers 7h00, nous étions déjà "au poste" dans la région de Erquelinnes pour avoir arriver les orages éclatant sur le nord de la France. Mais comme nous le craignions, le lever du soleil a progressivement affaibli les foyers, de telle sorte que c'est un amas pluvio-orageux sans consistance qui a alors atteint la frontière, à peine agrémenté de quelques décharges.

Toutefois, les radars montraient une augmentation rapide de l'activité électrique sur l'ouest du département des Ardennes. Nous avons alors pris la N40 puis la N97 en direction de l'est. C'est entre Philippeville et Dinant que nous avons pu commencer à apercevoir sur notre droite à l'horizon l'énorme arcus de ce système qui se renforçait.

Arrivée à Waha près de Marche-en-Famenne sur le coup de 9h15. Le spectacle est dantesque.

 L'avant de l'orage observé depuis Waha (auteur: Info Meteo).

C'est un énorme arcus qui avale progressivement les reliefs de l'Ardenne, tandis que de réguliers coups de tonnerre étouffés roulent à travers la campagne. L'activité électrique est modérée et a diminué de moitié comme nous le signale un de nos collaborateurs effectuant le suivi par téléphone, et surtout concentrée vers Bertrix (qui se trouve à ce moment sous la partie la plus massive de l'arcus, tout à gauche de la photo). Cela n'empêche pas de belles chutes de foudre de se manifester par moments.

Chute de la foudre dans les environs de Waha (auteur: Info Meteo).

La forte impression que faisaient l'arcus et le ciel livide derrière celui-ci nous a un moment laissé nous attendre à quelque chose de costaud, mais l'information reçue sur la baisse de l'activité électrique a quelque peu fait baisser la garde. Effectivement, le passage de l'orage sera rapide et peu intense.

Par après, la volonté d'intercepter la partie sud de cet écho en arc qui passe de Bertrix à Bastogne nous amène du côté de la Barrière de Champlon d'où quelques éclairs sont visibles.

Coup de foudre vers Bastogne (auteur: Info Meteo).

En parallèle, nous remarquons quelques éclairs vers l'ouest, mais nous n'y prêtons pas attention. Pensant que l'offensive se termine, nous repartons de toute façon vers Marche-en-Famenne aux alentours de 10h25. Au niveau de Bande, une puissante chute de foudre se manifeste quelques kilomètres devant nous, depuis la zone dont nous observions les quelques éclairs plus tôt à l'ouest. Elle est bientôt suivie par d'autres. En quelques minutes, l'activité électrique devient réellement impressionnante, et nous remarquons immédiatement à notre gauche une épaisse zone de précipitations qui s'approche rapidement de la N4. Tout ceci semble engendré par une petite cellule qui se renforce brutalement au sud de Marche, interprétation qui sera confirmée par l'analyse des radars par après. 

Nous sommes alors littéralement bombardé par d'épais coups de foudre très ramifiés qui tombent dans le voisinage à intervalles de 10 à 15 secondes. Près de Charneux, nous rentrons dans un véritable mur d'eau, avec immédiatement la formation d'énormes flaques sur la N4 et une visibilité réduite à 200 mètres tout au plus. Cette concentration d'activité est d'autant surprenante qu'elle semble surgir de nulle part, mais les cartes d'impacts de foudre consultées par après montrent clairement que nous nous sommes retrouvés "au bon endroit au bon moment", lorsque la cellule s'est brutalement renforcée sur le secteur de Charneux.
 
Une grosse centaine d'éclairs détectés entre 10h35 et 10h40 alors que nous passons sur la N4 à Charneux (source: Lightningmaps).

Le temps de traverser Marche et de monter jusqu'au point de vue de Bonsin, et la cellule qui se déplace vers Durbuy s'était déjà affaiblie, ce qui met fin à cette première partie de la chasse.

En fin d'après-midi, les orages nous auront amenés près de Tenneville, mais le spectacle était loin d'être mirobolant. Ce n'est que dans le Condroz, au retour, que nous assistons à la naissance de la ligne d'orages du soir, dans un ciel fabuleusement chaotique où toutes les nuances d'orange était représentées! Couleurs chaudes du crépuscule au nord-ouest, le ciel qui devient violemment bleu-nuit au sud-est, et voilà les premiers éclairs qui déchirent l'obscurité.

 Crépuscule sur le Condroz, surplombé par un ciel bien instable et orageux (auteur: Info Meteo).

Nous remontons cependant vers Liège via Ouffet, et c'est en arrivant à Plainevaux que nous remarquons que la fréquence des éclairs a brutalement cru. Un orage intense à venir sur la Cité Ardente? Non, ce sera finalement une ligne d'orages stationnaire qui restera au sud de la ville, permettant aux festivités du 15 août de se dérouler sans incident lié à la météo.

mercredi 2 août 2017

Edito du 2 août 2017: Mais où sont passés les orages?

Le titre de cet article est volontairement un peu provocateur, mais reflète certaines interrogations et réflexions qui nous parviennent depuis plusieurs semaines, surtout de la part des amateurs d'orages. Le cru 2017 est-il moins fourni en orages actifs?

Je tiens cependant à redire ici ce que nous avons déjà dit à de nombreuses reprises: les amateurs d'orages ne cherchent en aucun cas les dégâts qui vont avec (ça va de soi). Il est donc normal que la grande majorité de nos lecteurs soient satisfaits du manque d'orages, surtout lorsque l'on a déjà expérimenté les conséquences néfastes qui en découlent. Même si certains dégâts sont accentués par l'aménagement du territoire et l'urbanisme - l'auteur de cet article travaillant dans le domaine, il est bien au fait de la chose - le but de ce billet n'est pas de faire un procès, mais de montrer que le manque d'orages de cette année n'est que relatif, et surtout variable à travers notre territoire.