lundi 3 décembre 2018

Souvenirs d'orages d'hiver

Récemment, nous étions quelques-uns à discuter en interne des orages en hiver. On l’a en effet dit et redit depuis quelques années, la foudre ne se manifeste pas seulement entre le milieu du printemps et le début de l’automne, même si juin et ses parages sont traditionnellement le “sommet” climatique de nos saisons orageuses. Au besoin, (re)voir notre article à ce sujet peut être intéressant: Les orages d’hiver/de neige, si ça existe!

Pour peu qu’on ait une forte dynamique en altitude - et c’est en hiver qu’elle est la plus intense - et un poil d’instabilité (de l’air frais près du sol et bien glacial en altitude), ce sont plusieurs parties du pays qui se surprennent à observer des éclairs durant les longues soirées d’hiver... ou se font surprendre par un puissant coup de foudre bien proche et tombé au milieu d’une belle averse de neige. Plus rarement, elles essuient de véritables coups de tabac, allant jusqu’à porter des dégâts dus au vent aux structures bâties, le tout agrémenté de quelques flashes espacés. 

Votre serviteur se rappelle particulièrement bien des quelques orages d’hiver qu’il a vécu. Ils donnent en effet une ambiance très particulière pour le quidam non-averti... ou pour l’amateur de météo!

Un soir de janvier 2003, le 28 plus précisément, pour commencer. Un beau flux de nord était alors sur le point de s’emparer du pays, et la neige était dès lors prévue... et souhaitée! A 11 ans, l’or blanc ça signifie bien plus s’amuser dans la rue que pester sur la route. Un puissant flash quelque part vers l'ouest signale l'arrivée d'un orage certes assez peu électrique mais aux éclairs brillants, presque éblouissants. Celui-ci transite sur la Haute Sambre, du nord au sud. La pluie bat la baie vitrée, rapidement suivie de grésil puis de neige fondante assez facilement observable malgré la nuit. Le tout ne dure qu’un quart d’heure, mais la neige sera bel et bien présente les jours suivants, avec notamment un plâtrage sympa le 30 janvier et le 1er février.

A la fin d’un hiver 2006-2007 complètement raté (très peu de froid et de neige), mars 2007 se rattrape et véhicule plusieurs bouffées d’air maritime polaire sur nos régions. C’est ainsi que l’après-midi du 21 mars, une traîne bien active de nord promène une ribambelle d’averses hivernales et fortes, amenant régulièrement une petite accumulation temporaire. En train de réviser, je garde un oeil (et même plus souvent les deux) sur une nième averse de neige bien intense qui blanchit rapidement la rue malgré la température (entre 1 et 2°C à ce moment). Et puis brutalement, un craquement sec venu de nul part, suivi d’un second quelques minutes plus tard et de quatre autres roulements étouffés. Un coup d’oeil jeté au radar renseigne de l’activité électrique dans l’averse qui nous concerne. Ambiance unique où le tonnerre claque au milieu de la nuée de gros flocons qui tombent sans bruit, ceux-ci amenuisant par ailleurs les grondements ainsi que le bruit de fond de la nationale pas loin. Pour l’anecdote, cet orage de neige donne pour les hauteurs de Montigny la plus grosse accumulation de tout l’hiver: 3,5 cm (c’est dire si ça a été pauvre). Mais déjà, le cumulonimbus dont l’enclume se devine à travers les nuages bas poursuit sa route vers le sud, laissant revenir quelques rayons de soleil, et immédiatement, le bruit des gouttes de neige fondante se fait entendre... La force de l’averse de neige a réussi à former une accumulation malgré les températures légèrement positives, et dès son arrêt, l’auto-entretien du froid est interrompu. 

Vient alors un soir de décembre 2007, au lendemain d’un coup de vent finalement moins fort que prévu. Une nouvelle fois, le soir est tombé, et dehors il fait franchement moche. Votre rédacteur est occupé à réviser pour ses examens quand, en l’espace de cinq minutes, plusieurs grands flashes lumineux se produisent, suivis de puissants roulements de tonnerre. Cette fois par contre, il ne sera question que de pluie.

Il faut attendre la toute fin de l’année 2011 pour que j'assiste à nouveau à une averse orageuse hivernale. Quelques jours plus tard, le 5 janvier 2012, la tempête Andrea déferle sur l’Europe, nous plaçant dans un flux de nord-ouest bien turbulent. En milieu de matinée, un orage déboule sur Montigny. Le passage de cette ligne de grains se fait très rapidement, avec un plafond nuageux bien bas qui défile à toute vitesse. Quelques grands éclairs internuageux rampent dans le ciel, et le spectacle se termine déjà.

Janvier 2015 est plutôt bien orageux, et comporte ce qui est sans doute le plus bel orage d’hiver que j’ai pu personnellement voir. Au soir du 13 janvier, une discussion avec nos partenaires de Belgorage aborde un possible risque orageux pour la moitié est de la Belgique la nuit suivante. Pourtant, pas mal d’incertitudes persistent. Je veille jusque minuit, et la ligne de grains attendue ne semble pas vouloir se former... Qu’à cela ne tienne, vers 2h45, un énorme flash suivi d’un impressionnant grondement de tonnerre tire votre serviteur de son sommeil. La pluie et le grésil fouettent le vitrage de la fenêtre du kot, et rapidement, un deuxième flash presque aveuglant illumine le ciel de Liège, suivi rapidement d’une nouvelle déflagration. Il s’en produira plusieurs pendant une dizaine de minutes, tandis que le grésil puis quelques flocons de neige continuent de tomber. Grand moment orageux pour ma part où je me fais surprendre “à l’ancienne”, réveillé en pleine nuit par l’orage comme cela arrivait souvent quand j’étais plus jeune, avant d’avoir accès à Internet.

Fin du mois, au terme d’une journée de boulot, je connaîtrai un nouvel orage en début de soirée, mais celui-ci est plus “soft” avec quelques éclairs espacés. Enfin surviendra un dernier orage de grésil associé à une ligne de grain dans l’après-midi du 27 février 2017, mais il fut somme toute assez contenu.

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