lundi 16 juillet 2018

Qu'il pleuve! Le point sur la sécheresse au 16 juillet

46. C'est le nombre de millimètres de pluie tombés à Uccle depuis le 1er mai, alors qu'en temps normal, nous devrions être à 170-180. Autrement dit, rien. A un mai exceptionnellement sec a succédé un juin également exceptionnel, et juillet en prend aussi la direction. Avec comme conséquence une sécheresse qui s'amplifie, notamment sur l'ouest et le centre du pays.


Et pas forcément besoin des cartes de l'IRM pour comprendre qu'il fait sec. Quand, comme cela est arrivé à votre serviteur, vous trouvez que les champs roussis du Condroz namurois commencent à vous rappeler le Tarn, c'est qu'il y a un problème.

Le parc météorologique de Dourbes (Viroinval) dont l'herbe séchée attend désespérément une bonne rincée. Ce ne sont pas les cirrus, nombreux en ce jour, qui vont la lui apporter... (source: IRM).

Même chez vous, quand vous avez beau vider chaque soir cinq ou six arrosoirs dans votre potager et qu'il vous fait cette tête, c'est qu'il commence à faire franchement sec. Vous ajoutez 30°C comme aujourd'hui et un vent modéré, ça n'arrange en rien les choses.

(auteur: Le Chroniqueur météo).

Et ces arroseurs automatiques qui se déployent dans les champs de Hesbaye? Ils ne sont pas là pour faire joli. En bon indicateur de l'état des sols, les cultures trinquent... Quand elles ne partent tout simplement pas en fumée comme ce fut encore le cas cet après-midi au nord-ouest de Namur.

 Colonne de fumée provenant d'un champ en feu au nord-ouest de Namur, vue depuis Belgrade (auteur: M. Baillie).

Bien sûr, il y a eu pire. Le légendaire été 1976 semble encore assez loin, mais à force de jouer les Midis de la France, on s'en approche doucement...


Pourquoi donc ces semaines sans pluie, aux rares orages près? La carte ci-dessous apporte un élément de réponse. Retenons que les couleurs orange-rouge marquent des anticyclones d'altitude, bloqueurs de perturbations par excellence. On en repère un sur la Scandinavie qui s'en va, et notre bien-aimé anticyclone des Açores... aux Açores. De celui-ci - ou des masses anticycloniques sur le Magreb - émergera une nouvelle bulle de hautes pressions qui prendra la route de nos régions. Entre les deux, à peine une baisse de pression qui n'a même pas le temps d'apporter un peu de pluie digne de ce nom, à peine quelques ondées orageuses locales. 

 
Le schéma dure depuis un moment, et tout porte à croire qu'il va encore le faire pendant quelques temps. Le déficit pluviométrique se creuse, et les gros problèmes pointent à l'horizon. Si le beau temps est très agréable en été, comme partout, l'excès nuit en tout. Alors, au diable le soleil pour quelques jours, s'il pouvait laisser venir quelques grosses dépressions, histoire d'interrompre cette tendance au sec de chez sec. Par la grâce du ciel, qu'il pleuve.
 

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